‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 28 sur 92 · C. Des, artères du bassin et des extrémités postérieures · texte numérisé non relu

C. Des, artères du bassin et des extrémités postérieures

Deux artères analogues aux fémorales profondes se détachent de l'aorte à la hauteur du bassin , se portent directement en dehors, fournissent une artère analogue à ïépigastrique , sortent au-dessus de lu cavité coty-

loïde, et vont se distribuer aux muscles extenseurs et adducteurs de la cuisse.

Après avoir fourni ces deux dernières artères , l'aorte descendante continue de longer la colonne vertébrale, s'enfonce un peu dans le bassin, et se divise en deux grosses branches qui sont proprement les fémorales ou a-urales. Celles-ci se portent en dehors , envoyent un rameau considérable , /a rénale proprement dite , au grand lobe du rein (i), sortent du bassin par réchancrure ou le trou ischiatique , donnent au même moment les analogues de Visckiatlqae et de Viliaque postérieure, se joignent au grand nerf ischiatique , et raccompagnent jusqu'à ce qu'elles deviennent artères po-

plilées.

Peu avant sa division en fémorale, l'aorte postérieure donne la mésentérique postérieure , petite artère dont les rameaux ne se rendent qu'à la partie la plus reculée du rectum et au cloaque, et qui naît quelquefois, beaucoup plus en arrière, de la suivante.

La sacrée moyenne est une artère considérable , qui est proprement la continuation de l'aorte. Elle se porte en arrière sous la partie moyenne du sacrum , en fournissant à cet os de petits rameaux , et se termine , ainsi que nous l'avons déjà dit, sous la dernière vertèbre de la queueenformantune arcade dechaque côté, dontles ramuscules sont les collatérales des pennes de la queue. ^' A peu près vis-à-vis de la cinquième vertèbre sa-

(1) Il y a dans la poule deux artères rénales , dont Tune est un tronc commun qui fournit uiiebranche ii l'oviductus. Dans d'autres oiseaux, deux rénales, Tune antérieure, l'autre postérieure, naissent séparément, mais vis-à-vis l'une de J'autre de la fémorale. (Voir Barhow, op. cit., pi. ix, f. 20, h (ç, pour leg'r^^f.)

l90 XX\* LEÇON. SECT. ÏTI. RESERVOIRS Ï)U SANG.

crée , cette artère produit deux ran:ieaux considérables qui se distribuent particulièrement au cloaque et au rectum ; ils répondent, en partie, aux artères hémorrboïdales moyennes des mammifères.

Nous avons suivi les artères de la cuisse jusqu'à la jpoplitée; celle-ci descend obliquement en dehors , derrière lextrémité inférieure du tibia , et forme une courbe dont la convexité est en haut. De cette convexité partent des artères analogues aux articulaires. Ensuite la poplitée parvient dans la rainure que forment, par leur rapprochement, les deux os de la jambe, fournit la nourricière (i) du tibia; puis une artère moins considérable qui suit la face interne et postérieure de cet os, et se perd sur sa portion inférieure. Après avoir donné ces bran<;hes , la poplitée devient tibiale antérieure, en passant sur le devant de la jambe, vers la fin du tiers supérieur de cette partie. Elle descend le long de la face antérieure du tibia, envoie des rameaux aux muscles antérieurs de la jambe , et se divise quelquefois (dans le dindon^ par exemple (2)), en beaucoup d'autres ramuscules , dont le nombre augmente à meisure que l'artère descend, et qui forment autour de son tronc principal un plexus considérable, analogue à celui décrit dans les paresseux et les loris. La plupart de

(1) D ans le coq ce n'est qu'à l'instant où elle se porte sous la face antérieure du tibia qu'elle donne l'artère nourricière.

