IV. Les Tectibranclies
Un des systèmes circulatoires les plus curieux est celui de Vaptysie (i). De chaque côté, dans l'enveloppe
(1) Sur le genre aphysic, up. cil. de Cu\iei, pi. ii.
ART. H. RlîSKRVOTRS T)U SANG. 375
cliarmie, est creusé un ^raïul vaisseau enveloppé de rubans niusculeux qui se croisent en toutes sortes de sens ; ces vaisseaux reçoivent, par des veines ordinaires, le sang de certaines parties. J'en ai très-bien vu, par exemple, deux qui leur arrivent de la glande qui entoure la coquille, et qui produit la liqueur pourprée ; mais il m'a paru tout aussi clairement qu'ils comnmniquent immédiatement avec la cavité de l'abdomen, par beaucoup de grands trous. Ces trous se ferment-ils dans l'état de vie par la contraction des muscles, ou une membrape fine qui formait le corps du vaisseau m'a-t-elle échappé? c'est ce que j'ignore. Quoi qu'il en soit, ces deux gros vaisseaux se réunissent à l'arrière du corps, et de leur réunion en naît surle-champ un troisième, qui est l'artère pulmonaire; elle est fort grosse aussi, et se porte en avant dans un des côtés du triangle membraneux qui porte des branchies sur ses deux faces. Elle distribue le sang à tous les feuillets branchiaux par autant de rameaux; ce sang retourne ensuite par des rameaux semblables, mais d'une direction opposée, dans la veine pulmonaire, qui règne sur le côté antérieur du triangle branchial, et qui aboutit dans l'oreillette.
L'oreillette et le cœur sont situés en travers, sur le milieu du corps, avançant un peu vers la gauche, et enfermés dans un péricarde; l'oreillette est fort grande, mince, transparente, renforcée de filets musculaires, minces, qui interceptent de larges losa^iges. Le cœur est ovale, épais, à colonnes musculeuses fortes: il n'a de valvules qu'à son entrée; elles sont rectangulaires. L'artère se divise, à sa sortie même, en trois troncs principaux.
376 XXVr LEÇON. CIUCCLATION DANS LES MOLLUSQUES.
Le premier se rend à gauche dans le foie et les intestins, le second en avant dans les estomacs; le troisième, qui est le plus gros, reste plus long-temps dans le péricarde, en se dirigeant à droite. Il y est pourvu d'un appareil très-extraordinaire , et dont l'usage est inconnu ; une double crête toute remplie intérieurement de ramifications qui sortent de l'artère même, et qui se remplissent quand on injecte celles-ci : elles paraissent aveugles, et quand elles s'affaissent, le liquide qu'elles contiennent retourne simplement dans l'artère, sans passer par les veines (i).
Après être sortie du péricarde, cette artère donne une branche pour les parties de ce côté de l'enveloppe; elle se porte ensuite directement en avant sous l'œsophage: arrivée sous le jabot, elle donne un rameau rétrograde qui s'enfonce encore dans l'enveloppe générale ; sous le collier nerveux qui entoure l'œsophage, elle en donne un second , qui se porte en arrière et à gauche dans cette même enveloppe ; puis, immédiatement après, un troisième qui se porte à droite pour la verge. Le reste du tronc se bifurque ensuite pour se perdre dans la bouche et les parties de l'enveloppe qui sont dessous.