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ICO CINQUIÈME LEÇON. — DE L'EXTRÉMITÉ

B. Dans les mammifères.

Nous avons vu que dans les mammifères, en général, le sacrum se continue presque dans la même ligne que l'épine. On peut encore remarquer que si on les plaçait de manière que leur épine fût verticale, les plans des deux moitiés antérieures du bassin regarderaient en avant et en dehors, cl non en bas comme dans l’homme. Ils regarderaient même en haut dans les animaux à sabot, c’est-à-dire que ces plans étant prolongés, rencontreraient la prolongation de l’épine, au-dessus dans les animaux à sabot, et qu’ils lui demeureraient parallèles dans la plupart des animaux digités. Cette remarque est importante à cause de la position du fémur.

Dans les mammifères, l’échancrure de la cavité cotyloïde répond comme dans l’homme au trou sous-pubien ; mais la différence de position du plan de ce trou fait qu’il faut que l’os de la cuisse soit perpendiculaire à l’épine, ou fasse avec elle un angle aigu en avant, afin que son axe réponde à cette échancrure. C’est en effet là la position du fémur lorsque ces animaux sont tranquilles sur leurs quatre pattes. L’angle que fait le fémur avec la colonne vertébrale dans les carnivores est presque droit; il est aigu dans les animaux à sabot. La direction de cette cavité dans les mammifères est aussi conforme à cette position du fémur; elle est telle que lorsque l’épine est horizontale, elle regarde encflehors et en bas : cependant, dans les animaux qui nagent beaucoup, comme la loutre et le castor, elle regarde directement de côté, et même un peu vers le haut.

[Une autre remarque, c’est que la crête qui forme le détroit antérieur du bassin est plus saillante; que le grand bassin diminue au point d’être souvent presque réduit à rien, et quelquefois, comme dans les tatous et les fourmiliers, où les ischions sont plus distants que les iléons, c’est le petit bassin qui a le plus grand diamètre.]

Les os iléons des singes sont plus étroits que ceux de l’homme, plats, regardant en avant -.leur cou est plus alongc : il en résulte que le plan est presque en ligne droite avec l’épine, et que son diamètre d’avant en arrière est plus long que le transverse. Le bassin fournit par-là au tronc une base beaucoup moindre, car celle base doit être estimée d’après une coupe perpendiculaire du tronc ou du cylindre auquel elle appartient.

Les orangs et les gibbons ontlcs-iléons beaucoup plus larges que les autres singes; mais leur direction est la même.

Les espèces qui ont des callosités aux fesses, ont les tubérosités ischiales très grosses.

[ Les sajous ont déjà les iléons très rétrécis. Biais les bassins les plus singuliers de la famille des quadrumanes, sont ceux des loris ; les iléons

POSTÉRIEURE OU MEMBRE ABDOMINAL

de ces animaux sont longs et presque cylindriques, les ischions, au contraire, extrêmement courts : les pubis très longs n’éprouvent aucune courbure et forment par leur réunion un angle aigu, de telle sorte que le détroit est triangulaire. Le trou ovalaire est très grand. ]

On observe, parmi les insectivores, deux anomalies remarquables : l’une dans la taupe, dont les os coxaux sont presque cylindriques et si serrés contre l’épine dans toute leur longueur, que le détroit antérieur est d’une petitesse extraordinaire et ne peut servir au passage des viscères du bas-ven- Ire. La portion ischiale de cet os est aussi très prolongée en arrière; l’autre dans les chauves-souris qui ont souvent les deux tubérosités de l’ischion soudées ensemble et avec l’extrémité du sacrum.

[On trouve encore dans les chauves-souris, cette autre particularité, que l’éminence iléo-pectinée est une forte épine qui se prolonge dans certaines espèces (le fer <le lance) considérablement en avant. C’est à la pointe de celte apophyse que s’attache le tendon du petit psoas.

