C. et D. Dans les Parasites et les Suceurs
[ïl n'y a rien de particulier. Les trachées sont tubuleuses. Déjà Sivammerdam (o) a fait connaître celle du pou humain et ses stigmates, au nombre de sept, formant autant de boutons ronds et saillants sur les côtés du corps. Le premier appartient au thorax et les six
(1) Annales des sciences naturelles, deuxième série, t. 5, p. 374.
(2) Nouvelles Annales du Muséum d'Histoire naturelle, t. i, p. 164.
(3) Biblia naturœ, pi, i, fîg îvet vin.
autres à l'abdomen. De chaque stigmate part un court tube d'origine, qui aboutit à un tronc longitudinal correspondant, dont les branches et ies rameaux se répandent par tout le corps. ]
E. Dans l'ordre des Coléoptères.
[ Les coléoptères subissent de complètes métamorphoses. Ces changements de forme extérieurs et intérieurs peuvent se manifester, d'une manière remarquable, dans les organes de la respiration.
Nous aurons clone à examiner les différences qui existent dans les instruments de cette fonction, aux différentes époques de la vie de ces insectes. ]
1. Des organes internes de la respiration. a. Dans l'Insecte parfait.
[Les trachées de la plupart des coléoptères sont tubulaires. C'est ainsi qu'on les trouve, sans exception, chez les Coléoptères hétér orner es , létramères et trimer es ; et, parmi les pentamères, chez les carnassiers terrestres, les brackélytres et les clavicornes.
Yoici maintenant les exceptions : parmi les Pentamères et dans la famille des Carnassiers, les dytisques, insectes aquatiques, ont, dans le thorax, deux vésicules en communication avec le reste du système trachéen, qui est tubulaire partout ailleurs.
Parmi les Palpicornes, de cette même section des Pentamères, les hydrophiles, qui ont le même genre de vie que les dytisques , ont de sembables vessies dans l'abdomen. ] 'L'hydrophile brun ( hydr. piceus ) a quatre grosses vessies aériennes à la base de l'abdomen.
Comme c'est un insecte aquatique, elles lui servent peut-être , comme la vessie natatoire des poissons , à s'élever ou à s'abaisser dans l'eau (1).
[Ce sont en même temps des réservoirs d'air pour la respiration.
La tribu des Buprestides , dans la famille des Serricornes , fait une exception ; les tubes trachéens y sont interrompus par un grand nombre de vésicules abdominales ou thoraciques.
Toute la grande famille des Lamellicornes se distingue par des trachées vésiculaires. ] Ces trachées sont d'un blanc mat, et renflées partout en petites vésicules, à parois très-minces, de figure tantôt ovale, tantôt irrégulièrement déchiquetée; elles représentent à l'œil, [avec les tubes trachéens décroissants, qui réunissent ces vésicules, ] des arbres très-chargés de feuilles. C'est ainsi qu'on les voit dans les hannetons, les scarabês, les bousiers, les cerfs-volants , etc. On n'en retrouve point de semblables, ainsi que nous venons de le voir, dans la plupart des autres familles de cet ordre.
[La distribution générale de ces trachées tubulaires ou vésiculaires est la suivante. H y a autant de troncs primaires extrêmement courts ( tubes d'origine de M. Straus) que de stigmates. De ces troncs primaires partent environ seize troncs secondaires, dont cinq ou six plus importants, et les autres beaucoup plus petits.
(1) M. Sukoiv les a représentées, pi. iy, fig. 27 de son Mémoire sur l'organisation des Insectes. Journal de, la physique organique, par M. HeuzinQcr, t. n. Eisemach , 1828.
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Il y en a un, quelquefois deux (par exemple, dans le hanneton), qui vont en avant et en arrière joindre le tronc primaire des stigmates le plus voisin du même côté. C'est la suite de ces troncs de communication longitudinale, qui compose les grands troncs latéraux longitudinaux. D'autres troncs secondaires moins grands forment, en s 'unissant à leur symétrique, du côté opposé, une communication transversale. Le reste de ces troncs secondaires se modifie et se distingue dans ces différentes parties.
Le premier tronc primaire n'a de tube de communication que pour le second stigmate; le tronc secondaire qu'il envoie en avant se distribue à toutes les parties qui sont au delà de son origine. De même, le dernier de ces troncs primaires n'a de tube de communication que pour l 'avant-dernier. En arrière, le tronc primaire ne fournit que des tubes de distribution de l'air, qui se ramifient dans les parties voisines.
