‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 85 sur 174 · III. Muscles courts des doigts · texte numérisé non relu

III. Muscles courts des doigts

La main de l’homme a encore un grand nombre de muscles courts qui viennent des os du carpe ou du métacarpe, et qui se terminent aux doigts.

L’un est superficiel, placé sous la peau de la paume delà main, à laquelle il est attaché d’une part, et de l’autre, aux aponévroses palmaires. On le nomme la chair carrée, le palmaire cutané (palmocutien).

Des autres muscles, les uns appartiennent au pouce; tels sont :

Le court abducteur (carpo-sus-phalangien); il vient de l’os trapèze et s’insère au bord externe des deux phalanges du pouce.

Le court fléchisseur (carpo-phalangien); il naît de presque toute la face inférieure des os du carpe, et se termine à la première phalange.

L'opposant (carpo-métacarpien); il vient du ligament du carpe et de l'os trapèze, et s’insère à l’os du métacarpe qui soutient le pouce.

L'adducteur (métacarpo-phalangien) ; il s’étend du premier et du second os du métacarpe à la première phalange du pouce.

Le petit doigt a aussi deux petits muscles propres, qu’on nomme, l’un :

Le court fléchisseur ou opposant (carpo-métacarpien); il s’attache à l’os crochu, et s’insère à l’os du métacarpe du côté interne; il rend concave la paume de la main, et fléchit le petit doigt.

L’autre, 1 ’ abducteur (carpo-phalangien); il naît aussi sur l’os crochu, et s’attache au bord externe de la première phalange.

Enfin, il est de petits muscles de la main communs à tous les doigts ; ce sont :

Les lombricaux (palmo-phalangiens) ; ils sont au nombre de quatre; ils s’attachent sur les ten-

QUATRIEME LEÇON. — DU MEMBRE PECTORAL

dons du muscle fléchisseur profond, et s’insèrent aux côtés internes des premières phalanges des doigts, excepté le pouce. Ils sont auxiliaires du muscle fléchisseur profond.

Les inter-osseux inférieurs ou internes, et les supérieurs ou externes (métacarpo-sus-phalangiens) ijui occupent les intervalles compris entre les os métacarpiens, et qui s’insèrent aux deux côtés et au-dessus de la première phalange de chaque doigt.

Les chauves-souris n’ont qu’un seul extenseur, mais elles ont deux fléchisseurs des doigts.

L'extenseur des doigts est un petit muscle qui vient du condyle externe de l’humérus, sur le carpe, et produit un tendon extrêmement fin qui se porte sur la convexité de chacune des phalanges, et se termine à la dernière.

Le fléchisseur commun vient de la masse charnue du bord interne de l’avant-bras^ il produit un tendon grêle qui passe sous le carpe, où il se partage en cinq petites languettes qui vont s’unir au fléchisseur propre de chacun des doigts.

Enfin, les fléchisseurs propres, qui sont au nombre de quatre, prennent naissance sur le carpe, à la base des premières phalanges, où ils forment un petit corps charnu qui reçoit le tendon du fléchisseur commun, et il se continue avec lui jusqu’à l’extrémité du doigt, dont il fléchit les phalanges les unes sur les autres.

Le pouce paraît avoir aussi de petits muscles particuliers, dont les fibres courtes viennent de toute la face palmaire du carpe, et forment une petite pyramide dont le sommet se fixe à la base de la première phalange.

[ Les petits muscles courts des doigts que nous avons décrits dans l’homme, existent tous dans les singes et dans tous les mammifères qui portent cinq doigts à la main ; mais dans ceux qui ne peuvent plus saisir, l’opposant et l’adducteur du pouce sont réduits presque à rien ou même n’existent pas du tout.

Les courts fléchisseurs et les lombricaux se retrouvent partout, excepté dans le cheval et dans les ruminants .]

Dans les cétacés, les muscles des doigts ne sont que de simples bandelelLes aponévrotiques, propres à affermir les rudiments des os qui ne sont plus mobiles les uns sur les autres.

B. Dans les oiseaux.

Les doigts des oiseaux ne pouvant exécuter que l’adduction et l’abduction, les muscles précédents ont changé d’usage chez ces animaux ; et ces deux fonctions ont été réparties entre les muscles, sans rapport constant avec la face de l’avant-bras à laquelle ils adhèrent; en sorte que si l’on donnait à ['adduction le nom à' extension, et à l 'abduction

celui de flexion, comme on le pourrait, les fléchisseurs ne seraient pas tous à la face interne, ni les extenseurs tous à l’externe. Les fléchisseurs de l’homme seraient même devenus extenseurs.

1° Les adducteurs. ( Extenseurs de Vicq-d’Azyr.)

L'adducteur de la première phalange répond au fléchisseur sublime. Il est attaché au condyle interne ; son long tendon marche au-dessus du cubital interne, passe sur la face interne de l’os en chevron, le long du dos du métacarpe en s’unissant, du moins dans l 'aigle, au tendon du fléchisseur profond, et s’insère à la base de la première phalange du grand doigt.

L'adducteur interne de la deuxième phalange répond au fléchisseur profond. Il marche le long de la face interne du cubitus, parallèlement au précédent. Son tendon s’étant rapproché de celui-ci va plus loin, jusqu’à la base de la deuxième phalange; il n’y a pas de perforation.

L'adducteur du pouce répond au long fléchisseur du pouce ; il est placé entre le précédent et le cubitus. Son tendon va à la base du bord radial de l’os du pouce.

L 'adducteur externe de la deuxième phalange répond à ['extenseur propre de l’index; il est attaché au condyle externe, et situé le long de la face externe du radius. Son tendon s’éLend sur le dos du métacarpe, et va jusqu’à la base radiale de la deuxième phalange du grand doigt.

2° Les abducteurs. ( Fléchisseurs de Vicq-d’Azyr. )

L'abducteur commun, qui répond à l 'extenseur commun de l’homme. Il s’attache au condyle externe, marche en dehors du précédent le long de la face externe du radius. Son tendon, parvenu visà-vis le carpe, sè divise en deux : un pour la base cubitale de l’os du pouce, l’autre pour celle delà première phalange du grand doigt.

[ A ces muscles, il faut ajouter ; 1° le tenseur de la membrane antérieure du vol, déeritpar MM. Meckel et Lauth, formé de deux faisceaux musculaires, dont l’un se détache du grand pectoral et l’autre vient de la fourchette; le premier se termine par un long ligament jaune élastique qui soutient le bord libre de la membrane du vol et va se fixer à l’os radio-carpien ; le second se porte par un long tendon sur le muscle radial externe et sur le cubitus.

2° Trois courts abducteurs et un adducteur du pouce.

5" fin abducteur de l’index, et un du petit doigt , dont une portion va aux pennes.

4° Enfin, deux inter-osseux dont l’un est adducteur du petit doigt et l’autre abducteur du médian.]

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