Dans un squelette de roussette d’Edtoards que possède le cabinet, on remarque que le pubis et les ischions, au lieu de se rapprocher et de se réunir sur la ligne médiane, descendent verticalement, en sorte que le détroit n’est point fermé inférieurement. Le bassin des galéopithèques est fort semblable à celui des loris. La taupe, les musaraignes et. mieux encore la clirijsochlore offrent la même particularité, relativement à la nonfermeture du bassin. Dans ce dernier animal, les extrémités des os des îles sont très rapprochées, tandis que celles des ischions sont très écartées; les pubis se dirigent tout à fait en arrière et parallèlement aux ischions, comme dans les oiseaux. ]

Dans les carnivores, les os des îles ne regardent pas en avant par leur face abdominale, mais celleci estdirigée du côté de l’épine. Leur portion supérieure n’est guère plus large que leur col. C’est leur face externe qui est concave. Leur crête a si peu d’élendué que leur figure est presque celle d’un fer de hache.

Dans l’ours et surtout dans Yhyène, elle est plus élargie, et l’épine se détourne en dehors, mais la Dosiliou totale reste la même. La branche de l’ischion qui va en arrière, se continue avec le col de l’iléon en une ligne droite, qui fait avec l’épine un angle d’environ trente degrés. Comme le diamètre d’avant en arrière du détroit antérieur est moins long que dans les singes, scs proportions particulières se rapprochent de celles de l’homme; mais la base qu’il fournit au tronc n’eu est que plus petite.

Le bassin des phoques ne diffère de celui des carnassiers et surtout des loutres, que parce qu’il est étroit et fort alongé, que les pubis, ainsi que ceux des loutres, se portent beaucoup en arricic,

ARTICLE PREMIER. — DES OS DU BASSIN

et que la symphyse n’est plus une ligne, mais un point.

Dans les pédimanes, ou animaux à bourse, comme le sarigue , la mannose, le kanguroo, etc., le bassin est aussi très remarquable, non-seulement en ce que les trous ovalaires sont très grands et le détroit d’un petit diamètre; mais surtout parla présence d’un os articulé cl mobile sur le pubis. Cet os donne attache à des muscles particuliers qui soutiennent une bourse dans laquelle sont les mamelles : nous les ferons connaître à l’article de la génération. On a nommé ces os marsupiaux; ils sont de forme alongée, un peu aplatie.

[Dans les kanguroos on retrouve l’apophyse iléo-pectinée que nous avons remarquée chez les chauves-souris : la symphyse du pubis est très lonfïue-

Dans les phascolomcs, la tubérosité ischialique se soude avec les dernières vertèbres sacrées.

On a observé que dans quelques carnassiers la cavité cotyloïde a, dans le jeune âge, un petit os qui se forme au point de jonction des trois os du bassin. Les naturalistes qui pensent que le nombre des os est toujours le même, ont cherché à établir que cet os était l’analogue du marsupial, quoique les connexions fussent tout a fait ici en défaut. Poursuivant plus loin leur idée, ces mêmes naturalistes ont dit que les os marsupiaux euxmêmes n’étaient que les analogues de l’os de la verge de quelques carnassiers, parce qu’il n’y en a point dans celle de l’animal chez lequel on avait trouvé d’abord ce petit os cotyloïdien : ils annonçaient par conséquent que les animaux qui ont un os de la verge, n’ont point d’os marsupiaux, ni d’os cotyloïdiens, et réciproquement. Malheureusement pour la théorie, cet os s’est trouvé dans les carnassiers qui en portent un à leur verge, et dans les marsupiaux eux-mêmes. Ainsi tombent toutes les conséquences que l’on a voulu tirer de ce fait. ]

Dans les rongeurs, la forme générale et la position du bassin est à peu près la même que dans les carnassiers; les os des îles regardent plus ou moins en avant, ou plutôt en dessous, selon les espèces ; la ligne saillante de leur face abdominale se continue parallèlement à l’épine, jusqu’à leur crête, qui est très étroite. Cette saillie donne quelquefois à ces os une forme prismatique, dont leur tranchant véritable ne serait qu’une arcle. Leur épine se recourbe en dehors.

C’est aussi là la forme des iléons dans les talons, les pangolins et les fourmiliers , tandis que les paresseux les ont très larges, regardant en avant, avec un pubis circulaire très grand, ce qui leur donne un détroit fort large et peu oblique. Ces quatre genres ayant la tubérosité de l’ischion rapprochée, ou même soudée au sacrum, il n’y a qu’un trou au lieu d’une échancrure ischiatiquc.