(2) M. Barhow (op. cit., p. 451) a vu l'artère tibiale antérieure (dans le héron) se résoudre presque en totalité dansce réseau. Dans Yoieet le grèbe il y a un fort plexus autour de cette artère. Dans le coq il n'y a que quelques rameaux artériels qui sent des traces évidentes du plexus développé dans d'autres espèces. La pintade est comme le coq, suivant M. Frolick {Disquisitio anatomico-physiologica de pecuUari arleriarum extrcm'Uatum in normuUis unimalibus dispositione, Amslelodami, 1826.

ces ramuscules se réunissent de nouveau à ce dernier , avant son passage sous le ligament annulaire où, dans ce moment-là, elle donne plusieurs ramcauxarticulaires. Au-delà de ce ligament, la même artère [fournit une branche perforante qui traverse Tos métatarsien , et devient artère plantaire, puis une récurrente articulaire ;] ensuite elle continue de descendre, reçue dans une rainure de la face antérieure de cet os, qui remplace le tarse et le métatarse.

[Dans son trajet, elle produit plusieurs petites branches artérielles qui restent collées à son tronc et s'y réunissent de nouveau; en un mot, qui forment une espèce de plexus. Une autre s'en sépare pour se porter au doigt médius, dont elle devient la collatérale interne, après s'être anastomosée avec la collatérale externe du second doigt.

Un peu au-dessus des deux poulies externes du même os , elle donne une branche plantaire qui s'enfonce entre ces deux poulies; qui, dans d'autres cas, traverse un canal de ces os, avec le tendon de l'adducteur du quatrième doigt , ef passe à la face plantaire du pied.

Enfin l'artère tarsienne se bifurque pour se terminer en deux collatérales, l'externe du médius et l'interne du petit doigt.

L'artère tarsienne plantaire^ branche perforante supérieure de la tarsienne dorsale , descend derrière l'os du métatarse, et ne tarde pas à se séparer en deux rameaux qui aboutissent successivement dans une arcade que forme la perforante inférieure de la tarsienne dorsale.

De cette arcade naît la collatérale interne du pouce; une collatérale externe pour le second doigt , qui s V

192 XXV' LEÇON. 1)U*FLIIDE NOURÏUCIER, ETC.

nastoœose avec la collatérale déjà décrite de Tartère métatarsienne dorsale.

La collatérale interne du doigt externe provient de la branche extérieure de la tarsienne plantaire.

La disposition des artères du pied des oiseaux dont nous venons de faire la description détaillée d'après le coq , est sujette à plusieurs variations (i). ]

En général , c'est de la tibiale antérieure que viennent toutes les artères des doigts , du tarse et du métatarse, et des muscles de ces parties. Elle fournit, outre cela , la plupart de celles de la jambe , de même que la cubitale produit la plus grande partie de celles de l'aile.

§ y. Des artères pulmonaires.

Les artères pulmonaires ne sont pas aussi grosses, relativement aux artères du corps, que dans les mammifères. Elles ont même, dans la plupart des cas, un plus petit diamètre que les sous-clavières.

[Leurs parois sont aussi moins épai^i^es que celles de l'aorte. Ces deux artères sont les branches d'un seul tronc fort court, qui naît, comme dans les mammifères , de la partie gauche du ventricule droit.]

Il résulte, de cette description abrégée, que les principales différences entre les artères des oiseaux et celles des mammifères , relatives à leurs division et distribution , se voyent: i° dans le tronc des artères du corps, qui se divise, presque dès sa naissance, en trois bran-

(1) On pourra en voir nue partie dans Texcellent mémoire de M. Barkow^ déjà rite plusieurs fois.

ches principales , que l'on pourrait regaiciet coiuaie trois aortes.

a**. Dans la division de l'aorte postérieure qui ne fournit pas proprement d'hypogastrique, ni d'iliaque externe (i).

3^ Dans la naissance des artères des extrémités postérieures, qui ne sortent pas d'une seule branche analogue à l'iliaque externe des mammifères ; mais de deux artères qui se détachent successivement de l'aorte à une assez grande distance l'une de l'autre , et sortent du bassin par deux endroits très-diflerents.

4°. Dans la disposition des artères des quatre extrémités, qui ne forment point d'arcades, comme dans beaucoup de mammifères, avant d'aller se distribuer aux doigts (2).

[Nous ajouterons :

5°. Que l'aorte des oiseaux , ainsi que l'observe M. Barkow, se fléchit du côté droit, et contourne la bronche de ce côté , tandis que celle des mammifères se fléchit à gauche et se voit de ce côté de la colonne vertébrale.

