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C. Pans les Reptiles

La veine-porte prend une grande extension dans cette classe, et semble devoir diriger dans le foie une grande partie du sang du bassin , des extrémités et de la queue.

§66 XXV" lEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG.

a) Dans les Cliélonlens,

Nous avons vu, dans l'article précédent, que la veineporte reçoit le sang du tronc, delà queue, des extrémités postérieures, du bassin et même celui des reins. Il n'y aurait que celui des ovaires ou des testicules qui serait versé directement dans la veine-cave. Bojanus observe, à ce sujet, que le développement de la veine-porte et la quantité de sang qu'elle charrie au foie, sont d'autant plus grands , que la respiration pulmonaire est plus faible chez ces animaux. Il en conclut que le foie n'a pas seulement pour fonction de sécréter la bile comme humeur digestive; mais de contribuer à la dépuration du sang (i).

b) Dans les Crocodillens.

La veine-porte a une double origine, celle des viscères d'alimentation dont les veines forment le tronc veineux or<linaire , et celle des reins, de la queue et des extrémités postérieures et des parois abdominales, dont le sang parvient au foie par deux veines qui appartiennent au parois de l'abdomen.

La vclne-éplgastriffue ou abdominale ^ que nous venons d'indiquer, est la continuation de l'iliaque, formée elle-même par la fémorale et l'hypogastrique , et plus en arrière , par deux branches de la caudale qui reçoivent une o'énale postérieure. Cette veine parcourt les parois abdominales d'arrière en avant, gagne le lobe du foie de son coté, et s'y ramifie avec la veine- Ci) Bojanus, op. cit.

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porte ordinaire. Celle-ci dirige dans le foie le sang de l'estomac, du mésentère et de la rate.

La mésentériqiie postérieure paraît se jeter immédiatement dans la veine cave (i).

c) Dans les Sauriens ordinaires.

Il ne paraît pas que leur veine-porte diffère de celle des crocodiliens.

d) Dans les Ophidiens.

Un tronc veineux considérable a son origine un peu au-devant de l'anus, par deux racines qui sont à la fois la continuation des rénales postérieures et des caudales. Ce tronc s'avance le long de la face supérieure de l'intestin, il en réunit successivement les veines, et forme essentiellement la veine-porte.

La veine-porte peut donc recevoir, par cette double voie, le sang de la queue et celui des reins. Des intercostales viennent s'y terminer vers le milieu de son trajet.

Cependant les spermatiques vont se jeter dans la veine-cave.

e) Dans les Batraciens.

Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit en décrivant la veine-cave postérieure, sinon que les veines de la rate, du mésentère et de l'estomac, qui forment le système de la veine-porte le plus général.

(1) Fanizza^ op. cil. ,p. xiii, t. iv, f. 1 et 3, pour !e cflïwan à museau de brochet.

confluent dans le foie, ainsi que nous l'avons exprimé, avec les deux branches de la veine abdominale chargée d'une partie du sang des extrémités postérieures , du bassin et des reins.

D. De la veine-porte dans les Poissons,

INous examinerons :

i\ Les organes qui lui envoient leur sang veineux,

2". Si leurs veines se réunissent en un ou plusieurs troncs avant de pénétrer dans le foie.

3". Les communications que ce système, plus ou moins étendu, présente, dans ses racines, avec celui de la veine-cave.

l**. Organes qui envoient leur sang veineux dans la veineporte.

Le sang des ovaires et des testicules se rend dans le foie par plusieurs rameaux, dans les cyprins; les veines génitales s'unissent à la veine mésentérique dans les blennies. Dans la perche, c'est à la veine mésentérique ou aux veines de l'estomac , que les veines génitales se réunissent. Dans Yéperlan , les veines génitales gauches se rendent en partie dans la veine mésentérique , en partie dans la veine rénale. Dans le turbot , les veines génitales vont, comme à l'ordinaire, dans la veinecave. Les veines du rectum s'y jettent directement et ne vont pas au foie, dans plusieurs poissons. L'ombro, Yéperlan, sont dans ce cas. Dans ce dernier une partie des veines génitales droites s'unissent aux veines du rectum, pour prendre cette direction. La vessie natatoire envoie, dans quelques cas, ses veines dans le foie

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par l'intermécliaire de la veine niésentérique (lescpînochesy le goujon),

2"", Nombre des troncs de la veine-porte.

Ce nombre me paraît varier avec la forme et les divisions profondes du foie, et sans doute aussi avec la présence ou Tabsence d'un mésentère (i).

