III. STRUCTURE DES POUMONS
physiologiste célèbres que nous venons de citer, et celle de Reisseissen. En effet, les dernières ramifications bronchiques étant enveloppées par les mailles du réseau vasculaire sanguin, les parois extrêmement amincies des culs-de-sac bronchiques, contre lesquelles ces vaisseaux sont appliqués, peuvent être confondues, sans le secours des injections, avec celles de ces vaisseaux.
Ainsi, malgré ces graves autorités, la nouvelle lecture de la dissertation de Reisseissen^ d'après laquelle nous avions fait notre première description, et que nous avons eu soin de citer dans notre première édition ; celle de son mémoire, qui a remporté le' prix proposé par l'Académie de Berlin; l'examen attentif (en septembre 1837) des nombreuses préparations de poumons de mammifères faites au Jardin des Plantes de Paris, par M. le docteur Bazin; de très-belles injections au mercure dues kM. Bach , chef des travaux anatomiques de la Faculté de Médecine de Strasbourg ; enfin des injections heureuses exécutées, sous mes yeux (1) , ont dû me confirmer dans la manière de voir que nous avions adoptée déjà en 1804, et que je viens d'exprimer de nouveau avec plus de détails.
Les dernières ramifications des canaux aériens, ou leurs ramuscules terminaux, ne paraissent pas attein-
(1) A la fin de 1837 , par M. Biechi, mon préparateur particulier. Dans l'une de ces préparations, celle d'un poumon de /outre, les canaux aériens sont injectés au mercure, et le réseau des vaisseaux sanguins en rouge. Ce réseau, dont les mailles et le cordon sont très-fins, se dessine de la manière la plus élégante autour des culs-de-sac des canaux aériens qu'il enlace. J'ai fait peindre et lithographier cette structure dans deux figures qui ont paru avec la dissertation
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dre dans tous la même ténuité. Chez quelques-uns , leur extrémité vésiculeuse conserve un assez grand diamètre relatif. C'est ce qui a fait dire à Mcckel (1) que chez les fourmiliers les cellules pulmonaires sont considérables , et qu'elles sont encore plus grandes chez les tatous.
J'ai pu voir à la loupe, à travers le bord diaphragmatique , très-aminci et transparent, d'un poumon de tamandua , les canaux aériens d'un lobule finement ramifiés et se terminant en cul-de-sac. Vers le sommet de ce même poumon il y avait de grandes cellules rondes, et une série de semblables cellules le long de la face vertébrale du côté droit. Etait-ce une dilatation maladive? On ne pourrait le supposer dans le cas suivant : de grandes vésicules paraissent de même, mais plus nombreuses et éparses à la surface des poumons, d'un très-jeune fourmilier didaclyle.
Outre la particularité d'avoir le tissu pulmonaire plus ferme et plus élastique (2), les Cétacés se distingueraient encore par les anastomoses de leurs ramifications pulmonaires , de telle sorte que l'insufflation d'un rameau suffirait pour faire passer l'air dans tout le poumon. C'est Hunter qui a le premier annoncé cette structure.
Meckel et M. Rapp l'ont constatée dans le marsouin , et M. Mayer dans le dauphin. Le premier a pu insuffler d'air tout le poumon droit par le petit rameau qui se
de M. le docteur Lereboullel, ayant pour titre: Ànalomie comparée de l'appareil respiratoire dans te» animaux vertèbres , Strasbourg, ■î^oH. — (1) Op. cil.y t. vi, p. 400 et 401. — (2) Les CéAacès, par (*.. fiapp, professeur d'iuiatomte à Tubiugen; in-8°, 1827, p. 150 (en aUeuiuud).
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détaché de la bronche droite, et réciproquement, la partie du poumon où se rend ce petit rameau , en insufflant la bronche (1). On ne peut conclure, il me semble, de cette expérience, sinon que les poumons netant pas divisés en lobes, il y a des communications plus nombreuses entre les rameaux et les ramuscules, par les rameaux et par les branches d'origine.
Les poumons des mammifères ont-ils une enveloppe propre? On vient d'en annoncer la découverte dans Vêlêp liant et le marsouin ; cette membrane, présumée d'abord de nature fibreuse > a été considérée dans une observation ultérieure faite avec le secours du microscope, comme formée de tissu élastique (2).
Nous avons vu, en décrivant la structure des voies aériennes extra ou intra-pulmonaires , qu'elles sont formées essentiellement d'un tissu fibro-élastique entre les lames duquel se placent les cerceaux cartilagineux, et de la muqueuse vasculaire qui le revêt en dedans. Les cerceaux cartilagineux disparaissent dans les dernières divisions des bronches ; mais le tissu fibro-élastique persiste partout; partout et jusqu'aux fond des nombreux culs-de-sac aériens qui se réunissent à la surface des poumons, forme, la trame des voies aériennes, depuis leur origine jusqu'à leurs extrémités les plus déliées, et soutient la muqueuse vasculaire ou respirante, qui le tapisse du côté interne. Il ne
(1) Op. cit., p. 385 et 386. — (2) Journal de Physiologie de Ticdcmr.rm ot Treviranus, t. v, p. 118. — (2) M. le docteur Bazin, conjointement atyce M. le docteur Valeniin, dans les Annales françaises et étrangères d'Analomie cl de Physiologie, dont !e premier est l'un des rédacteurs, t. j, p. 28 et 35, f. i, 2 ei 3 ; p. 317 et suiv., pi. i.
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serait pas étonnant que ce tissu fibro-élastique, mêlé au tissu cellulaire qui rassemble les dernières ramifications vasculaires aériennes, se présentât à l'extérieur, dans quelques animaux, avec une sorte d'hypertrophie naturelle ou maladive, et qu'on pût en détacher une lame du fond des culs-de-sac, sans ouvrir ceux-ci. Tyson avait déjà observé que la plèvre pulmonaire est, dans les cétacés^ très-ferme et épaisse, et sa substance très-élastique. Hanter prétend qu'elle se resserre à la fois sur tout le poumon. Home attribue cette propriété élastique à la membrane qui revêt les poumons du Dugong,
Déjà Steller avait trouvé cette même membrane tellement épaisse, dans l'animal qui porte son nom, qu'elle masquait et la couleur et la substance du poumon.
Au reste, nous verrons les parois de quelques cellules aériennes des oiseaux, formées d'ailleurs par la plèvre, se revêtir de fibres tendineuses qui en modifient de même la nature et les usages.
a. Des capacités aériennes des poumons proprement dits.