6° Que leurs artères vertébrales se terminent dans Tartère occipitale.

7" Qu'elles ne concourent pas conséquemment à composer l'artère basilaire, qui naît ici uniquement de la réunion des deux carotides.

(1) Les variations que nous avons indiquées dans les mammifères diminuent de beaucoup l'importance de cette différence, et celle du caractère qu'on pourrait en tirer pour distinguer les deux classes.

(2) Nous avons vu, dans les additions à cet ancien texte, que l'on rencontrait des arcades chez plusieurs oiseaux, et qu'elles manquaient chez plusieurs mamjnifères,

194 XXV* LEÇON. SECT. ïli. BÉSEfiVOIHS DU SANG-

8** Remarquons encore la tendance à la division en plexus que présentent certains troncs, ou certaines branches artérielles des oiseaux ; d'où résultent un plexus facial, un ophtalmique ou ciHaire; un palatin 5 ou un maxillaire , un tibial , un tarsien. A la vérité , tous ces plexus ne sont pas également développés, ou n'existent pas simultanément dans le même oiseau ; mais ils sont généralement plus rares dans les mammifères.

Il paraîtra singulier que M. Carliste leur attribue, dans ceux-ci, le ralentissement de lactivité musculaire; tandis que M. Vrolick pense que, dans les oiseaux, ils doivent augmenter cette activité.

9** INous o bserverons enfin la tendance que plusieurs branches artérielles paires ont à se réunir sur la ligne médiane , pour n'en plus former qu'une seule analogue à la basilaire des mammifères : cela se voit surtout pour les artères linguales et les palatines.]

§ yi. Des principaux vaisseaux artériels des reptiles en général^ et particulièrement des artères du corps.

Cette distribution varie dans les quatre ordres de cette classe , comme la structure du cœur et beaucoup d'autres circonstances d'organisation. Elle s'écarte plus dans celui des batraciens que dans les trois autres , de celles que nous venons de décrire dans les mammifères et les oiseaux.

Dans les batraciens, toutes les artères naissent d'un tronc unique, et n'ont par conséquent qu'une seule embouchure au cœur. Dans les trois autres ordres, il y a toujours deux aortes distinctes, avec une embouchure

séparée , et une troisième artère destinée exclusivement aux poumons*

A. Dans les c hé Ioniens,

Les deux aortes forment, avec l'artère pulmonaire, trois troncs soudes ensemble pendant un court espacé. Le tronc des artères du corps réunies commence à l'extrémité droite de la base du cœur; elles se séparent presque aussitôt pour prendre la position et le caractère , l'une de l'aorte postérieure droite , et l'autre de l'aorte postérieure gauche.

a) De l'aorte droite antérieure et de ses divisions,

La première de ces artèreg fournit, peu après sa naissance, une autre artère considérable qui pourrait être appelée aorte antérieure. Celle-ci ne tarde pas à se bifurquer, et chaque branche qui en résulte se sousdivise en deux autres dont l'interne , beaucoup plus petite , est la carotide commune , et l'externe la sousclavière,

[Cette sous-division n'est pas absolument symétrique; du côté gauche elle a lieu immédiatement après la première division, et du côté droit, après un court trajet de la branche de ce côté.]

b) Artères qui naissent de la sous-clavière.

La sous-clavière fournit à peu près les mêmes branches que celles qui naissent des artères de ce nom dans les mammifères , excepté qu'il n'y en a pas d'analogue à la thyroïdienne inférieure.

[Celle du côté gauche, dans la toi^tue franche, prend

196 XXV* LEÇON. SECT. lïl. JlÉSERvOmS DU SANG.

d'abord sa direction de dedans en dehors, et produit , dans ce premier trajet, un tronc fort court, dont la branche intérieure est, i° une artère analogue à la thyroïdienne inférieure des mammifères , qui se rend dans une petite glande très-vasculeuse et caverneuse située au bas du cou.

2** La cervicale commune^ qui s'avance sous le cou, plus en dedans et plus inférieurement que la carotide, et distribue ses rameaux aux muscles et aux autres organes de la face inférieure du cou.

3** Une petite artère qui se rend au muscle sous-clavier.

