‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 2)Chapitre 8 sur 141 · I. SITUATION, FORME, ETC · texte numérisé non relu

I. SITUATION, FORME, ETC

Les poumons des oiseaux occupent un bien moindre espace dans la cavité thoracique que ceux des mammifères. Us sont adhérents aux parois supérieures et latérales de cette cavité , ayant leur bord interne et supérieur séparé par la colonne vertébrale , tandis que leur face inférieure répond au cœur et au foie. Cette position ne leur permet guères detre comprimés ou développés immédiatement par les mouvements des côtes , ainsi que nous l'expliquerons en décrivant le mécanisme de la respiration; mais les cloisons, en partie musculeuses, qui séparent leur face inférieure et postérieure, des viscères de la digestion, ou des cellules aériennes, et qui tiennent lieu, jusqu'à un certain point, de diaphragme, peuvent produire, par leur mobilité, quelques changements dans la capacité qui renferme ces viscères.

Le poumon double ou simple des reptiles s'étend d'avant en arrière dans la cavité viscérale, quelquefois jusque dans la partie la plus reculée de cette cavité , suivant sa forme et son volume relatif. Il peut donc être en rapport avec le cœur, en avant, lorsque celuici n'est pas enfermé dans une cavité particulière, avec l'œsophage et l'estomac , avec les ovaires et les oviductus, avec les intestins, enfin avec les reins.

Il en résulte que * par sa position , le poumon des reptiles est exposé à toutes les causes de compression ,

XXIXe LEÇON. ART. II. POUMONS DES VERTEBRES.

suite de l'augmentation de volume de l'un ou l'autre de ces organes, particulièrement de l'œsophage, de l'estomac, des ovaires et des oviductus; et qu'il peut être refoulé par les viscères sous-jacents, lorsque le corps de l'animal pèse sur le sol, par toute sa face inférieure, et que celle-ci est compressible. Cela est surtout remarquable chez les Ophidiens], dont le poumon , se prolongeant sur les côtes et au-dessus de l'œsophage, de l'estomac et du foie, jusqu'au-delà de ces viscères, doit être comprimé toutes les fois que l'animal avale une proie d'un certain volume; ce qui gêne sans doute alors la circulation pulmonaire , et contribue probablement à l'engourdissement qu'éprouvent les serpents après qu'ils ont fait un repas copieux.

[Dans les grenouilles et les crapauds^ comme les poumons sont libres et flottants dans la plus grande partie de leur étendue, ils peuvent être tellement refoulés et comprimés à l'époque la plus avancée de la gestation de ces animaux, que leur respiration doit être réduite à un bien faible degré. On peut en dire autant de ceux des Salamandres et des Tritons, quoiqu'ils soient moins libres. ]

Page 1