Les Batraciens
[Les sacs pulmonaires des animaux de cet ordre ont une structure plus simple que celle des autres reptiles. Leurs parois peuvent manquer entièrement de cellules, et n'avoir aucun réseau iibreux bien apparent. Lorsqu'elles sont celluleuses, on n'y voit qu'une seule couche de cellules , dont le fond se dessine à l'extérieur par autant de bosselures, quand ces poumons sont distendus par l'air.
Dans ces structures différentes, il n'y a cependant que du plus ou du moins relativement au tissu fibreux, ou fibro-celluleux, qui forme essentiellement la trame de toute vessie pulmonaire ; ce tissu existe dans toutes, et les rend plus ou moins contractiles par son élasticité; quoique dans toutes il ne soit pas arrangé en filet, et qu'il ne constitue pas des cellules.
La plupart des espèces de la famille des grenouilles (rana, L.) ont des poumons plus ou moins celluleux. Cependant , il ne le sont pas du tout dans la grenouille
144 XXIXe LEÇON. ART. II. POUMONS DES VERTEBRES.
mugis tante, chez laquelle les poumons sont de grandes vessies à parois simples, ni dans la rainette commune.
Dans le crapaud commun, les cellules sont petites, nombreuses et arrondies; elles sont plus rares, plus grandes et polygones dans le crapaud agua.
Il y a de semblables différences, relativement à la présence ou à l'absence des cellules, entre les salamandres et les tritons; les premières ayant des sacs pulmonaires à parois celluleuses, et ceux-ci n'ayant que des parois simples, sans aucune division.
Les poumons des salamandres , des protées et de la sirène lacertine, forment également des sacs simples et sans division.
' Dans le menobranclius lateralis, les parois sont plus minces, moins contractiles, vésiculeuses en arrière; tandis qu'il existe un réseau fibreux et des cellules dans la première partie.
Suivant M. Guvier, Y axolotl aurait des poumons à parois simples sans cellules, sur la face interne desquelles les vaisseaux sanguins forment un réseau à mailles lâches, mais assez saillantes (1).
La sirène lacertine m'a paru avoir les poumons un peu celluleux. Cela est évident quand on les insuffle d'air. Leur surface est régulièrement bosselée et étranglée alternativement par des cordons tranverses qui les entourent, a des intervalles réguliers. Leur paroi interne montre un cordon très-apparent, plutôt ramifié qu'en forme de réseau , qui se compose sans doute des vaisseaux sanguins, mais dans lequel paraît se con-
(1) Recherches , etc. , op. cit., p. 54.