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ANALYSE DU SANG DK L'HOMME, PAR M. LE CANU

Sérum, Caillot,

Aiialjse. :

!« Analyse.

• "Analyse.

aP AnalvM.

Eau. t

Fibrine.

AUmiaino.

MatiCTf colorante.

Mati'.ie cristallisable.

Miitièro huileuse (acides oléique cl raargari-

quo. ilctidci).

Malii rt s exlractives solubles dans Talccol et

dans Terai.

Alliumlnc combinée à la soude.

Chloiuref? de sodium et de potassium. ^ Sous-carhoiiate,phosphale,sulfate nlkalins. )

r.arboiiale de chaux et de magnésie, \

Phosphate de chau\, de magnésie, de fer. >

Peroxidf" de fer. )

IVrlr.

La matière colorante se dissout dans l'eau et dans les acides faibles. Sa dissolution dans l'eau coagule par la ( îialeur et l'alcool comme du blanc d'œuf. Les différents réactifs avivent ou modifient les nuances de la couleur; ainsi le premier effet est d'abord obtenu par les alcalis caustiques, qui la brunissent ensuite.

Suivant Gmetin [Traité de Chimie), on peut en extraire le fer sans diminuer l'intensité de sa couleur.

(i) .4nniifcft fie Chimie ff fU- Pkysiijite. t. Xf, vnr, p. 808.

SECT. 1. ART. IV. PARTIES (MUiANIQL LS DU SAM'.. O /

Cette matière est riche en acide carbonique; de là sa propriété colorante.

D'après 5(T^e7«/s, loo parties de cette matière ont produit !,3 de cendres, contenant :

Carbonate et phosphate de soude o,5

Phosphate de chaux o,i

Chaux pure 0,2

Phosphate de 1er o,t

Oxide de fer • o,5

Acide carbonique et perte 0,1

Ses éléments seraient, d'après Micliaeiis (1) :

Carbone 5i,38

Azote i7?25

Oxigène 23, 01

Hydogène 8,55

Quant à la fibrine^ elle peut être considérée comm e une composition albumineuse, qui ne diffère de l'albumine que par sa forme organique.

Son élasticité est remarquable.

Elle se distingue de la fibrine des muscles, en ce qu'elle ne forme pas une gelée par la décoction dans l'eau; mais elle se contracte en une masse, que l'acide acétique change en une gelée transparente, qui devient soluble dans l'eau chaude.

Les acides légers la resserrent; les alcalis caustiques, même étendus, la dissolvent et s'en saturent; le chlorure mercurique forme avec la fibrine , comme avec l'albumine, une combinaison insoluble. Voilà pour-

ri) MM. Bcrsélius et T/ienarrf émettent, à la vérité, des doutes sur l'exactitude de ccttt analvfc èlcruentnirc. Trmfe <!e rhiwle de M. le haron Tiicoard, t. rv,

quoi M. Or fila a eu l'heureuse idée de proposer le blanc d œuf comme coiitrepoison de ce sel métallique.

1,3. matière grasse, dans l'état normal, ne trouble pas la limpidité du sérum, parce qu elle ne s'y trouve que dans la faible proportion de 1,02 — i,o4 pour 100, à l'état d'acide oléique, comme dans la fibrine.

Les analyses du sérum du sang qui nous ont paru les plus complètes sont celles du docteur Marcel et de Berzélius , auxquelles MM. ChÈvreni et Baudet (1) ont ajouté l'indication positive des différentes matières grasses.

Analyse du sérum du sang humain d'après

LE docteur MaRCET.

Eau 900

Albumine ^^^^

Chlorures de potassium et de sodium 6,6

Matière mucoso-extractive 4> ^ (lactate de soude impur de M. Berzélius)

Carbonate de soude 1 ,65

Sulfate de potasse o,55

Phosphate terreux 0,60

11 3^ a de plus des matières grasses en ])clitc quantité. M. Ckevreul a signalé dans le sang une matière grasse phosphorte. On y trouve :

La séroiine, La cholestérine, Les acides oléique et margarique,

: suivant Boudet.

a) Jnnulcr, lic ( himie et c/« Vliy-ut^ac. culiier â\nril 18G3.

sect. 1. art. iv. partjes okganiques du sang. ^9 Analyse »u sérum d'après Berzélius.

1000 parties de sérum contiennent :

Sérum de Sérum de lang

bœuf. humain.

Eau 9o5,oo 9o5,o

Albumine ou substance insoluble dans Teau et dans l'alcool 79>79 ^^,0

Substances solubles dans r alcool:

Albumine avec soude et lactate de

potassse 6,2 ) ^ ^

Chlorure de potassium 2,6) '

Matière extractive et lactate de soude 4»o | ^ ^.^

Chorure de sodium 6,0 ) '

Substances solubles dans l' eau seulement :

Séiuin lie Séiuiii de sang

bœuf. Lumaiu.

Soude carbonatée? \

Phosphate de soude > 1,5^ 4?^

Un peu de matière animale )

Porte 4j7^ ^»^

MM. Macaire et Marcel iiis (1) ont trouvé que le san^^ de ckien, de lapin, de cheval, de mouton, de bœuf, était à peu près composé des mêmes éléments que celui de l'homme, pourvu que ce fut du sang du même ordre de vaisseaux; mais que le sang veineux cujntenait un peu plus de carbone que le sang artériel ; l'un et l'autre renferment phjs d'a/.ote que le chyle.

