SECT. IT. AKT. I. RKSERV. DU CIÏYLE ET DE LA LYMPHE
branos muqueuses, particulièrement clans les villosités des intestins grêles, où ils se prolongent et s'injectent de clijle opaque. Plusi(^urs anatomistes distingués admet lent qu'ils coaunencent par une embouchure. 6Vt//A'shancVix même figurée dans les villosités intestinales (i). D'autres anatomistes très-exercés, sans nier l'exactitude des observations précédentes, n'ontpula découvrir (2). D'autres enfm (5) pensent que les liquides passent dans les lymphatiques à travers leurs parois, par suite de leur spongiosité ou de leur porosité, et ils enseignent que leur origine se fait par des culs-de-sac, pour lesramuscules isolés, ou par des plexus fermés.
Aucun vaisseau lymphatique, un peu considérable, ne s'abouche dans les veines, que le canal thoracique qui se termine dans l'angle d'union des veines jugulaire interne et sous-clavière gauches; et le tronc lymphatique droit qui joint le même angle des vei|||s jugulaire interne et axillaire droites.
Mais d'anciennes observations des anatomistes des dix-septième et dix-huitième siècles, entre autres une de AifcAWpère, connue dès 1772, une autre de Meckei fils, publiée en 1787, dont les résultats ont été confirmés par les recherches de MM. Fokmann (4) , Lautli (5) et Elirmann (6), ont mis hors de doute que
(1) The anatoniy of the absorbent vessel. Lond., 1786, in-4. tab. 2, f. 3.
(2) M. Lauth^ ouv. cit., p. 598.
(3) M. Fohmann ; nous venons plus en détail son opinion à cet égard en parlant des lymphatiques des poissons.
(/)) M. Fohnionn, Recherches anatomiqncs Hur la liaison des lymphatiques nsçc tes veines. Heidelbeig, 'J82J, in-12. En allemand.
(5) Essai .sur les vaisseaux lymphatiquis. Strasbourg, 1824, in-4.
((i) Jtuifysii (les irovausc de i'^icadêmic royole des Sciences pendant 1(^29.
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des rameaux lymphatiques pouvaient s'insérer directement dans les rameaux veineux, soit hors des glandes, soit dans l(\s glandes lymphaliques ; de sorte que les veines deviennent, dans quelques cas, une partie des efférents de ces glandes. ]
B. Dans les animaux vertébrés.
L*opacité, la blancheur de ceux du mésentère des mammifères, surtout des carnassiers, au moment où ils sont chargés de chyle, les a fait découvrir de bonne heure, même avant qu'on les connût dans l'homme.
Par une raison contraire, la transparence du chyle dans les oiseaux^ les reptiles et les poissons, jointe au défaut de glandes mésentériques, a long-temps fait penser que ces trois classes d'animaux en étaient dépourvues, l^est bien prouvé actuellement qu'aucune n'en manque, et que dans tous les animaux vertébrés en général, l'absorption, qui peut aussi avoir lieu par les veines (i), n'est effectuée cependant que secondairement par cet ordre de vaisseaux ; mais qu'elle est surtout remplie par les lymphatiques.
Il n'en est pas de même des animaux sans vertèbres, qui ont un système vasculaire sanguin. On ne leur connaît point de vaisseaux absorbants composant un système parliculier. Ce sont les veines qui en font li-s fonctions, comme le prouvent des observations récî' fîtes faites sur plusieurs mollusques, et sur lesquelles nous reviendrons dans la leçon suivante.
(i) Ainsi que le prouvent les belles expériences de MM. Magcndlc et Dc'Uic. (Voy. Y Analyse (les travaux de rAcarlcmic des Scitnces pour l'annùe j8i^>, par M. f^urirr, srcrt'tnive perprfncl.)
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Les rapports des lymphatiques avec les ganglions du même nom paraissent déjà moins généraux dans les mammifères^ chez lesquels, comme nous leverronsbientot, ces ganglions sont plus rares. Nous venons de dire que presque aucun rameau lymphatique ne parvenait, dans y homme, au tronc commun, sans avoir traversé, au moins im, et souvent plusieurs ganglions. Dans les mammifères^ cette marche n'est plus aussi générale; un assez grand nombre de rameaux et de branches se glissent jusqu'au tronc commun sans rencontrer de semblables ganghons dans leur trajet, ou du moins sans s'y introduire ; cela a lieu bien plus souvent encore dans les oiseaux^ et paraît absolument général dans les reptiles elles poissons. [Mais il semble que les plexus apparents et déployés, d'autant plus nombreux qu'il y a moins de ganglions lymphatiques, remplacent les plexus cachés et roulés sur eux-mêmes, que ces ganglions renferment. ]
Très-nombreux dans tous ces animaux, ils a'y présentent presque aucune différence bien sensible dans leur structure intime.
Les parois en sont toujours très- délicates et garnies de valvules intérieurement, à des distances plus ou moins rapprochées; cependant les lymphatiques des poissons paraissent, suivant Hewson ^ dépourvus de ces replis , excepté à leur embouchure dans les V eincs.
Dans Vkomme et dans lés autres mammifères, leur disposition est telle, que les trois quarts de la lymphe sont versés à gauche par un tronc commun dans l'angle de réunion des veines jugulaire et axillaire de ce côté, ou dans la première de ces veines. Ce tronc £st
chargé exclusivement de la lymphe des extrémités inférieures, et de la très-grande partie des viscères du bas-ventre, et, en particulier, du chyle que lui apportent les lymphatiques des intestins. Le tronc lymphatique droit ne verse, dans la jugulaire droite, ou dans l'endroit de sa réunion avec l'axillaire, que le peu de lymphe qu'il reçoit d'une partie des lymphatiques du foie et du diaphragme, de ceux du poumon droit de de l'extrémité supérieure, de la moitié de la tête et du cou de ce côté.
Dans les trois autres classes des animaux vertébrés, les lymphatiques des viscères de la digestion et de la génération , ceux mêmes des extrémités postérieures, dans les oiseaux et les reptiles, se rassemblent dans un plexus, ou bien ils aboutissent dans un réservoir commun, duquel partent deux canaux thoraciques, à peu près de même grandeur, soit immédiatement, soit que leur séparation ne se fasse qu'après un court trajet, comme, dans quelques poissons.
Ceux des oiseaux se divisent et sous-divisent dans leur trajet, et forment des îles beaucoup plus fréquentes que ceux des mammifères. Ils se rendent, dans les reptiles et dans les poissons (i), à deux plexus, où se réunissent en dernier lieu les lymphatiques de tout le corps, et de chacun desquels part un petit canal trèscourt qui versé dans les jugulaires la lymphe recueilhe dans toutes les parties. Cette disposition ralentit beaucoup la marche de la lymphe, et supplée, jusqu'à un certain point, aux glandes lymphatiques dont ces ani-
(1) Nous verrons, dans l'article suivant, que cette description était trop généra- Jiséc et ne s'applique ni aux sélaciens^ ni aux malacoptérygUm npodes.
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maux sont dépourvus. Il en résulte même que le chyle, à peu près également partagé dans les canaux de chaque côté, se mêle plus intimement avec le liquide lymphatique des autres parties, avant d'être versé dans les veines jugulaires, dont chacune en reçoit une portion.