‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 49 sur 92 · I. Les Gastéropodes p'dlmonés · texte numérisé non relu

I. Les Gastéropodes p'dlmonés

a) Les Pubnonés terrestres.

Dans la limace^ où le poumon est sur la partie antérieure du corps , le cœur y est aussi immédiatement sous le poumon. Les innombrables ramifications qui rampent sur la face interne du poumon aboutissent toutes à l'oreillette , et celle-ci dans le cœur situé sous elle, lequel produit en arrière deux grosses artères, une qui se recourbe subitement en avant pour la bouche , les organes de la génération et l'enveloppe générale ; l'autre qui va droit en arrière, et se distribue à tous les viscères.

Dans les pidmonés testacés , le cœur et son oreillette sont situés dans le fond de la grande cavité pulmonaire, laquelle occupe le dessus du devant du corps , vers le bord de la coquille.

Le poumon, quelle que soit sa forme, reçoit le sang du corps, et il en reçoit surtout beaucoup de la dernière partie de l'intestin, qui rampe sur les parois de la cavité pulmonaire, et s'ouvre même tantôt dedans, tantôt à son bord. Le sang, après avoir respiré, se rend dans l'oreillette, et de là, comme à l'ordinaire, dans le cœur, et par lui, dans tout le corps, par des artères qui varient comme la forme générale de l'animal.

[Nous ajouterons à cette description succincte les détails que M. Cuvier a publiés postérieurement dans son Mémoire sur la limace et le colimaçon (i).

(1) Op. cit., pi. (I, f. 2. 5ct/|, et pi. 3,f. U

ART. n. 1\ÉSE11V0I1\S nu SANG. 369

Quand on exauiino par dedans l'enveloppe générale de la limace, on voit de chaque côté un j^rand vaisseau lonj;itudinal qui grossit en avant. 11 reçoit beaucoup de branches de Icnveloppe même, et l'on voit sur sa longueur des trous par lesquels il lui en vient des visctTcs. Les trois principaux sont tout-à-fait à sa partie antérieure.

Ces deux vaisseaux sont les deux veines-caves. Ils embrassent, chacun de leur côté, le contour de la cavité pulmonaire dans tout ce cercle par lequel le manteau se joint au dos proprement dit. Il en part, dans ce circuit, une infinité de petites branches qui sont les artères pulmonaires, et qui donnent naissance à ce beau réseau, dont la cavité de la respiration est tapissée ; réseau qui produit à son tour des veinules, lesquelles aboutissent toutes en dernière analyse dans l'oreillette du cœur.

Il y a quelque chose de fort semblable dans le colimaçon. L'enveloppe charnue du corps a, de chaque côté, une grosse veine ; il en vient une seconde qui descend du sommet delà spire, le long de sa partie concave, et rassemble les veines d'une grande partie des viscères; à son extrémité inférieure, elle marche parallèlement au rectum , entre lui et le bord droit de la cloison du diaphragme, et va jusqu'auprès de l'anus se réunir avec la veine de la grande enveloppe charnue. Lorsqu'on l'injecte, tout le rectum se trouve couvert d'un réseau veineux. Une troisième, veine, arrivant aussi des viscères par dessous le cœur, marche dans le plafond de la cavité pulmonaire, parallèlement à son bord gauche. Un canal veineux va de son extrémité à la réunion des deux premières, de manière que la cavité pulmonaire est en-

370 XXVl' LEÇON. CÎRCIJIATION DANS LES MOLLUSQUES.

tourée, par trois de ces côtés, d'une continuité de grosses yeines, que Ton doit considérer à la fois comme veinescaves et comme artères pulmonaires.

Le cœur de la thnace est placé presque sur le milieu de la cavité pulmonaire, dans un péricarde qui le retient à la paroi supérieure de cette cavité, immédiatement sous celle de la coquille.

