‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 2)Chapitre 4 sur 141 · VERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

VERTÉBRÉS

ARTICLE I

De l'action de l'air sur l'organisation en général et sur le fluide nourricier en particulier, par ltntermédiaire des organes de la respiration.

La vie et la flamme ont cela de commun, que ni l'une ni l'autre ne peut subsister sans air ; tous les êtres vivants, depuis l'homme jusqu'au moindre végétal, périssent lorsqu'ils sont absolument privés de ce fluide, quoique tous n'aient pas besoin de le recevoir d'une manière aussi sensible. Ainsi plusieurs se contentent de celui qui est mêlé avec l'eau ; ce sont les animaux aquatiques, poissons, mollusques ou autres. Plusieurs n'en ont pas besoin aussi continuellement ; leur respiration a quelque chose d'arbitraire, ils peuvent la suspendre plus ou moins long-temps, etc.; ce sont les reptiles, etc.

Des observations pins suivies ont montré encore une analogie plus rigoureuse entre la combustion et la 7. 1

§ XXIXe LEÇON. RESPIRATION DES VERTÉBRÉS.

respiration ; l'une et l'autre ne se fait pas au moyen de tous les éléments de l'atmosphère, mais par un seul d'entre eux, l'oxygène ; une fois cet élément consommé au-delà d'une certaine proportion, lorsque, par exemple, pour la respiration il en reste moins d'un dixième, le résidu est inutile.

L'une et l'autre gâte en même temps l'atmosphère en y reversant des parties, non-seulement inutiles à la vie ou à la combustion , mais encore pernicieuses pour h. première, parties qui résultent cependant de la combinaison de l'oxygène avec les éléments du corps vivant ou du corps combustible ; et cet effet est réciproque, c'est-à-dire, que de l'air trop respiré ne peut plus servir à brûler ; ni de l'air où trop de corps ont brûlé, à respirer; l'une et l'autre enfin produit de la chaleur, parce que le résultat de la combustion, comme de la respiration, a moins de capacité pour le calorique, que n'en avait l'oxygène consommé, et qu'une partie du calorique reste libre.

Si l'on fait respirer une certaine quantité d'air que l'on ne renouvelle point, on trouve, au bout d'un certain temps, que la proportion d'azote y est restée la même (1), que celle de l'oxygène y a diminué, que celles de l'eau et de l'acide carbonique y ont augmenté, et des recherches exactes ont montré qu'il y a de l'eau produite, et que celle qu'on obtient ne vient pas toute de la transpiration pulmonaire.

Au reste, une partie de l'acide carbonique peut aussi

(1) Nous verrons plus basque les expériences donnent quelquefois ce résultat; que d'antres montrent soit une diminution, soit une augmentation de ce gaz.

ART. f. ACTION DE l'AIR. 3

être due à cette dernière cause, car tout le corps en exhale.

Le corps animal a seul pu fournir le carbone et l'hydrogène nécessaires à cette augmentation, et il est naturel de croire que l'oxygène qui a disparu a été employé à cette nouvelle production.

Le calcul positif des quantités de chaque élément employé dans le procédé chymique de la respiration est difficile. Le poumon d'un homme contient déjà dans l'état de plus grande inspiration, de soixante à cent pouces d'air, et il peut l'augmenter beaucoup dans une forte inspiration (1). Dans les inspirations ordinaires il en prend une quantité variable depuis quatre jusqu'à quinze et même dix-sept pouces, selon la force des individus.

L'air qui sort est d'environ un cinquième moindre

que celui qui entre (2). La quantité d'oxygène y est

-diminuée d'environ huit à neuf centièmes du total;

celle de Facide carbonique y est augmentée jusqu'à

treize centièmes. Il s'y perd un peu d'azote.

[ Ces trois propositions, que l'on a pu conclure des expériences de Lavoisier et de Seguin, instituées avant 1804, ont été confirmées dans leur résultat général, du moins les deux premières, par les expériences de H. Davyi d'Allen etPepys, de Bulong, de Despretz, de

(1) Cette quantité peut s'élever à 1£0 pouces cubes dans l'inspiration , et s'abaisser à 110 pouces dons l'expiration, ce qui porterait à 30 pouces cubes l'air expiré. Suivant Ilcrbst, ii serait de 20 à 25 pouces chez un homme fort, et de 16-18 pouces cubes dans les sujets faibles. H. Davy n'estime qu'à 40-13 pouces cubes l'air expiré ou celui inspiré. — (2) Cette quantité Varie' beaucoup ; elle a été trouvée, dans plusieurs expériences, de ~ au- plus, et de —7 au moins.

4 XXIXe LEÇON. RESPIRATION DES VERTEBRES.

Magendie, à' Edwards , de Treviranus, de Tiedemann et Gmelin , de J. Millier, et de plusieurs autres. Mais ces nombreux expérimentateurs ont fait connaître des proportions différentes dans l'oxygène absorbé, et dans l'acide carbonique exhalé.

Relativement à la quantité d'oxygène, ils ont constamment trouvé qu'elle excédait en volume celle de l'acide carbonique exhalé. H. Davy a expérimenté sur lui-même ; il a eu pour résultat que , sur 161 pouces cubes d'air atmosphérique qu'il avait respiré pendant une minute, il n'en restait plus que i52,4, composés de 1 1 1^6 d'azote, au lieu de 117; qu'il n'y avait plus que 23,4 d'oxygène, au lieu de 42>4î et °tue *7>4 pouces cubes d'acide carbonique en remplaçaient 1,6. L'augmentation de l'acide carbonique était donc d'environ -^ ; tandis que la quantité d'oxygène qui avait disparu était de -^ ou de -^ ; proportion qui se rapproche beaucoup de 8 à 9 centièmes indiqués par Cuvier, d'après Lavoisier.

Treviranus [Journal de Physiologie expérimentale, t. iv, pag. 23) a eu , à notre avis , une idée très-ingénieuse pour rendre plus comparatives les expériences faites sur les animaux des différentes classes, afin de déterminer la proportion d'acide carbonique qui se trouve mélangée dans l'air expiré. Il a réduit toutes ces expériences à un même poids pour l'animal , et à un même temps pour la durée.

En voici l'expression :

Uîi Mammifère du poids de 100 grains, ayant respiré pendant 100 minutes, a produit o,52 pouces cubes d'acide carbonique.

Un Oiseau du même poids, dans le même espace de

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