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lui versent les uretères, et la transmet au dehors à des intervalles plus ou moins rapprochés.
[Chez d'autres animaux de ce type supérieur, l'urine peut s'arrêter dans l'extrémité dilatée des uretères (les Ophidiens, entre autres, parmi les Reptiles); chez beaucoup d'autres (les Oiseaux, plusieurs Sauriens, parmi les Reptiles; elle est déposée par les uretères dans le cloaque, qui lui sert de réservoir. Chez quelques poissons enfin, qui n'ont ni cloaque, ni vessie urinaire, l'urine est évacuée immédiatement par l'orifice unique d'un court canal, commun aux uretères, quelquefois même aux conduits de la génération , lequel s'ouvre en arrière de l'anus.
Remarquons ici qu'une pareille disposition, qui permet à des poissons de se débarrasser de leur urine, pour ainsi dire à mesure de sa sécrétion, n'a lieu que chez les animaux aquatiques.
Nous allons examiner ces différents modes de terminaison des uretères, ces différents réservoirs de l'urine, et les moyens divers de la transmettre au dehors, tels qu'ils ont été départis à chacune des classes des animaux vertébrés.
Pour bien apprécier ces différences, il faudra se rappeler ce que nous avons dit de la nature de l'urine, qui peut être liquide et plus ou moins aqueuse , ou réduite à ses principes essentiels , l'urée ou l'acide urique et quelques sels, et former une pâte épaisse.
11 faut encore avoir présent à l'esprit une considération sur laquelle nous aurons l'occasion de nous étendre en faisant l'histoire du développement du fœtus, dans le volume suivant. C'est que la vessie urinaire de l'embryon de beaucoup de vertébrés, à une
certaine époque de la vie d'incubation, est à la fois une enveloppe de cet embryon, un organe de respiration, et un réservoir d'urine, de même que l'intestin est le réservoir du méconium. C'est qu'elle a été une partie de l'allantoïde, à cette première époque de la vie, avant d'être réduite à son rôle de simple réservoir de l'urine, durant le reste de l'existence. ]
A. Dans les Mammifères.
[C'est toujours par l'intermédiaire d'une vessie urinaire, ou d'un réservoir musculo-membraneux, que l'urine très-liquide des mammifères est rejetée hors du corps, après avoir séjourné dans ce réservoir. Le ligament qui va de son sommet à l'ombilic, et qui conserve, dans quelques cas, un canal intérieur, est le seul reste du pédicule de l'allantoïde, de cette vessie enveloppe du fœtus des mammifères, qui subsiste au-delà de la vie embryonnaire.]
i. Chez Y homme, la vessie urinaire, lorsqu'elle n'est pas très-remplie, est contenue dans la cavité du petit bassin, et ne dépasse pas le niveau des os pubis. Elle est située au-devant du rectum dans l'homme, et du vagin dans la femme. On y distingue un fond qui est supérieur, et qu'on appelle encore son sommet; un bas-fond, qui est postérieur et inférieur, et forme sa partie la plus évasée, et un col qui est antérieur et inférieur. Le péritoine ne recouvre qu'une partie de la face postérieure de son fond et de ses côtés. Elle est d'ailleurs assujettie par deux ligaments latéraux et un médian, restes des artères ombilicales et de l'ouraque, qui vont des côtés et du sommet de la vessie à l'ombilic, et par deux petits
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ligaments qui se portent des os pubis vers son col. Sa membrane interne a tous les caractères communs aux membranes muqueuses, et se continue dans l'urèthre. Elle présente quelquefois des rides permanentes, interceptant des sinus plus ou moins profonds, qui ont fait donner aux vessies où elles se remarquent, le nom de vessies à colonnes.- La membrane interne de la vessie est réunie par une couche celluleuse, plus ou moins épaisse et serrée, à la membrane musculeuse ; cette dernière est composée de faisceaux plus ou moins marqués, dirigés en différents sens, mais dont un grand nombre semblent converger vers le col, où ils forment une couche plus épaisse que dans tout le reste de l'étendue de la vessie. Enfin, une dernière couche celluleuse affermit encore extérieurement les parois de celle-ci.
La vessie urinaire reçoit des vaisseaux artériels de l'hypogastrique sous les noms de vésicales et d'ombilicales. Les veines sont remarquables par le plexus trèscompliqué qu'elles forment, particulièrement autour de son col. Elle a de nombreux vaisseaux lymphatiques et des nerfs qui lui viennent du plexus hypogastrique.
Nous avons déjà dit, en décrivant les uretères, que ceux-ci percent obliquement le bas-fond de la vessie pour y conduire l'urine qu'ils reçoivent des reins. Ce liquide passe de la vessie dans le canal de l'urèthre. Celui de l'homme sera décrit dans la leçon où nous traiterons des organes de la génération , avec la verge dont il fait partie.
Nous verrons, dans la même leçon, que celui de la femme se termine dans le haut de la vulve ; il est court, dirigé presque horizontalement du col de la vessie, sous la symphise des os pubis, accollé en partie à la face
antérieure et supérieure du vagin, ayant intérieurement des plis longitudinaux et des sinus, et extérieurement un tissu vasculaire.
