‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 22 sur 92 · SECT. II. ART. I. RÉSERV. DU CHYLE DE LA LYMPHE · texte numérisé non relu

SECT. II. ART. I. RÉSERV. DU CHYLE DE LA LYMPHE

le canal thoraciqiic gauche, ou clans la veine jugulaire interne, ou dans la sous-clavière de co côté.

Ainsi l'immense majorité de la lymphe et du chyle est versée par les principaux troncs du système des vaisseaux lymphatiques, dans les veines supérieures les plus rapprochées du cœur, après la veine cave.

Nous avons déjà dit, dans les généralités sur le système lymphatique , que les anthropotomistes admettaient des communications plus directes entre les ramuscules lymphatiques et veineux ^ soit hors des ganglions, soit dans les ganglions lymphatiques. Nous verrons successivement des exemples bien démontrés de ces communications, dans les vertébrés ovipares.]

B. Dans les mammifères,

1 °. Structure , origine et arrangement des lymphatiques dans les organes,

[Nous ne connaissons pas d'observations qui indique des différences de structure entre les vaisseaux lymphatiques des mammifères, et ceux de l'homme. Seulement la structure fibreuse des parois de leurs gros troncs est plus évidente dans les grands mammifères, et ces fibres sont considérées .par quelques anatomistes comme de nature musculeuse.

L'origine des lympatiques a été étudiée comparativement dans plusieurs mammifères, soit à la peau, soit dans la muqueuse intestinale, et particulièrement dans les papilles.

Hedwig[\) représente, entre autres, comme Lieber-

(1) Disquisitio ampullarum Lieberkuli nii j)bysico-microscopica. Lipsiae, 1797.

Gi XXV* LT-ICON. DL' FLUIDE NOlTtRlCItr.. ETC.

kûlin, les ampoules des villosités intestinales dans Vlioîiime, le chien ^ le chat, la soiirls , le cheval et le veau ; mais il n'a pu en voir les orifices que dans celles de l'homme et du cheval.

Rudolphi n'a pu découvrir ces orifices , malgré les recherches multipliées chez beaucoup de mammifères (i). ]

2". Distribution des vaisseaux lymphatiques hors des organes.

Les principales différences que l'on observe dans la distribution et la marche des vaisseaux lymphatiques hors des organes , tiennent en partie à quelques variétés dans la distribution des ganglions et se trouvent, pour l'autre partie, dans l'origine, la marche et la terminaison du canal thoracique.

a. Différences principales dans les ganglions lymphatiques.

Il est très-fréquent, comme nous l'avons déjà dit, de rencontrer les ganglions lymphatiques du méseiitère réunis en uujc seule masse vers laquelle co]ivergent tous les vaisseaux lymphatiques du canal intestinal; ou du moins sont -ils rassemblés souvent en une masse principale, près de laquelle sont placés d'autres groupes plus petits.

[Dans les s//2^é's les ganglions lymphatiques sont nombreux et très-dispersés comme dans l'homme. Les lémuriens les ont plus rapprochés ; les insectivures les ont plus

{4) ^l^lans;es d' Àuaiomie et de yUyiiohgl^t Bei^in* d$0^« (En aUemaBd)

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rassemblées (la taupe) quand ils sont plus exclusivement carnassiers; ou plus séparées, quand ils sont aussi frugivores (\e. hérisson). jDans Vours , le plialan^cv brun^ etc. , les ganglions lymphatiques ne forment qu'un seul groupe ; dans la belette il y en a deux; dans le cliien, le cliat, le lion, le darjphin, il en existe un principal, le Y)vc{cndu pancréas, sui\ suit ^zellius, près duquel il y en a d'accessoires. Dans le galéopithèque, dans les rongeurs, et particulièrement dans le rat vulgaire, dans les pachydermes, les tardigrades^ les ruminants, ils sont séparés, quoique les principaux soient toujours plus ou moins rapprochés de la naissance du mésentère.

JNous croyons pouvoir tirer la conséquence, de ce petit nombre d'exemples que nous pourrions multiplier, qu'il paraît y avoir un rapport entre l'arrangement des ganglions lymphatiques des mésentères et celui du canal intestinal, et qu'ils paraissent, en général, beaucoup plus dispersés dans les animaux qui ont de longs et de gros inte^ins, et par conséquent dans les herbivores^ que dans les carnassiers.

b. Différences dans la disposition des principaux troncs*

Quant aux différences que présente Iç canal thoracique, nous ne nous arrêterons pas à les détailler. Assez souvent il commence par une ampoule, ou dilatation plus ou moins grande et irréguhère, dans laquelle viennent se terminer les vaisseaux lymphatiques à^s extrémités inférieures , et ceux des viscères abdominaux. Cette ampoule était placée, dansun lion où nous l'avons observée, au-dessus du rein gauche, vis-à-vis de sa partie antérieure. Elle manquait dans le dauphin^ chez lequel 6. 5

66 XXY* tEflON. Ï)U FT.LÎDE NOIP.BÎCTER, ETC.

le canal thoraciquc était beaucoup plus compliqué dans sa marche que dans l'homme, et se divisait , avant sa terminaison, en deux branches principales qui s'ouvraient à côté lune de l'autre dans la veine jugulaire

gauche.

[On voit souvent sortir de la citerne lombaire deux troncsdistincts, qui s'avancent surlesdeuxcôtésdu corps des vertèbres , s'envoyent des branches transverses de communication et s'écartent l'un de l'autre en avant de lapoitrine, pour gagner les sous-clavières droite et gauche, et s'y terminer , après s'être encore séparés en deux ou trois branches (i).

Dans le phoque, l'existence des vaisseaux chylifères efférents des glandes mésentériques, qui avait été niée par MM. Tiedemann et Folimann, a été constatée par M. Knox[2), Leurs branches se réunissaient en un tronc principal qui contribuait à former un très-large réservoir du chyle. Il en sortait un canal thoraciquc large et droit, se terminant au confluent des soys-clavière et jugulaire gauches.

L'existence des chyHfères efférents et leur communication, d'un côté avec les afférents, de l'autre avec le canal thoraciquc, a été constatée par le même anatomiste dans le dauphin^ comme elle l'avait été dans la baleine. ]

3. Terminaison des lymphatiques dans les veines. [Des anatomistes célèbres afiirment avoir vu la

(i) Messis aureaexhibensû wa/om/ca, etc. Heidelbergae, 1659. (è) Edinb. Med. and surg. Joitrnaf, U july 1824.

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coLnniunicatioii ininiédiate des cbylifères cffércnts des glandes mësentériqiios, dans les veines du mésentère, et celle d'autres lymphatiques , avec les nveines des reins.

M, Knox n'a pas trouvé cette communication dans le p/iocffic ruigaire ni dans le dauphin.

M. J. M aller (i) ne l'adopte pas dans l'homme, ni dans les mammifères, et pense que la lymphe et le chyle n'arrivent dans le système veineux, que par les principaux troncs lymphatiques, qui versent ces liquides dans les veines sous-clavière ou jugulaire.

Nous pensons qu'on peut en trouver la raison physiologique dans la nécessité, pour les chylifères du moins, d'éviter la veine porte, et de transporter la lymphe et le chyle dans le système veineux au-delà de cette veine, dont le sang est suffisamment, chargé d'éléments propres à la sécrétion de la bile. La graisse du chyle et ses autres éléments auraient exagéré cette sécrétion, et diminué, dans une trop grande proportion, le fluide réparateur du sang , avant qu'il eût été suffisamment animalisé.]

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