III. STRUCTURE DES POUMONS
fondre le réseau fibreux. C'est ce réseau élastique qui doit contracter en cellules et plisser les parois du poumon, quand elles ne sont pas distendues par l'air.
Après avoir décrit les poumons du protèe comme deux canaux membraneux très-minces, n'ayant dans leur intérieur aucune division en cellules, et ne montrant que très-peu de vaisseaux sur leurs parois, M. Cuvier ajoute : « Quand on songe combien il y a peu de » différence entre de tels poumons et les vessies aériennes fourchues de certains poissons cartilagineux (les batistes, etc., dont il a fait plus tard l'ordre des plectognathes), • on ne peut guère se défendre de l'idée «que ces vessies n'aient quelque analogie avec les sacs • pulmonaires de ces derniers reptiles (1) ». Ajoutons que dans le lépidosircn, nattezer, qui a les principaux caractères d'un poisson, d'après M. R. Owen, la vessie natatoire montre bien d'avantage encore la structure d'un poumon de reptile. Mais les narines n'étant pas percées, il lui manque cette voie de communication avec l'air extérieur , pour compléter la ressemblance.
Il existe une très-grande différence entre la cavité simple et à peine celluleuse des poumons , chez les Batraciens perennibranckes (protèe, sirène, axototl , menobrancke) , et la structure très-compliquée des sacs pulmonaires de Yampkiuma tridaclyla et du menopoma. Suspendus chez le premier par un repli du pleuropéritoine, à la face vertébrale de la cavité viscérale, ces sacs, nous ont montré un diamètre proportionnel et une étendue plus considérables que dans les genres précé-
(1) Hecherches sur les Reptiles douteux, etc. ; Paris, 1807, p. 43.
dents. Ils se prolongent en arrière jusque vers l'extrémité de la cavité viscérale. Un gros cordon élastique cercle en travers, à des intervalles réguliers de trois à cinq millimètres , les parois intérieures de chaque sac. Des filets nombreux très-déliés vont d'une de ces branches transversales à l'autre, en se ramifiant et en interceptant des cellules très-petites. Il en résulte que les parois de ces poumons sont épaisses et profondément celluleuses dans la moitié de leur longueur ; audelà , les cellules y deviennent de moins en moins profondes, tout en continuant de se montrer jusqu'à leur extrémité. M. Cuvier indique que ces sacs naissent immédiatement de la glotte, sans trachée et sans bronche , qu'ils sont très-considérables et très-vasculeux (1). M. Harlan (2) avait bien reconnu leur structure celluleuse et la consistance de leur tissu ; il compare aux poumons de tortues, ceux du menopoma.
B. Des vaisseaux sanguins pulmonaires.
Nous avons déjà vu , dans la leçon précédente , ce qui concerne l'origine et la marche de ces vaisseaux jusqu'aux poumons. Il ne nous reste guère qu'à indiquer la manière dont ils se distribuent dans ces organes.