‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 2)Chapitre 86 sur 141 · III. Dans les Reptiles · texte numérisé non relu

III. Dans les Reptiles

À en juger par le diamètre des artères pulmonaires, les poumons des Reptiles ne reçoivent que le tiers, au plus , du sang qui circule dans ces animaux, et quelquefois beaucoup moins. Ainsi que nous l'avons vu dans la leçon précédente, la plus grande partie du sang qui revient au cœur n'a pas besoin de passer à travers ces organes pour retourner dans les différentes parties du corps ; il peut très-bien circuler par une autre route, parce qu'il n'était pas nécessaire qu'il fût soumis aussi fréquemment à l'action de l'air, que dans les deux premières classes. Il en est résulté deux grandes différences entre la structure intime des poumons des Reptiles : la première , que nous avons déjà annoncée, est que ceux-ci forment de grands sacs à parois celluleuses, au lieu d'être composés principalement d'un lacis de canaux aériens ; la seconde , dont la première n'est qu'une conséquence , est que les vaisseaux sanguins y sont bien moins nombreux. On sent que s'il y en avait eu davantage , ils n'auraient pu s'élaler assez sur la

(4) Une injection heureuse de ces vaisseaux, faite sous mes yeux, dans un poumon de garrot , les avait mis si bien en évidence, que j'ai cru utile de faire figurer cette disposition. Elle a été publiée fig. 3 et 4 de la planche annexée à la Dissertation déjà citée de M. Lereboullet.

15$ XXIXe LEÇON. ART. II. POUMONS DES VERTÉBRÉS.

surface des sacs et de leurs cellules, et que cette structure celluleuse n'aurait plus été convenable.

Les artères et les veines pulmonaires se ramifient donc sur les parois des sacs pulmonaires et de leurs cellules, de manière à y former un réseau à mailles généralement peu serrées.

[ Elles le sont cependant beaucoup dans les cellules pulmonaires d'une jeune tortue grecque que nous avons fait injecter, au point que les fils, extrêmement déliés, du réseau vasculaire , sont très-peu séparés, et colorent en rouge la plus grande partie de la surface de ces parois, dans les cellules où l'injection a bien pénétré ces vaisseaux.

Ces vaisseaux servent en même temps d'artères et de veines bronchiques ; car, dans les reptiles , on ne trouve aucun vaisseau particulier qui doive porter ce nom. C'est encore une conséquence de la manière dont se fait la circulation dans ces animaux, et de leur mode de respiration. Leur sang veineux étant bien moins différent de leur sang artériel que dans les mammifères et les oiseaux, se mêlant déjà dans le cœur avec le premier, celui qui va aux poumons par les artères pulmonaires n est pas impropre à nourrir ces organes. Cependant ces artères ne sont pas toujours les seules qui distribuent le sang aux poumons des reptiles.

Les Ophidiens nous offrent à cet égard une exception bien remarquable. Nous avons vu que le grand sac qui constitue le poumon de ta couleuvre, perdait les cellules de ses parois à deux ou trois centimètres au-delà de l'extrémité antérieure du foie, et que ces dernières étaient absolument simples dans le reste de leur étendue , qui est encore très-grande, puisque le fond du sac qu'elles

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