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ARTICLE DIXIÈME. — DE L’EXTRÉMITÉ ANTÉRIEURE DES POISSONS. 1G

petit nombre : cette main étant, comme nous l’avons dit, aplatie en forme de nageoire ou de rame, n’avait plus besoin d’extenseurs ni de fléchisseurs des doigts; aussi l’analogue de l’extenseur commun se perd dans l’aponévrose générale; le fléchisseur est un peu plus distinct, mais on trouve des inter-osseux et des abducteurs et adducteurs du pouce et du cinquième doigt, qui servent à élargir ou à rétrécir cette rame.

Malgré le raccourcissement extrême de la main des tortues terrestres, on trouve l’extenseur commun, l’extenseur et le long abducteur du pouce, les fléchisseurs sublime et profond, l’adducteur du pouce et les abducteurs du petit doigt, ainsi que les inter-osseux.

Dans le crocodile, l’extenseur commun donne un tendon à chacun des trois doigts médians; l’extenseur de l’index est aussi celui du pouce; et il y a en outre de courts extenseurs qui naissent du carpe, et un long abducteur du pouce : le petit doigt n’a qu’un court extenseur. Le fléchisseur sublime ne fournit qu’un tendon qui se réunit à celui du fléchisseur profond: le véritable fléchisseur sublime, ou du moins celui qui en tient lieu, naît du pisiforme et se partage en quatre languettes pour le pouce, l’index, le médius et l’annulaire, perforées pour les deux derniers seulement. Le tendon du fléchisseur profond du médius et de l’annulaire, lesquels ont quatre phalanges, se divise pour donner une attache à la troisième. La première phalange de ces mêmes deux doigts reçoit un faisceau musculaire qui naît sous le tendon du fléchisseur profond. 11 y a un abducteur du petit doigt qui vient de la tubérosité interne du radius. Cette même tubérosité donne insertion à un adducteur du pouce.

Dans les sauriens, on trouve à peu prèslcsmêmes muscles, mais avec des dispositions un peu différentes. Dans le basilic à crête, par exemple, le long extenseur n’a également que trois tendons pour les premières phalanges des trois doigts médians. Les courts extenseurs venant du carpe se portent sur les autres phalanges. Les fléchisseurs sublimes se partagent en cinq faisceaux, un pour chaque doigt; chacun des faisceaux qui vont aux trois doigts médians, se partage en trois portions; les deux extrêmes, aprèss’être réunis de nouveau, donnent un tendon qui se fixe à l’antépénultième phalange; celle du milieu est percée pour le passage du fléchisseur profond et s’insère à la pénultième phalange. La première phalange de chaque doigt reçoit un petit faisceau musculaire qui naît sous chaque division du fléchisseur commun.

Dans une grande grenouille d’Amérique, l’extenseur commun ne va qu’à la première phalange des trois derniers doigts. Les courts extenseurs fournissent pour chaque doigt deux tendons qui s’insèrent un peu sur les côtés des phalanges; do

sorte qu’ils servent en même temps d’adducteurs et d’abducteurs. Il y a un longabductcur du pouce très fort. Il n’y a point de fléchisseur sublime; le profond ne donne de tendons qu’aux trois doigts externes : de chacun de ces tendons naît sous la paume de la main deux forts faisceaux musculaires, l’un antérieur et l’autre postérieur. Le premier donne un tendon à la pénultième phalange, et le second s’insère par des fibres charnues à l’antépénultième. Le pouce et l’index étant réunis ont de courts extenseurs et adducteurs très forts, qui naissent des os du carpe.

Je vois dans une rainette trois courts extenseurs pour chaque doigt, un sur le dos de la première phalange, les deux autres un peu sur les côtés des autres phalanges. Le long abducteur du pouce est énorme, quoique ce pouce soit lui-même à peine visible.

Dans les salamandres, on trouve à peu près la même disposition des muscles des doigts. ]

ARTICLE X

DE l’extrémité ANTÉRIEURE DES POISSONS.

1° Des os.

L’extrémité antérieure des poissons est leur nageoire pectorale. Elle est composée, comme toutes leurs nageoires, d’un grand nombre de rayons ou de filaments osseux, formés chacun d’une multitude d’articulations, et soutenant une membrane commune. Il y a quelquefois un ou deux de ces rayons qui sont d’une seule pièce osseuse. On les nomme épineux.

Dans la plupart des poissons, cette nageoire se meut dans un plan horizontal qui est à peu près perpendiculaire à son propre plan; c’est-à-dire que dans l’état du repos, elle est collée contre le côté du corps, et qu’elle peut s’en écarter plus ou moins jusqu’à faire avec lui un angle droit ou plus que droit.

Mais dans quelques-uns, comme les raies, les squales, etc., les deux nageoires sont dans un même plan horizontal, et lorsqu’elles se meuvent, elles frappent de haut en bas, ou de bas en haut, suivant une direction verticale.

La nageoire pectorale ne manque qu’à un petit nombre de poissons, comme les murènes, les aplérichtes, etc.

Dans ceux qui l’ont, elle est généralement articulée et attachée fixement avec la tête dans les poissons osseux, ou avec l’épine dans les raies, etc.

[Dans les poissons osseux, les nageoires pectorales sont attachées à une ceinture osseuse qui entoure le corps derrière les branchies, limite leur

QUATRIÈME LEÇON. — DU MEMBRE PECTORAL

orifice en arrière et forme une espèce de chambranle sur lequel vient battre l’opercule quand il se ferme.

