‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 89 sur 174 · C. Dans les oiseaux · texte numérisé non relu

C. Dans les oiseaux

Les os du bassin ne font avec les vertèbres des lombes et le sacrum qu’un seul os dans les oiseaux, mais dans le jeune âge l’os coxal est composé de trois parties comme dans les mammifères. Malgré le changement de forme et de direction de chacune de ces parties, on reconnaît cependant, en général, le trou ovalaire. Comme la portion ischiale est presque toujours soudée par son extrémité au prolongement postérieur de l’iléon, qui se porte souvent en arrière aussi loin que l’ischion, l’échancrure ischiatique devient un trou. Le pubis, au lieu d’aler rejoindre son correspondant, se porte directement en arrière sous la forme d’un stylet, et les ischions s’écartent au lieu de se rapprocher.

[On a voulu dans ces derniers temps comparer ces os pubis aux os marsupiaux de certains mammifères; mais leur position au-devant des ischions, et leur concours pour former avec eux et les iléons les cavités colyloïdes ne permettent point d’adopter cette proposition.

Le fond de la caviLé cotyloïdc est, comme dans les échidnés, largement ouvert; aussi celte cavilé n’offre point d’échancrure.

Le bassin des oiseaux est une des parties de leur squelette qui varie le plus dans ses proportions; tantôt large, tantôt étroit, tantôt long, tantôt court, il annonce en général le genre de

marche ou de station de l’oiseau. Nous allons donc suivre l’ordre des familles, et examiner les différences qu’elles nous présentent à cet égard.

Dans les oiseaux de proie, le trou ovalaire est petit, et le pubis très grêle, alongé, souvent accolé tout le long de la portion ischiale.

La partie postérieure libre de ce pubis se recourbe vers son semblable auquel il est uni par un ligament. Les cavités colyloïdes sont éloignées l’une de l’autre, de telle sorte que la largeur du bassin a plus de moitié de sa longueur.

Dans les passereaux, le trou ovalaire s’alonge, beaucoup et devient même plus grand que l’ischiatique. Il y a fort souvent deux trous ovalaires, l’un antérieur plus petit, par lequel passe le tendon de l’abducteur interne, l’autre plus alongé, ordinairement fermé par une membrane aponévrotique. Du reste, le bassin est, dans plusieurs genres, encore plus large que dans les oiseaux de proie. Il est même aussi large que long dans les colibris et les martins-pêcheurs.

Parmi les grimpeurs, il faut remarquer les coucous, Yani et le touraco , qui ont le bassin presque aussi large que long, et dont la portion de l’iléon qui longe le trou ischiatique se prolonge sur les côtés et forme même une apophyse plus ou moins aiguë. Dans le touraco, cette même portion de l’iléon se termine en arrière par une forte pointe. Une autre apophyse se trouve également en avant de la cavité cotyloïdc au point de jonction de l’iléon avec le pubis. On peut la regarder comme l’analogue de l’apophyse iléo-pectinée.

Cette même apophyse se remarque dans plusieurs gallinacés, et souvent il existe à sa base une fosse particulière; elle est très prolongée dans les francolins et dans les lophophores , chez lesquels on retrouve les mêmes apophyses que dans le louraco; mais elle est très petite dans les hoccos et presque nulle dans lescogs debruyère. Du reste, le bassin est d’autant plus large dans cette famille d’oiseaux qu’ils volent moins.

Les pigeons et les gangas, quoique volant très bien, ont cependant le bassin presque aussi large que long ; mais on sait que ces oiseaux ne marchent pas moins bien qu’ils ne volent. Chez tous les gallinacés et les pigeons, il n’y a, comme dans les oiseaux de proie, qu’un petit trou ovalaire.

Les autruches et les casoars, destinés uniquement à la marche, ont cependant le bassin étroit, mais sa longueur compense ici sa largeur; et d’ailleurs ces oiseaux se couchent comme les palmipèdes. Dans les premières, la partie postérieure de l’iléon est double en longueur de la partie antérieure; elle ne s’unit pas à l’ischion, en sorte qu’il n’y a plus qu’une échancrure ischiatique. Le bas du pubis s’élargit beaucoup, se recourbe, s’unit à son correspondant et forme une symphyse: il y a en outre deux trous ovalaires.

ARTICLE PREMIER. — DES OS DU BASSIN

ICO

Dans le nandou ou l' autruche d’ ' Amérique } l’iléon se prolonge moins en arrière que l’ischion, et il soucie avec ce dernier os ; mais les pubis ne s’unissent point entre eux; clans le casoar, ces derniers os ne s’unissent point aux ischions, de sorte qu’il n’y a point de trou, mais une échancrure ovalaire, rétrécie cependant par une saillie de l’ischion à l’endroit où chez les autres oiseaux il y a partage en deux trous.

Dans les échassiers, le bassin est généralement large, la partie supérieure et postérieure de l’iléon, est aplatie et se termine latéralement par une apophyse souvent assez prolongée.