[ Voryctérope a l’apophyse du psoas, et de plus

une épine ischiatiquc; l’aile de l’iléon est plus grande que dans les carnassiers et les rongeurs, mais ces deux faces internes regardent l’épine vertébrale.

Un des bassins les plus remarquables parmi les rongeurs est celui du chinchilla, à cause de sa longueur, de la délicatesse de tous ses os et de l’énorme grandeur du trou ovalaire.

Le bassin des ornithorinques se fait remarquer par plusieurs caractères : la tubérosité ischialique est plutôt une apophyse qu’une Lubérosilé. Le pubis porte un très grand os marsupial et présente en outre, comme celui des sauriens, un angle interne et un externe. La cavité cotyloïde de l’écliidné, non plus que celle des ovipares, n’a point d’échancrures pour le passage des vaisseaux, mais son fond est largement ouvert, anime dans les oiseaux. Ainsi ce mélange desfurmesdes vivipares et des ovipares se retrouve dans le bassin des monotrèmes, comme dans leur épaule. ] .

Le bassin du cochon ne diffère guère de celui des carnassiers que parce que ses ischions se prolongent davantage en arrière, et.que l’échancrure ischialique entame davantage l’os des îles.

Dans le tapir, et surtout dans les ruminants , l’échancrure s’élargissant encore davantage, le col de l’iléon s’alongeant et son épine se prolongeant en dehors, cet os prend la figure d’un T ou d’un marteau, articulé par une branche au sacrum, et dont le col ferait le manche. La face abdominale regarde obliquement du côté de l’épine du dos. Son col forme avec l’ischion un angle très ouvert. On voit saillir son épine au-dessous de la peau, ainsi que la lubérosilé de l’ischion. La ligue qui passe par ces deux points, forme avec l’épine uii angle très prononcé. La cavité cotyloïde est à peu près au milieu de cette ligue.

La figure de cet os est à peu près la même dans le cheval, mais il a les ailes très larges et le col plus court que dans les tapirs. La cavité cotyloïde répond à peu près au tiers postérieur de la ligne ci-dessus indiquée.

L'éléphant et le rhinocéros ont la pnrlieantérieure très large entoutsens; la crête en est arrondie, la face abdominale concave. L’aile qui est du côté du sacrum est plus grande que l’autre dans Y éléphant; elles sontà peu près égales dans le rhinocéros, et le col y est proportionnellement plus long. Ces énormes bassins donnent au ventre de ces deux animaux leur monstrueuse capacité. Le plan du détroit antérieur est presque perpendiculaire à l’épine.

Dans les ruminants fortement râblés, comme le bœuf, la partie antérieure est très large. Le buffle l’a même plus large que l’os n’est long, et presque perpendiculaire au col. Dans les espèces moindres, elle devient de plus en plus étroite, et oblique en dehors et en avant. Les chameaux, les giraffes et

les lamas l’ont arrondie. C’est la face externe de l’os qui est concave dans ces animaux. Le détroit antérieur l'orme, avec l’épine du dos, un grand angle; ce qui donne bien plus d’ampleur au vcnlrc.

[ Dans les cerfs , chèvres , moulons, antilopes, on trouve au-dessus de la cavilé cotyloïdc un enfoncement qui sert à l’insertion du muscle droit antérieur de la cuisse. Dans les chevrolains , l’ischion, parl’intermédiaire d’un ligament ossifié, se soude au sacrum, et l’aponévrose générale des muscles fessiers s’ossifie et présente un vaste bouclier osseux qui s'étend de l’épine de l’iléon jusqu’à la tubérosité ischiatique.

Parmi les cétacés, les dauphins n’ont pour bassin que deux petits os oblongs suspendus dans les chairs aux deux côtés de l’anus; dans certaines baleines, à ces deux os placés verticalement qu’on peut regarder comme des iléons, s’en articule un troisième en forme de croissant, dont la convexité est externe, qui est un pubis ou un ischion, car il n’est pas à croire, comme quelques auteurs le pensent, que ces vestiges soient des jambes. L’exemple de quelques serpents nous montre que les membres disparaissent avant l’épaule et le bassin. Le lamantin et le dugong ont probablement des os plus caractérisés et s’écartant moins que ceux des dauphins et des baleines, de la forme du bassin des autres mammifères. ]

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