Les troncs primaires sont de très-courts cylindres, suspendus au bourrelet interne des stigmates, quelquefois dilatés en une sorte de poche; leurs parois sont de même nature que celles des autres tubes trachéens (1).
On n'a signalé jusqu'ici qu'une exception à cette règle. Dans Y kœmatickerus keros,\e tronc primaire, qui comprend un stigmate du mésothorax, forme une caisse écailleuse, irrégulièrement ovoïde, dure, élastique, de couleur jaunâtre. Cette caisse a la membrane
(1) Telle est celle qui correspond à la première paire de stigmates dans le hanneton. Voir l'ouvrage cité de M. Strauss, pL 7, fig. 4- !■
de son fond percée par les embouchures d'environ cent cinquante trachées, dont les deux principales se distribuent jusqu'à la tête (1).
Les troncs primaires de l'abdomen ont la structure ordinaire, celle des trachées.
D'autres fois le tronc primaire est à peine distinct de la courte caisse qui constitue le stigmate, qui semble s'aboucher immédiatement avec le grand tronc trachéen longitudinal de son côté. C'est de ce grand tronc que partent la plupart des branches et des rameaux qui se distribuent aux organes (2).
Les trachées vésiculaires ne se distinguent, dans leur distribution générale, des trachées tubulaires que par l'existence d'un certain nombre de vésicules, qui interrompent la continuité des branches ou des rameaux de celles-ci , et dont l'ensemble augmente considérablement la capacité du système respiratoire.
Les priones, parmi les Long icornes, ont une troisième espèce de trachées que M. L. Dufour a cru devoir distinguer des tubulaires et des vésiculaires. C'est une sorte de parenchyme composé d'un tissu de ramifications trachéennes innombrables, extrêmement fines, et de globules adipeux, formant une couche qui tapisse l'intérieur du thorax.
Cet appareil respiratoire reçoit l'air immédiatement des stigmates thoraciques (3).
(1) Note sur les organes respiratoires des Capricornes, par M. Pictet. Annale» des Sciences Naturelles , t. vu , p. 63.
(2) L. Dufour, Mémoire cité, pi. 21, fig. 2 pour lecarabus auratus, et M. Suhow3 Mémoire cité, pi. iv, fig. 27, pour Vhydroph il us piceus.
(3) Annales des Sciences Naturelles, t. 8, p. 54, et pi. 22.
iSi XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM, ARTICULÉS.
b. Dans les Larves.
Toutes les larves de Coléoptères ayant des trachées tubulaires, ceux qui ont à letat parfait des trachées vésiculaires, éprouvent une transformation bien remarquable dans leur système respiratoire interne.
Aussi, M. Cuvier avait-il parlé de cette différence, en ces termes, dans l'ancien texte de cet ouvrage:] Il se fait un changement bien considérable chez les Coléoptères lamellicornes ., puisque la larve^ au lieu des trachées vésiculaires de l'Insecte parfait, a des faisceaux de trachées cylindriques, argentées et très-fines, se rendant de chaque stigmate sur toutes les parties voisines.
[ C'est dans la larve de Yoryctès nasicorne que C. Sprengel (1) a vu une membrane tendue immédiatement sur le cadre interne de la caisse, et percée d'environ seize embouchures de différentes grandeurs, dont cinq ou six appartiennent à des troncs trachéens considérables. Dans ce type, il n'y a pas de tube, ni de poche trachéenne intermédiaire, entre la caisse du stigmate et ces premiers troncs. ]
Les larves des Coléoptères aquatiques ont en général les principaux orifices aériens près de l'anus pour pouvoir plus facilement chercher l'air. Les deux troncs latéraux de leurs trachées sont énormes, sans doute pour faire une plus forte provision de ce fluide, et les branches en partent comme des filets minces et cylin-
(i) Op. cit. , pi. i, fig. i.
driques. J'ai observé, entre autres ., cette disposition dans les larves d'hydrophiles.
[Cette grande proportion des trachées principales fait que ces organes servent de réservoirs d'air, et qu'ils ont le double usage de contenir une provision de ce fluide pour la respiration, et de diminuer la pesanteur spécifique de la larve pour faciliter ses mouvements dans l'eau. ]