La sous-clavière se bifurque ensuite et produit : une branche ascendante plus considérable ; et une branche de moindre cahbre qui continue de se porter en dehors.

4° De la branche ascendante qui se dirige en même temps en dedans, vers l'épine , naissent:

a) L'artère cervicale supérieure ( la vertébrale de Bojanus) qui se distribue aux muscles de la région supérieure du cou , produit quelques ramuscules spinaux, et se confond avec la cervicale récurrente.

ê et y). Deux petits rameaux spinaux pour les vertèbres du cou.

ô) Une branche intercostale qui se divise pour les deux premières intercostales.

7)) Enfm elle se contourne en-dessous et en bas pour former l'anologue de la mammaire interne, laquelle suit le bord extérieur de la carapace d'avant en arrière , reçoit successivement les intercostales à mesure qu'elle passe à leur hauteur , et se continue en arrière avec l'épigastrique.

5" La branche extérieure , continuation de la sous-

ART. l. DES ARTÈftES. 197

clavière, fournit plusieurs artères scapulaires qui se rendent aux muscles de l'épaule.

6" Enfin l'artère sous-clavièr e donne un rameau considérable au grand pectoral, et se contourne immédiatement de bas en baut, derrière les muscles de l'épaule, pour devenir artère axillaire,]

c) De r axillaire et de la brachiale.

[Dans la cliéloné franclie^ la première artère que produit l'axillaire est une artère ascendante qui se rend au grand dorsal.

Après avoir donné plusieurs autres artérioles au même muscle et à ceux de l'épaule , cette artère atteint le côté interne de l'bumérus et devient proprement artère brachiale.

Cette dernière donne immédiatement trois brandies qui m'ont paru les analogues des circonflexes et de la bracbiale profonde.

Ensuite elle descend, singulièrement diminuée, jusque dans le pli du coude , où elle se divise en deux faibles rameaux, la radiale et la cubitale , dont la petitesse est proportionnée aux petites dimensions des muscles , ou des autres parties de l'avant-bras et de la main.

Dans Vemy de d'Europe, V axillaire , telle que nous la déterminons, ne fournit aucun rameau remarquable, avant de devenir artère bracbiale. Celle-ci descend le long du bord extérieur du bras , et se sépare en deux branches , dans le pli du coude , l'une qui répond à la Cfibitale , l'autre à la radiale (Vintcrosseusc de Bojanus).

La première forme dans la face palmaire du pied d(*

f9S XXV* LEÇONS. SEGT. III. RÉSERVOIRS DU SANG.

devant, Tautre à la face dorsale de ce même pied, une arcade distincte d où partent quatre artères collatérales qui se bifurquent , comme à Tordinaire , pour se distribuer aux côtés correspondants des doigts voisins (i).]

d) Des artères du cou et de la tête,

La carotide commune s'avance sur les côtés du cou , cachée par les muscles qui vont à lliyoïde, envoie à mesure des rameaux à l'œsophage et aux muscles voisins, et parvient à la tête, aux parties de laquelle elle se distribue, sans se diviser auparavant en deux branches principales, semblables aux deux carotides des mammifères.

[Cette différence tient sans doute à l'exiguité de Tencéphale des tortues. Ajoutons que la moindre importance de la carotide interne, qui n'est ici qu'une branche subordonnée de la carotide externe , n'est point compensée, comme dans quelques mammifères , par une vertébrale plus considérable, les clié Ioniens n'ayant pas de vertébrale proprement dite .

Cette dernière circonstance n'étonnera pas , si l'on se rappelle que, dans les oiseaux, nous avons déjà montré la vertébrale , ne se distribuant , pour ainsi dire, qu'aux muscles du cou, aux vertèbres de cette partie , et à la moelle rachidienne , et ne fournissant dans le crâne, tout au plus qu'un ramuscule qui se distribue entièrement dans la moelle allongée.

Comme dans les oiseaux, la carotide interne des tor^ tues nourrit toutes les parties de l'encéphale.

(1) \o\T Bojanus, op. cit., pU xxiv, f. 118 el 119, v. W.