(1) AnnaUs de Cliimie i( de Phytù/ue^ {. li, p. 371.

40 XXY' LEÇON. DU FLllDK JNOLUr.lClEK, ETC.

La quantité d'oxigène est à peu près la même dans le sang artériel que dans le chyle; mais elle est moindre dans le sang veineux.

Ajoutons à ces différentes analyses du sang, qu'un chimiste allemand annonce avoir découvert de l'acide titaniquc dansée liquide (i), et qu'on a trouvé de l'urée dans celui d'un chien auquel on avait enlevé les reins.

Toutes ces recherches, il faut l'avouer, sont encore bien bornées, puisqu'elles ne s'étendent guère au-delà de la classe des mammifères, dont elles ne comprennent même qu'un petit nombre.

M. C/ievreul (2) fait remarquer^ comme un des résultats les plusimportantsque la chimie ait fournis à la physiologie, que le sang contient la plupart des principes immédiats dont les divers tissus et les humeurs de l'économie animale sont formés :

i' La fibrine, base des muscles;

j** L'albumine, l'un des principes immédiats de la matière cérébrale et d'un grand nombre de liquides non excrémentitiels;

3" Le phosphate de chaux ;

4* Le phophate de magnésie ;

;V L'osmazome ;

6° La matière grasse du cerveau ;

'j" L'urée.

Ce savant a trouvé de plus dans le sang des enfants attaqués de l'induration du tissu cellulaire, une matière spontanément coagulabîe que contenait le sérum.

(1) M. Hcy, Journal de Chimie pratique, par MM. Erdmann et Schvveiger-

Bcitlei, vol. V, lyS.i, in-8.

(2) An mol S,:ii:; du Î)'C{. Jc^ Scicii'-c^ tif'lm-.A. kl, V 19^.

SliCT. I. AUX. 1\. l'Ain iKS ORGAMQL'KS DU SA^G. /i\

Et dans le sang des enfants alleinls à la fois de cette maladie et d'nn iclère , les deiuc principes colorants de la bile de Tlioninie et de plusieurs mammifères.

M. Félix Baudet (i) va plus loin : il annonce que la composition chimique du sang tend à démontrer que ce liquide contient tous les principes immédiats dont les divers tissus et humeurs de l'économie animale sont eux-mêmes formés; entre autres la graisse phosphorée du cerveau, ef les différentes substances qui, parleur réunion, constituent la bile. Ces propositions sont peutêtre trop absolues, trop précises. Les analyses de nos laboratoires, comme celles des organes sécrétoires, modifient de différentes manières les principes du sang, et nous les montrent, non pas tels qu'ils étaient dans ce hquide à l'état 'normal, mais après qu'ils ont subi ces modifications.

M. BerzéUus avait remarqué depuis long-temps (2) :

1° Que le fer ne devait'pas se trouver dans le sang à l'état d'oxide ;

2* Qu'il n'existait pas de sulfates dans le sérum du sang ;

5" Que l'acide phosphorique qu'on retire par l'incinération du sang, ne s'y trouve pas à l'état d'acide phosphorique.

Ces conclusions , qui diffèrent des analyses précédentes, ne sont pas généralement admises (5). Cependant les recherches, encore inédites^ que vient de faire M. Persoz, l'ont conduit aux mêmes propositions. Sui-

(1) Annales de Chimie et de Physique , avril 1833.

(2) Annales de Chimie cl do Physique, f. 88.

(3) Traité de Chimie, par M. le l)yron L. J. Thénard, 6* «dit. Paris, 183(>, t. v, p. 131.

4S XXV* LEÇON. DU FLUIDE NOUilRlClER, ETC.

vantce chimiste, le fer n'existerait pas dans le sangàTétat d'oxide. mais comme sulfo-cyanure. De même, ce serait le soufre et le sulfo-cyanure , et non les sulfates, qui entreraient dans la composition du sang. Il paraîtrait qu'ils ne se montrent dans lurine, avec l'urée, qu'après leur oxidation dans les reins, ainsi que nous le Terrons dans la leçon sur ces organes.

Dans les mêmes reclierches , M. Persoz s'est convaincu que le sang ne renferme pas de phosphates, mais du phosphore à l'état de combinaison.

Rien n'avancera plus la physiologie générale, à notre avis, du moins sous le rapport des fonctions importantes de nutrition , que des analyses multiplées du fluide nourricier dans la série animale.

11 faudrait d'ailleurs bien distinguer, du moins dans les animaux à circulation double, le sang artériel du sang veineux, et signaler, dans cette dernière catégorie, les caractères particuliers du sang que renferme la veine-porte lorsqu'elle existe.

Déjà on a trouvé celui-ci plus noir que le sang veineux ordinaire, surtout chez les animaux à jeun. Ce sang ne se colore pas en rouge par l'action des sels neutres, ni par l'influence atmosphérique, ni même par i'oxigèiie; il ne se coagule pas, ou bien il ne forme qu'un caillot peu coiisistant; il contient plus de substance grasse et moins d'albumine et de fibrine que le sang artériel, et même que le sang veineux des autres parties (i).]

(1) M. Scliullz, op. c/7., p. 157 et 158.

SECT. II. RÉSERVOlilS DU FLUIDE NOURRICIER. 43

SECTION II

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