‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 71 sur 174 · DU MEMBRE PECTORAL · texte numérisé non relu

DU MEMBRE PECTORAL

deux saillies à facettes concaves tournant sur les bords saillants d’une poulie unique. Entre elles est la tête du radius : elle est petite et appuie sur la saillie externe et sur le canal moyen de cette poulie; car, comme elle est oblongue, elle ne peut y tourner. La partie inférieure du radius se porte au côté interne; ainsi le bras est toujours en pronation. La tète inférieure du cubitus est plus grande que celle du radius ; ce qui est unique parmi les mammifères.

Dans les animaux qui suivent, le cubitus n’est plus qu’un appendice immobile du radius, et sa cavité sigmoïde une continuation de la facette articulaire de la tête du radius, qui ne décrit sur une poulie unique qu’un mouvement de ginglyme.

Le cubitus est soudé au radius dans presque toute sa longueur, chez les ruminants. On ne l’en distingue que par un sillon qui laisse cependant une fente en haut et en bas dans la giruffe, les cerfs et quelques gazelles; en haut seulement, dans les vaches et moutons ; nulle part dans le chameau et le dromadaire.

On voit dans les solipèdes un sillon et une fente en haut.

Les pachydermes, les ruminants et les solipèdes ont la tête inférieure du radius compriméed’avant en arrière, et le dos de la main toujours tourné en avant.

On voit par cette série de conformations, quela rotation de la main devient d’autant plus difficile, que l’animal s’en sert moins pour la préhension, et qu’il emploie plus exclusivement son extrémité antérieure pour la station et la marche. En effet, ces derniers usages exigeaient une pronation constante et une fermeté qui était incompatible avec la possibilité cle la supination.

C’est par une raison semblable que les chauves-souris et les oiseaux sont privés de cette rotation. Si leur main et leur radius avaient pu tourner, la résistance de l’air aurait produit ce mouvement à chaque coup d’aile, en aurait rendu le plan vertical, et le vol eût été impossible.

Voyons maintenant quelques animaux dont la structure n’a pu entrer dans l’aperçu général que nous venons de présenter.

Dans la taupe, la position de l’humérus est telle, que sa tête inférieure est la plus élevée, en sorte que, quoique l’avant-bras soit dans un état moyen entre la pronation et la supination, le coude se trouve en l’air, le radius et le pouce en dessous, et la paume tournée en dehors. Chaque condylc a une apophyse en forme de crochet regardant vers l’épaule. L’olécrânc est très prolongé, terminé par une lame transverse. Le cubitus est comprimé en lame longitudinale. Un ligament très fort unit l’aponévrose palmaire et le poignet au condyle interne. Le bord de la tête du radius se prolongeant sous la petite tète de l’humérus, elle parait

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