ART. r. DES ABTÈRES. 199

Il y a une communiquante postérieure qui forme , avec sa symétrique (i), une artère basilaire, qui devient, en se prolongeant en arrière , sous la moelle, artère spinale médiane inférieure. Cette artère impaire produit, presque dès sa naissance, par deux racines successives, une spinale latérale supérieure (2), également récurrente.

La carotide externe^ qui est le tronc principal des carotides, a dans sa distribution lapins grande analogie avec la carotide externe des mammifères. Nous ferons remarquer seulement qu'après avoir fourni la linguale^ cette artère pénètre dans la fosse temporale , à travers le canal carotidien externe , et qu'elle s*y bifurque en deux branches principales , Tune antérieure et l'autre postérieure. Celle-là appartient exclusivement à la tête, et remplace à la fois la maxillaire interne et la temporale des mammifères avec leurs nombreuses ramifications.

La branche postérieure de la carotide est une artère occipitale dont le rameau cervical tel qu'il existe dans l'homme , aurait pris ici un grand développement ; de sorte que cette occipitale est transformée en cervicale récurrente. Elle se porte en arrière sur toute la partie supérieure du .cou , distribue ses rameaux aux muscles de cette région , aux vertèbres et à la moelle , et se confond avec la cervicale supérieure ascendante , qui vient de la sous-clavière (3). La quantité de sang qui se distribue à la moelle du cou, par les cervicales

(1) Qu'on me permette ce terme, qui veut dire ici celle du côté opposé.

(2) Bojanus, op. cit., pi. xxi, fig. 91, x, y, z.

(3) Bojanus, op. c, pi. xxiv, fig. 119, 5, 6.

âOO XXV' LBÇON. SECT. III. RESERVOIRS DU SANG.

récurrente et ascendante, et la carotide interne, est très-remarquable. ]

e) De l'aorte droite postérieure^ et premièrement des artères du tronc quelle produit immédiatement.

Les deux aortes postérieures s'avancent d'abord chacune de leur côté en se portant en dehors et en haut, puis se recourbent en arrière, se rapprochent l'une de l'autre , et se rejoignent à peu près vis-à-vis de la cinquième vertèbre dorsale, par une artère communiquante que l'aorte gauche envoie à la droite. Mais, avant de recevoir cette artère, l'aorte droite fournit à la carapace plusieurs branches qui répondent aux premières intercostales (i).

Après cette même artère communiquante , l'aorte droite s'étend le long de la colonne vertébrale jusqu'au bassin, et fournit, dans ce trajet, les artères suivantes : i^cinq artères de chaque côté, analogues aux intercos^ taies ; ^^ les spermatiques ; 3°plusieurs rénales de chaque côté ; 4" plusieurs petites lombaires ; 5** une petite artère analogue à la mesentérique postérieure qui se distribue au cloaque. Enfin l'aorte droite postérieure se terminait par quatre branches, dans les individus de la tortue grecque que nous avons disséqués : i** la première à gauche, était Viliaque externe de ce côté ; venait ensuite 2" Viliaque interne, et, vis-à-vis, 3° Viliaque primitive du côté droit; entre ces deux dernières naissait 4** la cctu-^ dale, analogue u la sacrée moyenne.

[INous avons trouvé de même, dans la ckeloné franche^

(1) Je n'en vois qu'une paire dans la chéloné franche ; c'csl la sixième en comptant d'avrièrc en avant.

ART. i. DES AKTÈKES. 201

les six dernières intercostales provenant immédiatement de l'aorte droite.

Mais dans Vémyde d'Europe lenr origine est toute différente ; cela n'étonnera pas si l'on se rappelle les variations semblables que nous avons décrites dans les oiseaux.

Les cinq dernières intercostales y seraient produites pnr une intercostale comniune antérieure, tirant son origine de la branche ascendante de la sous-clavière. Cette intercostale longe l'épine d'avant en arrière , comme dans plusieurs oiseaux, et finit par se confondre, en arrière, avec une intercoHale commune postérieure. Celleci est une branche antérieure d'un tronc qui naît de l'iliaque , et dont la branche postérieure est une caudale supérieure.

La seconde et la troisième intercostale naissent d'une branche plus petite de la même intercostale antérieure. La première intercostale est produite par l'axillaire (i).

