III. STRUCTURE DES POUMONS
se jette dans l'azygos; mais ce tronc n'existe pas toujours. Du côté gauche, c'est dans la sous-clavière et la thyroïdienne inférieure que se rend la veine bronchique principale (1).
Cette description des vaisseaux sanguins pulmonaires de Y homme est caractéristique pour la classe des mammifères,
[Les anthropotomistes ont signalé, dans leurs recherches, plusieurs circonstances remarquables, dont voici le résumé : i°le passage facile des injections des artères dans les veines ; 20 mais aussi dans les bronches; 3° la possibilité d'injecter les vaisseaux sanguins par les bronches ; 4* enfin , les embouchures d'un certain nombre de petites veines bronchiques, dans les ramifications de la veine pulmonaire. Cette dernière circonstance s'explique par la facilité que doit avoir le sang qui passe des artères bronchiques dans les veines, de conserver ou de reprendre, par sa proximité des canaux aériens , les qualités du sang artériel. ]
IL Dans les Oiseaux.
Les vaisseaux sanguins pulmonaires des oiseaux ne paraissent pas se distribuer différemment ; seulement il nous semble qu'ils s'y divisent moins, et que leurs ramifications y prennent plus immédiatement un petit diamètre [avant de fournir le réseau capillaire dans lequel se passe l'hématose ; je veux dire que ce réseau capillaire naît plus tôt des rameaux dont il est la continuation, et que ceux-ci sortent plus immédiate-
(1) Reisseissen, Dissertation citée, p. 26 et 27.
150 XXIXe LEÇON. ART. IL POUMONS DES VERTEBttÉS.
ment de leurs branchies, sans se diviser et se sous-diviser auparavant graduellement (1). ]
Dans cette classe et la précédente, tout le sang du corps devant passer parles poumons, avant de retourner aux autres parties, il fallait, d'une part, un grand nombre de vaisseaux pour lui livrer passage, et, de l'autre, une surface très-étendue sur laquelle ces vaisseaux pussent s étaler, pour y exposer à l'action de l'air les petites portions de sang qui les parcourent, et en même temps assez ramassée pour ne pas faire un trop grand volume. Voilà pourquoi les poumons des mammifères et des oiseaux ne semblent composés que d'un tissu inextricable de vaisseaux sanguins et de tubes aériens.
[ Le réseau capillaire sanguin des poumons des oiseaux se voit très-bien à travers la membrane mince qui forme leurs tubes aériens.
Cette membrane paraît tout unie à l'œil nu; mais, dès qu'on l'observe attentivement, à la loupe, on découvre, surtout après une injection heureuse, le réseau extrêmement fin des vaisseaux sanguins qu'elle renferme, et qui semble même former un relief à sa surface.
Nous devons faire remarquer encore les divisions extrêmement fines des vaisseaux sanguins pulmonaires superficiels, formant des pinceaux ou des houppes d'une grande beauté, qui s'étalent à la face verte-
(1) La figure 5 de la planche annexée à la Dissertation de M. Lereboullet Analomle Comparée de l'organe respiratoire dans /es animaux vertébrés, Strasbourg , 4858), fera comprendre notre pensée. On y voit l'artère pulmonaire se diviser en deux branches à l'instant où elle touche au poumon droit (dans le butor ). Des ramifications vasculaires extrêmement déliées sortent immédiatement de la branche postérieure, encore très-forte . de la bifurcation.