I. SITUATION, FORME, ETC
tent, en avant, pour comprendre le cœur dans leur intervalle, en arrière pour la place que doivent occuper, entre autres, l'aorte, la trachée artère, l'œsophage, la veine azygos et le canal thoracique. Les vaisseaux aériens ou sanguins , qui forment la racine du poumon , interrompent cette cloison vers le milieu de la poitrine. La face adhérente des plèvres est un peu rugueuse par le tissu cellulaire qui la fixe , soit aux parois de la poitrine, soit à la surface externe de chaque poumon, tandis que la face interne, lisse et glissante, forme les parois libres de deux sacs fermés , dont les cavités se contournent autour des deux poumons, et ne communiquent pas entre elles. Il s'exhale de cette dernière surface une vapeur séreuse qui , en la maintenant constamment humectée, favorise les mouvements des poumons , et s'oppose aux adhérences inflammatoires que ces mouvements tendent à produire, entre les poumons et les parois de la poitrine. Cette membrane présente absolument la même structure et la même disposition dans V homme et les autres mammifères , seulement elle varie beaucoup en épaisseur; celle qu'elle acquiert dans les grands mammifères, sans changer toutefois de nature , est très-remarquable.
La plèvre n'est plus un sac fermé de toutes parts qui se replierait autour de chaque poumon, de manière à l'envelopper dans sa totalité. Il n'y a que la partie de ces viscères qui ne touche pas aux parois de la poitrine , c'est-à-dire leur face inférieure ou ventrale, qui en soit recouverte, et, dans cette petite étendue, la
49 XXIXe LEÇON. ART. II. POUMONS DES VERTEBRES.
plèvre pulmonaire forme une paroi de cellule, percée par six grands orifices, qui conduisent l'air immédiatement de la bronche de chaque poumon et de ses premières divisions, dans les grandes cellules. Il existe donc ici une communication immédiate entre la membrane qui a tapissé les bronches, et qui est analogue aux muqueuses, et celle que nous décrivons, et qui est rangée au nombre des membranes séreuses. Dans ce cas singulier, les deux structures doivent se confondre comme les deux membranes. Nous verrons de plus, dans l'article iv, que plusieurs de ces cellules, qui seront décrites, quant à leur disposition, dans le § 3 du présent article, et qui ne sont proprement que des productions de cette membrane, ont évidemment leurs parois fortifiées par des fibres tendineuses et même musculeuses. [La face dorsale des poumons adhère à la voûte du thorax par un tissu cellulaire assez lâche, dont les cellules admettent même une certaine quantité d'air qui s'échappe par les six ou sept grands orifices de cette surface.
L'enveloppe commune, ou le pleuro-péritoine qui tapisse la cavité viscérale et se replie pour envelopper et pour attacher à ses parois, ou entre eux, les organes qu'elle renferme, recouvre plus ou moins complètement le poumon des reptiles. Sa structure n'offre rien de particulier; c'est celle des membranes sé-
(1) C'est ce qui a fait dire à M. Retslus que cette membrane n'était pas une plèvre. ( Froricps Nolizcn> octobre 1832. )
té SITUATION, FORME, ETC. 4$
reuses. Mais sa disposition n'est pas la même dans tous les ordres de cette classe.
Le poumon des C/iéloniens est adhérent, comme celui des oiseaux, par sa face supérieure, à la voûte de la cavité viscérale, au moyen d'un tissu cellulaire assez serré ; il n'est recouvert par la séreuse viscérale que dans sa face inférieure et dans un liseré de son bord externe , qui est libre. La plèvre du poumon gauche se continue avec le mésentère. C'est du moins ce que j'ai vu dans le genre Chelone.
Chez les Sauriens ordinaires , le poumon est complètement recouvert par la plèvre et libre dans la cavité commune. C'est aussi le cas de la plupart des Ophidiens. Chez quelques-uns cependant il adhère en partie à la colonne vertébrale , et s'enfonce et se moule dans les intervalles des côtes, d'un côté seulement.
Dans les Grenouilles et les Crapauds , parmi les Batraciens , les poumons n'ont aucun repli qui les tiendrait fixés aux autres viscères.
Mais ces replis existent dans les Tritons, et lient le poumon gauche à l'œsophage et à l'estomac , et le droit à l'estomac et au foie. Un autre prolongement plus court fixe l'un et l'autre sac pulmonaire aux ovaires, dans les femelles; mais le dernier tiers de ce sac reste libre et flottant.
Dans les autres Batraciens cryptobranches, ou dans les perennibranch.es, un long mésentère fixe la plus grande partie des sacs pulmonaires aux parois de la cavité viscérale.]
44 XXIXe IEÇON. ART. II. POUMOiNS DES VERTÉBRÉS.
§ II. Des canaux aériens qui servent de conduits à Vair qui va dans les poumons ou qui en revient, ou de la trachée-artère et de ses ramifications extra-pulmonaires.
Ces canaux servent à deux usages : la voix se forme à l'origine ou à la fin de leur tronc commun ; ils donnent passage à l'air qui doit pénétrer dans le tissu le plus intime des poumons ou qui en revient. C'est particulièrement comme ayant ce dernier emploi que nous devons le considérer ici.
A. Dans l'homme.
Le conduit aérien , d'où partent tous les autres , commence, sous le nom de trachée-artère, immédiatement au-dessous du larynx, descend le long du cou au-devant de l'œsophage, pénètre dans la poitrine, et s'y prolonge jusqu'à la troisième vertèbre dorsale. 11 se bifurque à cet endroit , et chaque branche qui en résulte prend le nom de bronche, et se porte au poumon de son côté. La droite , plus courte, un peu plus grosse que la branche opposée , se divise en trois rameaux peu avant d'y pénétrer, ou à l'instant où elle s'y introduit; tandis que la gauche ne se sépare souvent qu'en deux semblables branches; mais les unes et les autres se partagent en ramuscules qui se sous-divisent encore de manière que l'ensemble de ces conduits présente l'image d'un arbre à ramifications très-nombreuses.
La trachée-artère est formée de seize à vingt anneaux cartilagineux incomplets, qui ceignent les deux tiers