Il y en a un seul dans le grémille, les gobioïdes, Yaîiguille, la lamproie.

Outre le tronc principal , on voit arriver au foie quelques rameaux séparés, dans la perche , V alose ^ le silure^ la lotte, la lump, Vammodyte.

D'autres fois il y a deux troncs principaux qui rassemblent toutes les veines de ce système, ou qui laissent quelques rameaux isolés pénétrer séparément dans le foie.

Les blennies , parmi les gabioïdes, le brochet, Véper~ lan , sont dans le premier cas.

Lesépinoches, 13. loche, le harengs le belone, les petits pleuronectes, sont dans le second.

Le cottus scorpius a la veine-porte divisée en trois troncs.

Enfin , dans la plupart des cyprins, dont le foie , trèsdivisé, s'entrelace avec les replis de l'intestin , les vaisseaux de ce canal, qui n'a point de mésentère, pénètrent par petites branches ou par petits rameaux dans les parties les plus voisines du foie.

Il y a quelque chose d'analogue dans le turbot, quoi-

(1) M, RallihCi op, cit., p. 170.

que le foie y soit peu divisé. Ici c'est l'absence du mésentère qui coïncide avec le défaut de concentration du système.

3**. Des communications du système de la veine-porte avec le système de la veine-cave postérieure.

Ces communications ont lieu dans les poissons, chez lesquels une partie seulement des veines génitales se rend dans la veine-porte. Elles s'établissent encore par les veines du rectum , qui forment une partie de l'arbre mésentérique, et se rendent dans la veine-cave. Ces anastomoses entre le système de la veine-cave et le système de la veine-porte , facilitent le retour du sang par l'une ou l'autre voie. Il en résulte que le fluide nourricier doit pouvoir, dans certaines circonstances, se porter, par une sorte de reflux, plus d'un côté que d'un autre, suivant les besoins de l'organisme.

La veine-porte de plusieurs sélaciens m'a présenté une disposition et une structure fort étrange , du moins dans une partie de son trajet.

Une espèce de squale^ analogue au glaucus de Linné, mais qui a des évents, et les espèces du genre marteau {zigœnaj Cuv. ) ont une ample valvule, de forme semicirculaire , roulée sur elle-même, et dont le bord libre renferme le principal tronc de la veine-porte intestinale. Ce tronc, en se portant d'avant en arrière et en recevant les veines de l'intestin, augmente peu à peu de diamètre, par l'accroissement successif de son calibre, et de l'épaisseur de ses parois, qui sont très-musculeuses.

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Elles nous ont paru devoir faire l'effet d'une espèce de cœur pour le système de la veine -porte. Aussitôt que cette veine est sortie de l'intestin , ses parois n'ont plus que l'épaisseur et la composition ordinaire. Elle gagne enlln la base du foie, après avoir traversé un chemin assez long, et se bifurque en deux branches, une pour chacun des lobes de cet organe (i).

Dans les Saceu?'s , la veine-porte, qui n'est qu'une veine mésentérique intérieure, est contenue dans l'épaisseur du bord libre de la valvule spirale , qui règne dans toute l'étendue du canal intestinal. Elle reçoit successivement les nombreuses ramifications des veines intestinales, dont les rameaux principaux sont divisés obliquement en travers , ou un peu tournés en spirale. Cette veine s'enfonce dans le foie, précisément à l'endroit où commence le repli valvulaire mésentérique. Elle charrie un sang remarquablement noir.

Trois ou quatre troncs veineux, que l'on voit à l'extrémité postérieure de l'abdomen , se portent de la ligne moyenne dorsale , et du sinus médian , vers la fin de l'intestin; ils doivent détourner dans la veine mésentérique une partie du sang qui se dirige dans les veines-caves par d'autres voies. Quoiqu'on les injecte facilement l'un par l'autre et, par leur moyen, la veineporte, c'est surtout le second qui communique plus directement avec cette veine , et dont elle paraît la continuation. Nous le comparons aux deux branches

(1) Annafes des Sciences naUireUes, U m» P* 274j et pi. 10 et llj sewnde série.

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qui, dans les serpents, naissent des rénales externes et des caudales , et forment de même la veine-porte intestinale.

Comme dans tous les ovipares, ces larges communications, entre la veine-porte et la veine-cave postérieure, semblent destinées à permettre un flux et reflux du sang de l'une dans Tautre, suivant les besoins de la vie de nutrition.]

ARTICLE IV

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