III. Description particulière des vaisseaux
ET des ganglions LYMPHATIQUES.
Après avoir donné une idée générale du système lymphatique, nous allons en faire une descripti(fli plus circonstanciée, quoique sommaire.
[Nous examinerons successivement dans les quatre classes des animaux vertébrés :
1* Les particularités de structure, d'origine et de distribution, ou d'arrangement et déforme dans les organes, que présentent les vaisseaux lymphatiques;
2** La marche et la disposition de ces vaisseaux dans
l'intervalle des organes vers leurs troncs principaux, et Ja disposition de ceux-ci. Ce § comprendra la description de leurs ganglions et de leurs plexus .
3" Nous examinerons enftn les terminaisons des vaisseaux lymphatiques dans les veines.
A. Dans i'Iwmme,
1". Structure^ origine et mode général de distrlbnthm ou d'arrangement des vaisseaux lymphatiques dans les organes.
[L'aspect noueux de beaucoup de lymphatiques provenant de leurs nombreuses valvules et de l'extensibilité do leurs parois, ainslque la transparence de cellesci, les distingue des filets nerveux; la lymphe ou le chyle dont ils sont remplis produisent des nuances ou une absence de couleur , qui les différencient encore des veines sanguines ou des artérioles.
Nous avons déjà dit que ceux de certains viscères , des poumons, du foie, de l'utérus, paraissaient dépourvus de valvules, à en juger du moins par la facilité avec laquelle on injecte leurs ramuscules, par leurs rameaux.
Leurs parois semblent plus résistantes que celles des veinules, et même des artérioles d'un calibre égal.
QuimiXkur origine, nous avons déjà annoncé que les anatomistes étaient partagés.
Lieberkuhn a vu les vaisseaux lactés des villosités intestinales commencer par une ampoule ovalaire , au sommet de laquelle le microscope montre un petit orifice (i).
(i) J. N. Liebcrkiilinj Disscrl. anat. phys. de fabiica cl aclionc villorura intesliiiorum hominis. Àmsldodamî, 1760.
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Ilaase, en pressant les lymphatiques de la peau du pied, a vu le uiercure sortir par gouttelettes à travers un pore qu*il a considéré comme rembouchure organique et naturelle de ce vaisseau (i).
Mascagni a fait une observation analogue sur les lymphatiques du cœur.
Cndkskank (tab. II, fig. 3) a représenté l'embouchure de ceux des papilles de l'intestin grêle.
D'autres anatomistes, qui n'ont pu découvrir ces mêmes embouchures, doutent de leur existence (2), ou la rejettent entièrement ; ils pensent que les vaisseaux lymphatiques sont fermés à leur origine (3) et absorbent les substances environnantes par les pores de leurs parois, au moyen du tissu lamelleux qui les entoure, (ceux de l'intérieur des organes) ; ou bien au moyen du tissu muqueux ou épidermique qui les recouvre (ceux des membranes muqueuses et de la peau) ; disposition organique qui leur donne la propriété d'une éponge.
Les vaisseaux lymphatiques forment , dans le tissu des organes, un réseau généralement très-fin, à mailles très-serrées, au point que Mascagni, exagérant la part qu'il a dans la composition du corps, pensait que la trame de tous les organes était formée uniquement de ces vaisseaux. Un second réseau paraît à la surface des mêmes viscères, sous leur membrane séreuse.
(ly De vasis culis et inteslinorum absorbentibus , etc., Anotat. anaîomicse. Lips. 1786.
(2) M. E. A. Laulh, BccJicrchcs sur divers puinls d'anulomic^ Mémoire de la Société d'Histoire naiur. de Strasbourg, t. i.
(3) Rue^lii, A. Mechcly et dernièrement MM. Brescbct et Roussel de T^anzème, dans leurs recherches sur les appareils tégumeniaircs des animaux. Annales des Sciences nrlur., 2* série, t. ii, p. 213, 307, 308.
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Dans les membres, il y a de même un plan profond de lymphatiques accompagnant les artères; puis un plan superficiel sous-cutané, rapproché des veines. ]
2\ Marche des vaisseaux lymp Italique s dans l'intervalle des organes y vers leurs troncs principaux^ et dispositions de ceux-ci.
a. Nombre et^ situation des ganglions lymphatique^.
[Pour bien concevoir la marche des rameaux, des branches et des principaux troncs du système lymphatique à travers les cavités viscérales ou les membres, il faut d'abord avoir une idée des différentes régions où l'on trouve des ganglions lymphatiques vers lesquels ils se dirigent. ]
Les ganglions sont assez généralement situés le long des gros troncs veineux. Les endroits où l'anatomie n'en a pas encore démontré sont les pieds et les mains, le dos et l'intérieur du crâne. [Le premier ganglion lymphatique que l'on rencontre aux extrémités inférieures est situé entre le tibia et le péroné, sur l'extrémité inférieure du ligament interosseux.] Au pli du genou, il y en a trois ou quaUx* sur les gros vaisseaux de cette partie ; au pli de i'aîne, ils sont distribués en deux couches, une superficielle plus nombreuse , lautre profonde qui l'est moins.