Bojanus appelle mammaire récurrente, l'artère que nous nommons épigastrique, laquelle suit d'arrière en avant le bord de la carapace, et se confond avec la mammaire interne.]

f) Des artères du bassin et des membres postérieurs.

Les divisions des iliaques internes ont beaucoup d'analogie avec celles qui se voient dans les mammifères. Ces artères se séparent d'abord en deux branches, dont l'une envoie des rameaux à la vessie et au cloaque, et l'autre s'enfonce dans le bassin, et semble l'analogue des iscliiatique et iliaque postérieure.

(1) Voy. Bojanus^ op. cit., pi. xxiv, fig. 119 et 120.

li'iliague externe s'2iYdnce sur le bord du bassin, fournit l'analogue de Vépigastriqiie^ de laquelle naît VUiaque antérieure. La première descend sur les parois internes et inférieures de la carapace, et les parcourt d'arrière en avant. Une seconde branche, qui naît de l'iliaque externe vis-à-vis de l'épigastrique (i), descend le long du bord antérieur du bassin jusque sur la symphyse des os pubis, et se perd dans les muscles de cette partie. Après avoir fourni ces deux artères, l'iliaque externe dépasse le bassin, prend le nom de crurale , donne les circonflexes , puis la profonde^ et continue d'être assez comparable, dans le reste de sa distribution, à ce qui existe dans les mammifères, et mieux dans les oiseaux.

g) De l'aorte gauche ou de l'aorte viscérale,

"L'aorte gauche envoie au contraire à la plupart des viscères de l'abdomen, de grosses artères dans lesquelles elle se divise en très-grande partie. Lorsqu'elle est parvenue au-delà du cardia, elle se divise en trois branches. La première, qui est la plus petite, fournit d'abord un rameau à l'œsophage, puis se distribue à Testomac : c'est l'analogue de la coronaire stomachique des mammifères. La seconde, presque aussi considérable que le tronc d'où elle sort , envoie des artères aux intestins, à la rate , au pancréas et au foie , dans Tordre suivant : i* Vartère hépatique est la première qui s'en détache du côté droit, elle se recourbe en arrière et en

(1) C'est l'artère épigastrique de Bojanus. Ea suivant cette détermination notre épigastrique serait l'analogue de la tégumenteuse du bas-ventre che» riionime.

jas, pour aller gagner le foie, et se diviser en deux bran îhes vers la base de ce viscère; l'une d'elles envoie un )etit rameau au pancréas, et plusieurs autres au duolénum. 2° La deuxième artère qui en naît est une olique droite, petite branche qui se jette sur le second oude que le colon fait à droite. 3** La troisième se >orte de droite a gauche, et distribue ses rameaux au olon transverse ; c'est la colique moyenne. Après avoir ourni ces artères , le même tronc parcourt un petit rajet entre les lames du péritoine , en se dirigeant en las et en arrière, puis il fournit les artères suivantes : ." la pancréatique , qui se dirige d'arrière en avant sur 5 bord gauche du pancréas; 5° la splénique, très-peite artère , qui se distribue exclusivement à la rate ; \'' une assez grosse branche, qui appartient à toute a partie droite du colon et au cœcum , c'est une seonde colique droite; 7° une petite artère cœcale qui , près avoir donné un rameau au cœcum, va s'anasto- Qoser avec la suivante ; 8" la mésentérique proprement ite, la plus grande de toutes, qui se ramifie dans le aésentère de l'intestin grêle, et se distribue à cet inestin.

Enfin 5 la troisième branche de l'aorte postérieure ;auche, la seconde pour la grosseur, qui est Vartère ommuniquante , se porte obliquement à droite et en rrière, et s'anastomose , comme nous l'avons dit, avec aorte droite, sans fournir aucun rameau.

►. Dans les sauriens en général, et plus particulièrement dans les crocodiliens.

La

distribution des principales artères ne diffère que

§04 XXV*' LEÇON. SECT. lïl. RÉSERVOIRS Ï)U SANG.

dans quelques points de celle qui vient d'être indiquée dans Tordre précédent : aussi ne nous arrêterons-nous pas à la décrire avec autant de détails.