Cette ceinture, lorsqu’elle est complète, se compose de trois os de chaque côté, réunis par suture écailleuse, ou plutôt par imbrication, articules à l’angle postérieur supérieur du crâne, et descendant sous la gorge pour s’unir le plus souvent, au moyen d’un ligament et quelquefois par une suture, avec ceux du côté opposé. Ces os peuvent être regardés comme ceux de l'épaule. En arrière et en bas, il leur en adhère deux ou trois autres tenant lieu de bras et d’avant-bras et portant la nageoire pectorale, laquelle représente la main.

L’os qui forme la partie supérieure de la ceinture est ordinairement fourchu; il s’appuie par scs deux apophyses sur les crêtes de l’occipital externe et du mastoïdien. Cet os a quelquefois une troisième apophyse qui s’appuie sur les parois du crâne dans l’intervalle des deux crêtes. Le deuxième os est toujours simple; il manque quelquefois ou se soude avec le précédent. Le troisième est celui qui porte la nageoire; il est toujours plus grand et s’unit avec son semblable sous la gorge; il a souvent une lame interne qui porte le premier os du bras et qui forme, avec la lame externe, un sillon dans lequel vient aboutir le faisceau inférieur du grand muscle latéral du corps.

Si nous considérons que dans tous les ovipares les os coracoïdiens viennenl se toucher, en tout ou en partie, sur la ligne moyenne inférieure, ou ne sont séparés quelquefois que par une très mince lame cartilagineuse, nous regarderons cette troisième pièce comme l’analogue du coracoïdien, la seconde comme V omoplate , et la première comme le sur-scapulaire.

La lame interne du coracoïdien donne attache ou au moins appui aux deux extrémités d’un os impair, qui porte immédiatement ou médiatementtous les autres os de la nageoire, et que nous croyons être l’analogue de l'humérus , dont il conserve la forme générale dans quelques genres, et notamment dans les salmo.

A la moitié externe de l’extrémité supérieure de cet humérus (car ici comme dans quelques mammifères et presque tous les sauriens, la tête de cet os est dirigée en bas et les tubérosités en haut) correspond un os, le plus souvent en forme d’éventail, qui s’appuie également contre le coracoïdien et qui est échancré profondément ou percé d’un trou. Ce dernier porte un, deux ou trois os du carpe, et en outre sur une tête articulaire plys ou moins arrondie, située plus en dehors, le rayon antérieur ou supérieur de la nageoire; celui que l’on peut regarder comme le doigt interne ou le pouce; c’est cet os que nous appellerons radius.

Dans les salmo, les dupées, les cyprins et les silures, on trouve un troisième os articulé en ar-

rière sur le condylc interne de l’humérus, sur une saillie du radius, et sur le coracoïdien; cet os, qui sert d’arc-boutant aux deux premiers, est pour nous le cubitus.

Les os du carpe, ou mieux du métacarpe (car l’exemple des oiseaux nods montre que le carpe et le tarse disparaissent avant le métacarpe et le métatarse) le plus ordinairement alongés, excepté le premier, sont au nombre de quatre; mais nous venons de dire que le radius n’en porte quelquefois que deux, ou même qu’un seul; les autres s’articulent directement avec l’humérus, comme nous avons vu que fuit le pisiforme dans la chrysochi„/e.

Cette rangée de quatre os du métacarpe porte, avec le radius, les rayons qui constituent la nageoire.

Ces rayons, analogues aux doigts des autres vertébrés, mais bien plus nombreux, sont divisés en un nombre considérable d’articulations ou de phalanges. Us se divisent aussi longitudinalement chacun en deux moitiés, l’une antérieure et l’autre postérieure; àleurbase se trouve un talon recourbé, garni d’apophyses pour l’attache des muscles.

Le cubitus n’existe pas toujours; il manque au plus grand nombre des poissons.

L’humérus descend quelquefois jusqu’à la ligne médiane et prend, aussi bien que le coracoïdien, comme dans le chrysostose lune, dans la castagnolc et les chétodons , des dimensions extraordinaires. Ces os constituent dans ces animaux une carène protectrice des viscères, nécessitée par la grande élévation de leur corps.

Dans les anguilles, où l’épaule est très petite, il n’y a d’osseux que le coracoïde, plongé dans les chairs et libre de toute adhérence avec le crâne ou avec les vertèbres; les autres os sont presque cartilagineux, mais existent cependant.

Les os du métacarpe, au lieu d’être alongés, sont quelquefois très aplatis et pleins (les triglcs); d’autres, aplatis et rétrécis dans leur milieu, de manière à laisser un trou rond ou oblong entre eux ( les synancées ); d’autres enfin formés de deux triangles réunis par leur sommet (les clinus).

Quelquefois, au contraire, les os du métacarpe sont tellement alongés, qu’ils ont été pris pour les os du bras. Ou voit des exemples de cette structure dans les baudroies, où il n’y a que deux os; dans les batraciens , où il y en a cinq, et dans les polyptères, où il y en a trois. L’humérus et le radius sont très peu développés dans les deux premiers genres.]

Lorsque le premier rayon de la nageoire pectorale est épineux, comme dans la loricairc, quelques silures, etc., il s’arlicule immédialementavec le coracoïdien.

Cette articulation est remarquable dans quelques silures et quelques épinoclies, qui peuvent à

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