[Dans le bassin il y en a à tous les vaisseaux iliaques internes, sur les parties latérales de cette cavité ; d'autres sont placés au devant du sacrum dans le méso-rectum ; d'autres suivent les vaisseaux iliaques externes ; d'autres, enfin, sont rapprochés de la vessie umiaire et des organes de la génération.
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Ceux de la cavité abdominale occupent, les uns la répon lombaire de chaque côté, jusque sur les piliers du diaphrajAine; les autres sont autour delà veine-porte et de l'artère splénique. Les principaux, les plus considérables de tout le corps, sont situés entre les deux feuillets du mésentère. Quelques-uns, peu nombreux, se voient dans les mésocolons et les épiploons, surtout près de la grande courbure de IVstomac.] 11 y en a près des reins, sur les veines éniulgentes, sur le foie, le pancréas, la rate, l'estomac.
[Les ganglions lymphatiques de la poitrine se voient sur le péricarde , sur le diaphragme , autour du thymus, entre les muscles interrostaux, dans le médiastin postérieur, autour de l'œsophage et de l'aorte , au-devant de la division de la trachée artère , autour des bronches et même dans les poumons.
Dans les extrémités supérieures on en trouve surtout le long du trajet de l'artère brachiale, depuis le pli du' bras jusqu'à l'aisselle, où se voient des ganglions trèsdévcloppés.
Ceux de la tête et du cou occupent l'occiput, le derrière de l'oreille, la face interne de la glande parotide, l'arcade zygoma tique en dessous, le muscle buccinateur, le bord inférieur de la mâchoire; le trajet de la veine jugulaire externe, ce soiit les superficiels du cou ; celui de la reine jugulaire interne et de la carotide, ce sont les ganglions de la couche profonde de cette région. ]
b. Vaisseaux lympliaiiqucs des extrémités inférieures el du tronc.
Les ganglions placés au pH du genou et à celui de
Faîne sont les rendez -vous successifs des lymphatiques des extrémités inférieures, comme ceux de l'aisselle et du coude, des lymphatiques des membres supérieurs.
Les superficiels qui viennent de la plante du pied, du dos de cette partie, des orteils, passent tous, à mesure qu'ils montent, vers le côté interne de la cuisse, accompagnent de leurs troncs principaux la grande veine saphène ; ils se rendent, par trente à quarante troncs, à la partie supérieure et interne de la cuisse, dans les ganglions lymphatiques où viennent aboutir des lymphatiques des téguments et des muscles du bas-ventre , au dessous de l'ombilic ; ceux des fesses, de la verge et du scrotum dans l'homme, et des grandes lèvres dans la femme s'yrendent également. Les plus profonds , après avoir traversé les ganglions lymphatiques qui sont au pli du genou, suivent les vaisseaux sanguins, autour desquels ils forment des plexus, et se rendent aux ganglions inguinaux profonds situés sur la veine crurale. Quelquesuns de leurs rameaux s'en détachent pour s'anastomoser avec les superficiels; la plupart se rassemblent, au sortir des ganglions, pour accompagner, dans le bas-ventre, les vaisseaux cruraux, ou s'y introduisent avec eux sous l'arcade crurale. Les lymphatiques profonds de la verge traversent immédiatement cette arcade sans s'arrêter aux ganglions de l'aîne; ceux du testicule en totalité; ceux du clitoris et du vagin en partie , pénètrent dans le bassin par l'anneau inguinal.
Les rameaux nombreux , arrivés dans cette cavité, forment des plexus avec les vaisseaux lymphatiques de la vessie, des vésicules séminales , des prostates qui entourent particulièrement les vaisseaux sanguins, et traversent les ganglions du grand et du petit bassin et ceux
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des lombes. Ils sont joints encore par les lymphatiques des muscles de ces régions. A mesure qu'ils s'élèventdavantage, ils rencontrent des ganglions qu'ils pénètrent, se joignent à d'autres lymphatiques , et composent enfin, par leur réunion, les branches principales du canal thoracique. Ceux des intestins grêles, après avoir traversé les ganglions mésentériques ; ceux des colons , après s'être divisés dans ceux des mésocolons ; une grande partie de ceux du foie, particulièrement les profonds et ceux de sa surface concave ; les vaisseaux lymphatiques de l'estomac , du pancréas, de la rate, des reins et des capsules surrénales , se rassemblent autour de l'aorte et de la veine-cave , vis-à-vis des colonnes du diaphragme , forment des plexus qui embrassent le tronc cœliaque et l'artère mésentérique supérieure , auxquels se rendent en dernier lieu les branches rénales. Les ganglions situés sur l'aorte dans le même endroit et sur la veine-cave , ou plutôt les vaisseaux efférents de ces ganglions concourent également à former le tronc commun qui rassemble ces nombreux vaisseaux.
c. Vaisseaux lymphatir/ues de ta tête et du cou.
