C. Dans les Sauriens ordinaires
^ Dans les lézards proprement dits, les deux aortes s'avancent hors de la poitrine, la droite après s'être divisée en trois branches, et la gauche sans se diviser. Celle-ci se recourbe en arrière sur les côtés du cou, pour longer ensuite la colonne vertébrale, et reçoit, au moment où elle prend cette direction d'avant en arrière, la branche gauche de l'aorte droite, qui forme une anse au-devant d'elle. De la convexité de cette anse naît la carotide gauche; les deux autres branches de l'aorte droite se recourbent en arrière, et se réunissent de 6. J4
âlO XXV*^ LEÇON. SEGT. IIÏ. RÉSERVOIRS DU SANG.
même sur le côté droit du cou , en formant deux anses placées l'une devant l'autre. La carotide droite naît semblablement de l'anse formée par la branche moyenne. Les sous-ctavieres se détachent de chaque aorte, peu avant leur réunion. Nous venons de voir que, dans les crocodiles et Vi gitane ordinaire, elles étaient produites toutes deux par l'aorte droite.
Le tronc commun des deux aortes, qui se réunissent de bonne heure, en deçà de la pointe du cœur, produit successivement les paires intercostales. Il envoie, peu après sa naissance, une artère à l'œsophage; plus loin, une petite artère qui va au foie; plus en arrière encore, une branche qui se divise bientôt en deux rameaux. L'antérieur distribue ses ramuscules à l'estomac, à la rate, au pancréas, au duodénuoi ; le postérieur appartient au canal intestinal; c'est proprement la mésentérique antérieure. Ce tronc donne ensuite les lombaires, les spermatiqties , la mésentérique postérieure, qui va au rectum, et, presque aussitôt, les rénales, qui ne s'en détachent que très-tard , parce que les reins sont situés très en arrière dans la cavité abdominale ; enfin il produit les iliaques et la sacrée moyenne. Celle-ci présente un diamètre assez considérable pour la faire regarder comme la continuation du tronc aortique, dont les iliaques ne semblent être que des branches ; cette circonstance tient évidemment à la grande proportion de la queue comparée aux extrémités.
Dans Viguane ordinaire, dont le cœur est placé trèsavant dans la poitrine, les artères du corps ont de même deux embouchures distinctes dans les deux loges du cœur, quoique leurs troncs soient soudés ensemble dans l'origine. L'aorte gauche postérieure ne fournit aucune
artère avant de s'être réunie À la droite. Celle-ci donne, comme dans les précédentes, les carotides et les sousclavières, avec cette différence cependant que ces dernières ne s'en détachent pas en même tenips que les premières, mais beaucoup plus en arrière, à cause de la position très-avancée du cœur.
D. Dans les Opliidiens.
lit défaut d'extrémités, souvept un poumon unique, [et bien plus encore la forme extrêmement grêle et allongée du corps,] simplifient, dans les animaux de cet ordre, la distribution des troncs artériels principaux. Ces troncs, de même que dans.les chéloniens et les sauriens, sont au nombre de trois. Les rapports de leurs embouchures seront indiqués dans la description du cœur.
Leurs premières divisions, au lieu d'être paires et symétriques, sont réduites à une seule branche. Cela se voit ainsi pour l'artère pulmonaire, dans les ophidieps à un seul poumon, et pour la carotide commune et la vertébrale, dans tous; du moins avons nous lieu de le présumer par ceux, assez nombreux, que nous avons disséqués.]
a) De i' aorte droite et de ses principales divisions.
[C'est de sa convexité, et très-près de son origine, que naissent successivement les trois branches artérielles destinées à porter le sang aux parties qui sont au-devant du cœur, c'est-à-dire au cou et à la tête.]
h'aorte droite monte de ce côté, se recourbe en arrière, passe en dessus de l'œsophage, se porte oblique-
âlâ XXY' LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG.
ment en arrière et en dedans, et se joint à l'aorte gauche, quelques centimètres plus loin que la pointe du cœur.
L'aorte droite fournit, peu après sa naissance, une petite artère qui va à une glande oibiculaire, placée au-devant de la base du cœur; puis à une autre glande plus considérable, de forme allongée, qui est située sous la jugulaire. Ensuite l'aorte droite donne la carotide commune^ la seule qui existe dans les ophidiens. Elle produit en troisième lieu, un peu plus à droite, le tronc commun de la vertébrale et des intercostales antérieures.
