‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 2)Chapitre 63 sur 141 · III. STRUCTURE DES POUMONS · texte numérisé non relu

III. STRUCTURE DES POUMONS

L'autre partie des poumons se compose de capacités aériennes en forme de cellules, à parois simples ou celluleuses, dont les vaisseaux sanguins n'appartiennent pas aux vaisseaux pulmonaires. [Nous décrirons successivement ces deux parties, que nous trouverons confondues en une seule vessie clans les Ophidiens, qui sont beaucoup plus séparées, par leur forme et leur position, dans les oiseaux ;mais qui sont très-analogues pour les circonstances essentielles de leur structure.

Après que la bronche est parvenue sous la partie moyenne du poumon de son côté, entre l'artère pulmonaire qui est en avant, et la veine qui est en arrière, elle pénètre dans son tissu , un peu en deçà de son bord externe et inférieur. Delà elle se porte obliquement d'avant en arrière et en dedans, jusque non loin du bord postérieur de ce viscère, où elle se continue avec un tuyau secondaire, qui s'ouvre dans la grande cellule latérale correspondante. Durant ce trajet elle s'enfonce peu dans le tissu pulmonaire, et reste à peu près superficielle. Le plus souvent ses parois paraissent se dépouiller immédiatement, en entrant dans le poumon, des cerceaux cartilagineux qui ento urent la portion libre de la bronche. D'autres fois, et on l'observe généralement dans les grands oiseaux, la première portion de la bronche intra -pulmonaire montre encore quelques cerceaux cartilagineux, au nombre de six jusqu'à neuf, qui en soutiennent les parois du côté interne.

Le canal de la bronche intra-pulmonaire, plus dilaté que la bronche extra-pulmonaire, au moment où elle touche le poumon, diminue peu à peu de diamètre, à mesure qu'il fournit des branches qui prennent différentes directions. Elles proviennent presque toutes de

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deux séries régulières d'embouchures, dont la première, rapprochée de la ligne médiane et plus élevée, se voit au commencement de la bronche, et se compose de quatre, rarement de cinq orifices considérables; lesquels peuvent être bordés de saillies sémilunaires membraneuses, soutenues par des cerceaux cartilagineux, qui maintiennent ces embouchures béantes. C'est ce qu'on voit, entre autres, dans le Cygne, où ces arceaux sont plus durs et plus complets même que dans Y Autruche (i).

La première embouchure est celle d'un rameau qui contourne la bronche en se portant en dedans et en avant. La seconde conduit dans un autre rameau qui va plus directement en avant. La troisième et la quatrième appartiennent à des rameaux qui se dirigent en arrière, et qui, comme les deux précédents, répondent à la face inférieure ou viscérale du poumon.

Plus en arrière et un peu plus bas se voit, dans le le même canal, une seconde série d'orifices, au nombre de cinq, six ou sept, suivant les espèces, qui diminuent régulièrement du premier au dernier; ils conduisent à autant de rameaux bronchiques , qui se dirigent vers la face dorsale du poumon , sillonnent cette

(i) Ce sont les Pleureaxix de M. Geoffroy Saint-Hilairc. Voir sa Philosophie anatomique, pi. vu, f. 75 et 80 pour ceux de Voie, et 84 pour ceux de V autruche. Le casoar, V outarde, le héron, le butor, la cygogne, la bécasse, parmi les Echàssiers; le paon, le coq domestique, le coq de bruyère, le pigeon ramier, parmi les Gallinacées; Voie et plusieurs espèces de canards, parmi les Palmipèdes; Vara bleu, le perroquet amazone, le pic-vert, le coucou, parmi les Grimpeurs; le corbeau, la corneille, parmi les Passereaux; le faucon, la buse, le grand duc , parmi les Oiseaux de proie, nous ont montré de semblables cerceaux. Leur existence parait générale. {Anatomie comparée de l'appareil respiratoire dans tes vertébrés, par ?-!. Lcrebouflcî, Strosbourcr, 4838» p. 56.)

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surface, et s'y terminent dans les grandes cellules aériennes correspondantes.

Chacune de ces embouchures est bordée (1), dans sa moitié antérieure, par un repli membraneux qui peut faire l'office de valvule, et doit, sinon la fermer, du moins la rétrécir beaucoup lorsque In colonne de l'air inspiré vient avec force le comprimer.

Un dernier rameau bronchique commence à peu près vis-à-vis le troisième orifice de cette seconde série, et se dirige vers le bord postérieur du poumon , le long' de la surface inférieure de ce viscère (2).

Ces dix ou onze ramifications bronchiques vont toutes se terminer et s'ouvrir aux deux surfaces du poumon; elles y dirigent l'air dans des cellules aériennes que nous décrirons bientôt, ou le reçoivent de ces cellules, aux moments des inspirations ou des expirations de l'oiseau.

Lorsque les bronches se sont introduites dans 1rs poumons, sont-elles dépourvues, comme celles qui sont hors des poumons, de toute libre musculaire ? Cette question, qu'il était [plus ou moins] important de résoudre pour expliquer le mécanisme de la respiration dans les oiseaux, et pour apprécier la part que les poumons peuvent avoir dans ce mécanisme, nos propres observations l'ont résolue, par l'affirmative , dans le casoar et ïatUruclic,

(1) Nous en avons compté dix dans Yaulntchc pour la seconde série; M. Betzttis en admet 7, S ou 9 en généra! ; mais il y comprend l'orifice hors de rang, que nous décrirons l'e dernier.

(2) Dans \\tul ruche il y a ici quatre embouchures au lieu d'une, et conséquentnient quatre canaux,

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La bronche intra-pu linon aire est enveloppée évidemment, dans ces oiseaux, de libres musculaires transversales , qui ne sont pas tout-à-fait parallèles, mais qui se rencontrent obliquement en différents sens (i).

[Ces libres sont très-visibles dans la première portion de la bronche , qui n'est point encore criblée des orifices des canaux ou des rameaux aériens tertiaires. INous avons encore constaté leur existence dans Y aigle commun , l 'outarde , la grue , le cygne sauvage. M. Tiedemann les a vues dans Yole, Y outarde, le paon, le hibou.]

De semblables libres existent-elles généralement dans les bronches des oiseaux? C'est ce que nous n'osons affirmer, les ayant cherchées vainement dans plusieurs autres. La loi des analogies rend cependant leur existence très-probable.

[Chaque bronche a d'ailleurs ses parois percées d'un grand nombre d'oriiicesplus petits que ceux des canaux aériens secondaires qui appartiennent aux cellules. Ces orifices ne commencent qu'au-delà de la première série des grandes embouchures; ils font l'origine des canaux secondaires qui conduisent l'air directement dans les poumons.

La muqueuse qui tapisse la bronche intra-pultnonaire est assez épaisse , tout unie, et ne montre aucun réseau , interceptant des cellules; tandis que le caractère des canaux secondaires qui partent de la bronche est de montrer ce réseau.

Mais sous la muqueuse de la bronche, on dislingue

(4) Si Ton f;iit attention à cet ancien texte., on verra que non* avions sijrmilé et décri! ces jibrts musculaires bien avant nclre célrbre ami M. Ticcicmaun, aucjucJ M. IXeH'iu» atlrifcuealte découverte.

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