Les vaisseaux lympliatiqucs de la tête se rendent, soit aux ganglions couchés sur les parotides, sur le buccinateur, le long de la veine faciale ou du bord inférieur de la mâchoire, ce sont ceux de la face, du nez, de la langue, etc. ; soit aux ganglions placés à l'endroit de réunion des branches de la jugulaire, ceux du péricrâne , de l'arachnoïde, de la dure -mère; et de là ils descendent le long du ad, en suivant les jugulaires,
passent successivement par plusieurs des ganglions qui avoisinent les veines , se joignent aux vaisseaux qui viennent du pharynx et du larynx, reçoivent quelques rameaux de Tintérieur de la poitrine et des glandes axillaires; ceux du côté gauche se rassemblent en un ou deux troncs principaux qui s'ouvrent dans le canal thoraciquc près de sa terminaison et dans la sous-clavière. Les lymphatiques du côté droit se rendent, de cette région, à la branche commune qui vient des ganglions axillaires, ou s'insèrent, séparément de cette branche, dans l'angle que forment la jugulaire et la sous-clavière.
d. Canal thoracique gattche, ou tronc principal des lymphatiques.
Ce tronc , formé de cinq à six branches principales, commence vis-à-vis la troisième ou la deuxième vertèbre lombaire, par une ampoule arrondie ou oblongue connue sous le nom de cysterne du chyle ou de réservoir de Pecquet. Située entre les piliers du diaphragme , cette ampoule se resserre bientôt, devient cylindrique, prend alors plus particulièrement le nom de canat thoracique, et s'élève dans la poitrine entre le pilier droit du diaphragme et l'aorte.
Parvenu ainsi dans la cavité thoracique, il est d'abord à droite de l'aorte longeant la colonne vertébrale entre cette artère et la. veine azygos. Il se détourne à gauche vis-à-vis la sixième, la cinquième, ou même la quatrième vertèbre dorsale, parvient au-dessus de la sousclavière de ce côté ; monte le long du cou jusqu'à la dernière, ou jusqu'à la sixième vertèbre cervicale; se
s;i:cT. n. vMT. 1. KiiStKv. i>t chyli: i>i: i.,\ lymphi:. H]
rélléchit de là derrière la jugulaire gauche , et se porte dans l'angle qu'elle fait avec la sous-clavière. Le canal tlîoracique reçoit, pendant son trajet dans la poitrine, une partie des vaisseaux lymphatiques de cette cavité, qui joignent la partie supérieure de ce canal aprè« avoir traversé les ganglions bronchiques.
Enfin, il est joint, avant sa terminaison, par les lymphatiques superficiels, du côté gauche du dos et de la poitrine, par ceux du bras, du cou et de la tête de ce côté.
e. Lymphatiques des extrémités supérieures.
Les lymphatiques des extrémités supérieures aboutissent par un grand nombre de branches dans les glandes de l'aisselle; les profonds, qui accompagnent les artères, n'y parviennent qu'après aroir traversé quelques petites glandes qui se trouvent au pli du coude. Les superficiels forment sur le dos de la main un plexus assez compliqué. Les uns et les autres communiquent entre eux au pli du coude. Ceux de la partie inférieure du cou, ceux du dos, la plupart de ceux des téguments et des muscles de la poitrine, et de la partie supérieure et antérieure des téguments du bas-ventre, pénètrent aussi dans ces glandes; leurs vaisseaux extérieurs se rassemblent en deux ou trois branches, puis en un seul tronc, qui passe derrière le muscle sous-clavier et se recourbe en arc pour s'approcher de la veine de ce nom.
f. Canal thoracique droit ou grande veine lymphatique
droite,
La branche principal^ correspondante qui réunit les
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vaisseaux lymphatiques de la tête, du cou et de l'extrémité supérieure du côté droit, rassemble une partie des lymphatiques de la poitrine du même côté et de la moitié droite du diaphragme, et forme, par leur réunion, un tronc assez considérable, mais fort court, qui est proprement le canal thoraciqiie droit.
3°. Terminaisons des vaisseaux lymphatiques,
[La principale est l'embouchure du canal thoracique gauche dans la veine sous-clavière de ce côté, tout près de sa réunion à lajugulaire.il y a deux valvules, à cette embouchure, qui empêchent l'entrée da sang veineux dans ce canal. Quelquefois il se divise en deux branches, dont la gauche se termine comme nous venons de le dire, et la droite va s'ouvrir dans la sous-clavière droite, soit directement , soit par l'intermédiaire du canal thoracique droit.
Celui-ci a son embouchure dans Tangle de réunion de la jugulaire et de la sous-clavière droites.
Quelquefois les branches lymphatiques principaîes qui sortent des glandes de l'aisselle se terminent directement dans la veine axilîaire, ou dans la jugulaire correspondante , et elles ne se réunissent ni au canal thoracique du côté droit, ni à celui du côté gauche.
Il en est de même des lymphatiques de la tête et du cou, qui peuvent aussi aboutir séparément dans la veine sous-clavière.
Les branches efférentes des ganglions bronchiques ou trachéens, auxquelles se rendent les lymphatiques des poumons, se terminent, en moindre nombre, dans le canal thoracique droit, et, en plus grande partie, dans