Aucune autre "artère importante n'est fournie par ce tronc artériel principal jusqu'à sa terminaison ; et lorsqu'il se joint à l'aorte gauche, son diamètre est devenu très-petit ; de sorte que la plus grande partie du sang qu'il a reçu du cœur se porte aux parties qui sont en avant de ce viscère : c'est proprement une aorte antérieure,
[La petite artère que nous avons mentionnée la première est une sorte de thyroïdienne inférieure, analogue aux artères thyroïdiennes symétriques que nous avons décrites dans les chéloniens. Nous l'avons vue (i) naître aussi de l'aorte droite, après la carotide commune, mais tellement rapprochée d'elle, qu'on avait peine à distinguer cette origine. Il paraît que, dans d'autres cas, elle n'est qu'une branche de la carotide. ]
Cette dernière artère se porte obliquement à gauche.
(1) Dans [ccalabcr natrix,\e p'Ulion tigris^le disphotidus Lalaniiunob.smvaûl nos propres observations. Mcclicl lui a trouvé celle origine, et plus de longueur qu'à rorUinaire, dans un croluU,
et s'avance accolée à la jugulaire gauche, entre la trachée-artère et l'œsophage, puis sous ce dernier canal. Elle envoie à ces organes un grand nombre de ramuscules, et se divise près de la tête en plusieurs rameaux qui se distribuent à ces parties, et tiennent lieu de carotide externe et de carotide interne ou cérébrale.
Lorsque l'aorte droite s'est rapprochée de la colonne vertébrale, nous avons dit qu'elle produisait une branche considérable [qui tient lieu à la fois de vertébrales et à.' intercostales communes antérieures. ] Cette artère s'avance sous la colonne vertébrale, envoie à mesure des rameaux [de chaque côté aux intervalles intercostaux qu'elle traverse, ainsi qu'aux muscles et aux vertèbres de cette région , ] et ne s'y enfonce entièrement que près de la tête.
[Cette même artère vertébrale et intercostale commune donne des rameaux récurrents qui fournissent des intercostales en arrière de son origine.]
b) De l'aorte gauche.
L'aorte gauche monte et se recourbe en arrière et à gauche, passe sous l'œsophage, puis à côté, mais toujours sous le poumon, reçoit au-delà du cœur l'aorte droite, et continue de se porter en arrière. Elle fournit à mesure des branches qui répondent aux intercostales, et les artères des viscères ; celles qui vont à l'estomac, au foie, au sac pulmonaire, dans le colubernatrix^ etc, [ou aux deux sacs pulmonaires, dans les pit lions ^ etc., comme artères nourricières , se détachent successivement de l'aorte, à mesure qu'elle se porte en arrière; de snrtft qu'il n'y a point de tronc cœHaque. A
§14 XXV^ LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRvS DU SANG.
peu près vis-à-vis du pylore, Taortc fournit la mésentérique antérieure^ qui marche parallèle au canal intestinal jusqu'à la moitié de sa longueur, et lui envoie à mesure des rameaux. Plus en arrière, le cariai intestinal reçoit successivement trois autres petites branches de la même artère. Elle envoie de même, à mesure qu'elle se porte en arrière , de semblables branches aux reins, aux ovaires, etc.; arrivée au fond de Tabdomen, elle pénètre sous les vertèbres de la queue , et se consume dans cette partie.
E. Des artères du corps dans les Batraciens.
Les Batraciens n'ont jamais qu'une seule «aorte. [Mais il y a, dans les animaux de cet ordre, de grandes différences, relativement à l'origine de cette artère, suivant qu'ils manquent de branchies, ou qu'ils en sont pourvus.
Dans le premier cas seulement l'aorte vient du cœur ; dans le dernier, qui est celui de tous les batraciens à l'état de larve, et encore celui des batraciens pérennibranches, qui conservent des branchies toute leur vie, l'aorte est formée par une sorte de confluence d'autant de veines artérielles, de chaque côté, qu'il y a de branchies, et qui lui apportent le sang qui a respiré. C'est absolument le même arrangement que nous décrirons bientôt dans les poissons. ]
a) Dans les Batraciens ordinaires ^ c'est-à-dire dans la famille des grenouilles et dans celle des salamandres à l'état parfait, l'aorte qui sort de la base du ventricule se divise bientôt en deux branches qui s'écartent l'une de l'autre, en se dirigeant très-obliquen^ent de dedans en dehors, et un p(ni en avant. (Chacune d'clle>^ produit
Ar.T. I. DES ARTÈRES. 215
une pulmonaire y une carotide commune , une axillaire, une vertébrale , et des artères analogues aux intercostales, en se contournant en arrière , et en se rapprochant de sa semblable.