Les crocodiles ont, comme les chéloniens, trois troncs artériels, ayant chacun une embouchure distincte, bordée de deux valvules semi-lunaires: i" V artère putmo^ naire, qui répond à la loge de ce nom, placée à gauche et un peu en dessus; 2'' Vaorte postérieure gauche, dont Tembouchure est dans la loge inférieure et droite, et qui est placée entre le tronc pulmonaire et le suivant; S*" Vaorte postérieure droite^ qui répond à la loge supérieure. Ces trois artères sont soudées ensemble pendant un court espace.

a) De l'aorte droite.

L'aorte droite produit successivement : i** le tronc commun des sous-clavière et carotide gauche^ qui reste collé encore quelque temps à Taorte postérieure gauche, s'avance obliquement de ce côté en passant sous la bronche, et se divise seulement au-delà de ce canal; 2** un tronc semblable pour les mêmes artères du côté droit. [D'autres fois l'aorte droite produit d'abord un tronc considérable, se divisant bientôt en deux branches, l'une pour les artères de la tête et l'autre qui est la sous-clavière gauche. La même aorte fournit ensuite la sous-clavière droite.

Le tronc commun des artères de la tête se partage, lorsqu'il est parvenu sous la base du crâne, en carotides communes droite et gauche (1).

(i) Mcckel dit avoir vu six fois cet arrangement dans le caïman à m a seau de hrochct. Je le trouve représente dans une planche inédile de M. Cu\ ier sur l'an-

ART. I. DES ARTKRKS. 205

11 y a du rapport entre cette dernière disposition et celle des artères des ophidiens, qui n'ont de même qu'une carotide. On la \oit aussi, quoique rarement, dans les oiseaux.]

b) Artères qui naissent des sous-chvières , et particulièrement des artères des extrémités antérieures.

[Les souS'clavières fournissent :

r Une petite œsophagienne postérieure;

2° Une artère analogue à la mammaire interne ;

5° Une cervicale commune inférieure qui s'avance directement sous le cou , comme dans les chéloniens;

Enfui , 4*'une intercostale commune antérieure^ comme dans les oiseaux, laquelle se divise en deux branches, l'une qui se porte en avant, et l'autre qui se contourne en arrière pour les intervalles intercostaux auxquels l'intercostale commune postérieure, qui provient immédiatement de l'aorte droite, n'en fournît

pas.

La sous-clavière , après avoir fourni les branches artérielles, se contourne de dedans en dehors et atteint sous l'épaule la position de Vaxillaire.

Celle-ci produit déjà la brachiale profonde, et successivement plusieurs thoraciques,

La brachiale a sa position ordinaire entre les muscles biceps et brachial interne.

L'interosseuse en naît dans le pli du coude , et se porte à la face dorsale du pied.

géiologie du caïman à lunettes; de sorte qu'il pourrait être le plus commun, et relui que nous avons décrit, en premier lieu, le moins fréquent.

â06 XXV* LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG.

Ensuite la brachiale se divise en radiale et cubi-ta[e{i).]

c ) Suite de Caorte droite, Arthres qui en naissent après le canal artériel abdominal,

L*aorte droite se contourne ensuite de bas en haut, puis d'avant en arrière, à l'extérieur de la bronche droite, et se dirige obliquement en dedans sous la colonne épinière, sans fournir de branché remarquable, jusqu'à ce qu'elle ait reçu, de l'aorte gauche, une artère communiquante. [Presque vis-à-vis de ce canal artériel abdominal, l'aorte droite fournit :

1°. Une intercostale commujie postérieure absolument comme celle que nous avons décrite dans l'autruche, qui se porte en avant sur les côtés du corps des vertèbres dorsales , et de laquelle se détachent successivement à angle droit, dans les intervalles intercostaux qu'elle traverse, les branches intercostales correspondantes.

â^ Plus en arrière naît encore une seconde intercostale commune , qui fournit deux branches aux deux derniers intervalles intercostaux.

3°. Puis une troisième qui se porte sous la dernière côte.

4**. Vient ensuite la mésentérique antérieure, tronc considérable qui se rend aux intestins grêles, et communique avec un rameau de la splénique , comme nous le dirons tout à l'heure , pour fournir de concert une branche considérable au gros intestin.]