2. Chez les autres mammifères. La proportion de la vessie n'est pas la même dans tous les mammifères. On a dit quelle est généralement beaucoup plus vaste dans les herbivores que dans les carnivores ; mais cela ne nous paraît pas absolument exact. Si son volume est en effet beaucoup plus petit dans les carnivores, c'est en partie parce qu'étant beaucoup plus musculeuse, ses parois se sont plus fortement contractées à l'instant de la mort. Elle paraît également petite dans ceux des herbivores qui l'ont très-musculeuse.
Sa structure varie à cet égard, dans la classe des mammifères, d'une manière frappante. Les carnassiers ont généralement d'épaisses colonnes musculeuses dans les parois de leur vessie. Ces colonnes ou ces faisceaux sont dirigés en travers, ou selon la longueur de cet organe, depuis son fond jusqu'à son col. Les carnassiers ne sont pas les seuls à la vérité chez lesquels cette structure existe ; on la trouve dans le cheval, parmi les herbivores ; tandis que dans les autres genres de cette division , et dans les omnivores, tels que les singes, les makis ? le cochon, la membrane musculeuse n'est pas a proportion plus épaisse que chez l'homme.
L'insertion des uretères est toujours placée à quelque distance du col , comme dans ce dernier, à l'exception de Yêchidné et de Yornithorliynque, chez lesquels cette insertion a lieu au-delà d'un bourrelet qui semble séparer la vessie de l'urèthre ; de sorte que les uretères semblent plutôt s'ouvrir dans ce dernier canal que dans
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la vessie. C'est une ressemblance avec ce qui a lieu dans les chê Ioniens.
Les femelles n'ont de l'urèthre que ce qui répond à la portion musculeuse de ce canal dans les mâles. Sa longueur varie beaucoup ; mais en général elle nous a paru en rapport avec la portion correspondante dans l'autre sexe. Ainsi, l'urètbre est fort long dans les femelles de carnassiers, et en particulier dans les chats. Une couche plus ou moins épaisse de fibres musculaires transversales, qui doivent en resserrer les parois avec force, pour en expulser l'urine, l'entoure dans toute son étendue.
E. Dans la classe des Oiseaux.
[En parlant de l'urine des oiseaux nous avons dit que les espèces de la famille des Brévipennes, ont seules, dans cette classe, une urine liquide et abondante, qui peut s'accumuler dans leur cloaque, comme dans une vessie urinaire. ] "L'autruche d'Afrique, Y autruche d'Amérique ou le nandou, le casoar à casque, celui de la Nouvelle-Hollande , qui constituent cette famille, sont conséquemment les seuls oiseaux qui urinent [ d'une manière bien sensible.
On pourra voir (t. IV, part. II, p. 409 et 4 10) la description de leur cloaque et comprendre comment les urines peuvent y être arrêtées, en même temps que les matières fécales sont accumulées dans la dernière portion du rectum. Lorsqu'un oiseau de cette famille veut se débarrasser des unes et des autres, il urine en premier lieu, et ii rend immédiatement après ses matières fécales, expulsées, au moment même, de l'extré-
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mité du rectum, ou de leur réservoir intestinal, et ne faisant que traverser rapidement le cloaque.
Chez les autres oiseaux il y a, à l'égard des fonctions du cloaque, telles que nous venons de les indiquer rapidement chez les Brévipennes , moins de différence qu'on ne le pense généralement , et que nous ne l'avions exprimé dans notre première édition (1).
Ce n'est pas non plus dans le cloaque que les matières fécales sont tenues en réserve , mais dans le rectum et les cœcums. Le cloaque ne fait de même que leur livrer passage, au moment de la défécation. Mais les uretères y déposent, chez les granivores, une urine dont la partie aqueuse est bientôt absorbée ; de sorte qu'il ne reste que la partie solide, qui adhère aux parois de ce réservoir, et qui recouvre les excréments, lorsqu'ils traversent le cloaque, de cet enduit blanchâtre qu'on y remarque. Cependant il paraît que l'effort qui comprime les viscères, pour la défécation, fait sortir et exprime des uretères une urine liquide , qui sort après les excréments.
Chez les oiseaux carnassiers, les urines sont plus liquides; elles sortent les premières, lors de la défécation, et forment ce liquide blanc comme de la chaux délayée , qui blanchit tous les corps sur lesquels il tombe et s'étend.
Il résulte de ce que nous venons de dire'que , dans la
(!) Ce que nous y avions écrit, en décrivant le cloaque de Vatrfruchc, et reproduit dans celte nouvelle édition (t. iv, 2me partie, p. 409). « Que les matières «fécales ne passent du rectum dans le cloaque qu'au gré de ranimai , » doit s'étendre à tous les oiseaux. Il n'était pas exact de dire (même page) que le cloaque des autres oiseaux sert de véritable réservoir aux excréments et aux urines qui s'y mélangent. »