[Ces deux divisions principales de l'aorte, après avoir fourni les artères sj'^métriques importantes que nous venons de nommer, se réunissent, dans l'abdomen, comme laorte droite et l'aorte gauche dans des autres reptiles, et ne forment plus qu'un seul tronc aortique.]
Ce tronc produit d'abord l'artère cœllaque , puis toutes les autres artères qui naissent généralement de l'aorte abdominale. Ces divisions n'ont rien de bien particulier.
\LQplpa qui présente d'ailleurs, dans quelques points de son organisation, des singularités intéressantes à connaître, n'a rien qui distingue, d'une manière remarquable, l'arrangement de son système artériel.
L'aorte s'y divise en trois branches de chaque côté, aussitôt qu'elle se dégage du cœur. La branche supérieure est la carotide, qui forme une dilatation en massue. La seconde produit l'artère axillaire, et se continue comme branche aortique descendante. La troisième est l'artère pulmonaire.
Les artères gastrique , hépatique , splénique , pancréatique, etc., naissent de l'aorte commune, formée par les deux aortes descendantes. L'artère dorsale prend un grand développement chez la femelle, à l'époque de la gestation.
Les iliaques droite et gauche, qui terminent le tronc aortique, envoient leurs branches et leur^ rameaux au bassin et aux extrémités (i).]
fl) C. Meycr, Anatomic der rana pipa, Acta^ N, Car,, t. xu, pi. ii, p. 545.
â16 XX V*" LEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC.
b ) Dans les Batraciens c/ui ont des brancldes, [ Les batraciens ;\ l'état de larves, tels que les têtards de grenouilles y de crapauds et de salamandres ^ et les batraciens qui paraissent conserver des branchies toute leur vie , tels que les prêtées, les sirènes , les ménobranches et y axolotl, ont, comme nous l'avons déjà dit, l'artère du corps séparée du cœur par les branchies. Ce sont les veines branchiales, appelées veines artérielles, qui forment cette artère par leur réunion sous la colonne vertébrale.
Dans le menopoma alleghaniensis , Harl. , ces veines branchiales se réunissent sur les côtés du cou , audessus des branchies , en une grosse branche transversale, qui forme, avec celle du côté opposé, sous la ligne moyenne dorsale , le tronc aortique.
De ce tronc naissent d'abord les artères des extrémités antérieures (i), et à mesure qu'il se porte en arrière^ celles des viscères et des autres parties du corps. Ses deux branches d'origine , comme la convexité de l'aorte dans la plupart des cas, ou comme ses premières divisions dans les batraciens ordinaires, produisent les carotides, les vertébrales et deux petites artères qui vont aux muscles des mâchoires, etc. (2).
Les larves de tritons ont leurs artères ainsi divisées (5).]
(1) Et non des brandies qui forment l'aorte, ainsi que le dit Meckel, pour tous les branchio-pnlmonés, op. cit., t. v, p. 237.
(2) Descriptive and illnslred catalogue, etc., vol. lî, pi. xxiv.
(3) ttascani, ouv. cil. plus bas, fig. 6.
§ VII. De r artère pulmonaire des repllles.
[Il y a, dans les trois premiers ordres de cette classe, un tronc pulmonaire, dont l'embouchure, dans le cœur, est distincte de celles des aortes.]
A. Dans les C lié Ioniens.
Ce tronc commence à gauche et en dessous du tronc des aortes. Il ne tarde pas à se séparer en deux branches, dont celle qui ya au poumon droit se replie de gauche à droite , puis s'avance pour aller gagner la partie antérieure de ce poumon où s'insère la bronche. L'autre s'avance dans une direction contraire, traverse l'œsophage en dessous, et parvient de même au sommet du poumon gauche.
B. Dans les Sauriens.
[Le tronc pulmonaire est situé à gauche des troncs aortiques comme dans les cliéloniens.] Cette artère ne tarde'pas à se diviser en deux branches, qui vont à chaque poumon. Leur diamètre est à peu près celui des troncs qui fournissent les carotides et sous-clavières de chaque côté.