(1) Planche inédite de M. Cuvicr, déjà citée. La description de Mechel(op.cit,f t. V, p. 250 ) est une nouvelle preuve des grandes variations qui peuvent résulter, à cet égard, dans les animaux d' une même famille ou d'un même genre.

Il est remarquable que cette artère se détache de l'aorte droite à une assez grande distance du tronc cœliaque, tandis qu'elle en naît le plus souvent trèsprès , ou qu'elle en est même une branche dans les chéloniens.

[Il est vrai que dans ce dernier cas, toutes deux naissent de l'aorte gauche. Dans les crocodiliens l'origine de ces deux troncs artériels est différente.

5*. Après la mésentérique supérieure ou antérieure, l'aorte droite fournit, de chaque côté, une petite lombaire.

6°. Des sus-rénales ou capsulaires , des rénales et des lombaires au nombre de sept.

7^ La sixième de ces artères est en même temps l'analogue de la fémorale profonde ; semblable à celle que nous avons décrite dans les oiseaux; elle donne la plupart de ses rameaux aux muscles extenseurs et adducteurs de la cuisse.

Lorsque l'aorte droite postérieure est descendue plus profondément dans le bassin, elle fournit de chaque côté :

8°. Une grosse artère crurale, comme dans les oiseaux.

Sa continuation , ou la sacrée moyenne 3 qui conserve ici un calibre remarquable, proportioné au développement de la queue , fournit en avant :

g"*. Une mésentérique postérieure qui se rend au gros intestin, en se contournant d'arrière en avant pour s'anastomoser avec le rameau que nous avons décrit plus haut , formé à la fois par la splénique et la mésentérique antérieure.

g08 XXV' LErox. SECT. in. kkservoirs du sang.

La fin du rectum et la cloaque reçoivent encore de la sacrée moyenne ou caudale :

10°. Une branche coccigienne latérale (i).

Ce qui vient d'être dit , et ce qu'on va lire de l'aorte gauche, montrera que nous n'avons rien eu d'essentiel, de caractéristique pour ce système artériel des crocodiles, à ajouter à notre ancien texte.]

d) Artères des extrémités postérieures,

[Elles sont absolument comparables^ pour leur origine, à celles des oiseaux.

On voit se détacher de l'aorte, avant les dernières rénales, deux branches qui répondent aux fémorales profondes, qui se distribuent aux muscles adducteurs et aux extenseurs de la cuisse, et qui produisent un rameau analogue à l'iléo-lombaire.

C'est bien plus en arrière que sortent de l'aorte les fémorales, dont les divisions ont beaucoup de rapport avec ce que nous avons vu dans les oiseaux; ne seraitce que par l'importance de la tibiale antérieure, de laquelle naisssent les artères du pied (2).]

e) De i' aorte gauche ou viscérale.

Uaorte gauclie se contourne à l'extérieur de la bronche de son côté, et se porte en arrière et en dedans, comme la précédente. Après avoir dépassé le cardia, elle se divise en plusieurs branches, qui vont à l'estomac, au foie, à la rate, au pancréas et au duodénum.

(1) Planche inédite de M. Cuvicr. — (2) Idem.

ART. I. DES AUTlinES. ^09

La |)lus grande i)artie de cette artère se contourne pour les former, et elle ne s'anastomose avec l'aorte droite que par un canal artériel très-court, dont le diamètre égale à peine le quart de celui du tronc qui l'a fourni. rSous ferons sentir, dans la description du cœur, la conséquence de cette distribution. [Il est remarquable que cette aorte gauche n'est qu'un véritable t];onc cœliaque qui sort immédiatement du cœur ; ce qui doit avoir une certaine influence sur l'énergie du mouvement du sang dans les viscères de la digestion. ]

Nous ferons observer encore que la splénlque, qui naît du tronc cœliaque, après avoir traversé la rate d'avant en arrière, et lui avoir donné beaucoup de petits rameaux qui s'en détachent à angle droit, sort de ce viscère presque aussi grosse qu'elle y était entrée, et va se distribuer au rectum et à là fin de l'intestin grêle; la branche de cette artère , qui a cette dernière destination, forme avec la mésentérique antérieure une anastomose considérable [et plusieurs autres moins importantes. ]

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