Généralement parlant, le bassin des palmipèdes est étroit, mais celui des plongeons est le plus étroit de tous, à cause du grand prolongement, de sa partie postérieure qui est plus de deux lois plus longue que sa partie antérieure. Les pubis sont très grêles; ils se rejoignent en s’élargissant beaucoup, mais ils ne sont complètement soudés ni entre eux, ni avec les ischions qu’ils touchent. C’est ce qu’on remarque, en général, clans tous les oiseaux d’eau. Après les colymbus , ce sont les fous de hassan et les cygnes qui ont le bassin le ! plusalongé. Les goélands , les mouettes, \es pailleen-queue, se rapprochent à cet égard des échassiers.]

D. Dans les reptiles.

• Dans les tortues de mer, c’est la partie de l’os coxal qui correspond au pubis, qui est la plus considérable. Elle vient de la cavité cotyloïde, par une portion épaisse qui se porte en avant et s’élargit en une lame plate et mince divisée en deux parties; l’une qui se porte vers la ligne moyenne, par laquelle les deux os correspondants se joignent; l’autre est libre et se dirige du côté externe. La portion qui est analogue à l’iléon est 1 courte, étroite et épaisse; elle appuie sur le test, et se jointau sacrum; enfin la partie qui correspond à l’ischion se porte en arrière et en bas, et lorme le véritable cercle osseux du bassin. Comme cet ischion ne se réunit point en avant au pubis et que cependant les pubis se rejoignent entre eux, il s’ensuit que les deux trous ovalaires n’en forment plus qu’un seul.

Cette conformation est si singulière, que le bassin de ces tortues, vu hors de sa situation naturelle, pourrait très aisément être confondu clans ses parties; car les pubis ressemblent aux iléons, les ischions aux pubis, et les iléons aux ischions.

Il y a de plus une particularité très remarquable dans le bassin des tortues; c’est que l’iléon, et par conséquent la masse entière du bassin auquel cet os est soucié, est mobile sur la colonne vertébrale.

[ Dans les tortues terrestres, c’est la meme clispositmn générale, seulement les pubis sont moins

prolongés en avant, et leur angle externe est très saillant et sous forme de longue apophyse. La tubérosité des ischions est plus forte, et comme ces os se réunissent avec les pubis, il y a deux trous ovalaires. L’extrémité de l’ischion qui s’articule avec les vertèbres est un peu plus large que dans les tortues de mer. ]

Dans la matamata et la testudo scabra, les iléons au lieu d’être mobiles, sont fortement articulés avec la dernière paire de côtes; les pubis le sont également par leur angle externe, et les ischions par leurs tubérosités, avec la dernière paire de pièces du sternum.

Dans les trionyx on retrouve la même disposition que clans les tortues de mer; mais les émydes se rapprochent davantage des tortues terrestres; dans quelques-unes de celles-ci, Vémys contrôla, par exemple, les iléons sont plus larges à leur extrémité vertébrale.

Dans les crocodiles, l’iléon est plus évasé, mais il n’y a presque point de partie antérieure, tout son développement se portant en arrière de la cavité cotyloïde; celle-ci est très large, formée seulement par l’iléon et l’ischion, et percée non à son fond, mais à sa partie antérieure. Les deux os qui la forment ayant chacun à cet endroit une échancrure, donnent un trou par leur réunion. Le pubis, articulé avec le bord antérieur et externe de l’ischion, prolonge en avant, comme dans les tortues de mer, une lame plate qui donne appui par son angle externe à la dernière paire des côtes ventrales. La symphyse est formée par les seuls ischions.

Dans les sauriens ce n’est plus la même disposition. Les trois os contribuent à former la cavité cotyloïde. Le pubis a, comme dans les tortues, un angle externe et un autre interne par lequel il touche à son semblable. Son col, percé d’un trou moins évasé que dans les crocodiles, a toujours au-dessus de la cavité cotyloïde une apophyse saillante. Les ischions très larges forment une longue symphyse qui se réunit au moins par un ligament à l’angle interne du pubis, de sorte qu’il y a deux trous ovalaires. Le caméléon seul s’éloigne un peu de cette structure générale des sauriens :

1 iléon est plus plat surtout à sa partie supérieure] et il ne présente pas l’apophyse dont nous venons de parler; les pubis presque cylindriques n’ont point d’angle exLerne.

Dans les orvets et les sheltopusicks il y a pour tout bassin, un petit iléon suspendu aux vertèbres. ]

Dans la grenouille, le pipa et le crapaud, les iléons sont très alongés postérieurement et tout à luit parallèles à l’épine; les pubis et les ischions sont courts et soudés en une seule pièce solide, dont la symphyse forme une crête plus ou moins arrondie, sans trou ovalaire.

170 CINQUIÈME LEÇON. — I)E L’EXTRÉMITÉ l'OSTÉRIEURE OU MEMBRE ABDOMINAL.

[ Les ailes des os des islcs du pipa sont applalies horizontalement, et sont attachées sous les larges apophyses transverses cle l’os sacrum. ]

Dans la salamandre et dans l ’axoloti les iléons sont étroits et presque cylindriques, elles pubis soudés entièrement aux ischions ne forment qu’une plaque osseuse sans aucun trou.

[ Dans le menopoma, Vamphiuma, la sirène et 1 e protéo, l’iléon et l’ischion seuls sont osseux : le pubis reste cartilagineux, ou du moins ne devient osseux que très tard, car dans nos squelettes, qui sont adultes ou près de l’être, cet os n’est point ossifié. ]

ARTICLE II

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