Sa forme est ovale, et sa pointe dirigée en arrière et en dessous. L'oreillette y pénètre par sa face supérieure venant du côté gauche, où elle se dilate en forme de croissant, dont les deux pointes s'étendent en avant et en arrière, se courbant chacune un peu vers la droite, et ressemblant ainsi au bord externe et cpnvexe de l'oreillette toutes les veines du réseau pulmonaire.

Dans \q colimaçon^ le cœur, placé au tiers postérieur de la cavité des poumons, se dirige transversalement, l'oreillette à droite et la pointe à gauche. L'oreillette, qui n'a qu'une seule grosse veine à recevoir du poumon, forme une pyramide dont la base est adossée à la base de la pyramide plus grande du cœur.

Dans l'un et l'autre genre, l'oreillette a des parois plus minces, des cordes tendineuses plus grêles, et manque de valvules, le cœur est plus charnu, plus opaque, a des colonnes charnues plus grosses, et son entrée du côté de l'oreillette est garnie de deux valvules membraneuses de forme à peu près carrée, tournées de manière qu'elles y laissent venir le sang du poumon par l'oreillette, mais qu'elles ne le laissent pas Ressortir de ce côté-là.

Je n'ai pu découvrir aucune valvule à l'entrée de Taorte, ni dans la limace^ ni dans le œlinmron,

L'aoitu se di>i$e, tai;! dans Vim que daiis i'autre, èè&

Ar;T. Tf. nÉSTT.VOIRrt 01 SANG. 37l

sasorliodii cœur, on deux troncs, dont l'un est destiné au l'oie, à l'intestin et à l'ovaire; l'antre à r(\'^ton-iae, à la bouche, aux organes de la i;énération et au pied; mais à cause de la position diiïcrente du cœur et des antres parties, la direction de ces deux trojics n'est pas la même.

Dans la limace ^ après avoir percé le péricarde, ils descendent entre l'un des replis des intestins ; le tronc liépato-intestinal se porte directement en arrière, l'autre se recourbe subitement en avant.

Dans le colimoçoii, le premier suit d'abord les circonvolutions de la spire en montant vers la pointe, selon leur convexité; tandis que, comme nous Tavons vu, c'est en suivant la concavité que la veine en redescend; l'autre va d'abord en dedans, tournant sur Je commencementdu rectum, etensuite directement en avant jusque sous la bouche.

Les artères de la limace ont un caractère qui leur est tout particulier. C'est une blancheur opaque aussi pure que si elles étaient pleines de lait, et d'autant plus sensible qu'elles rampent sur des fonds très-rembrunis , comme les intestins, qui sont d'un vert foncé, et le foie, qui est d'un brun noirâtre.

Les injections les plus parfaites n'ont rien produit d'aussi agréable à la vue que ces ramifications blanches de la limace, et surtout de la limace noire.

Les artères du colimaçon n'ont point cette opacité, et ressemblent, par leur demi-transparence, à celles de la plupart des mollusques. Le sang qui y circule olFre une légère teinte bleiuitre. ]

b) Les pulmoîiés aquatiques,

Uonckidium (i) a quelques rapports avec la tritonie. Il y a également deux vaisseaux creusés dans l'épaisseur de l'enveloppe charnue des deux côtés, et qui portent le sang du corps dans le poumon ; mais c'est par leur extrémité seulement, attendu que le poumon est creusé lui-même à l'arrière du corps, dans l'épaisseur charnue du manteau. Ces vaisseaux reçoivent le sang des viscères par beaucoup de petites veines qui s'y rendent séparément, et celui de l'enveloppe par d'autres creusées dans son épaisseur. [Ils sont d'ailleurs enveloppés par des rubans musculaires qui se continuent et se perdent dans les autres muscles du pied. Ils sont revêtus par dedans d une membrane fme que je n'ai pu apercevoir dans l'aplysie, et qui les empêche de communiquer aussi directement avec la cavité du ventre (2).] Le cœur est tout près du poumon, en arrière, au côté droit. Son oreillette est très-grande^ et garnie de beaux filets charnus. Il ne produit qu'un gros tronc, qui donne d'ailleurs une branche au foie et aux viscères ; puis une longue rétrograde pour le rectum et les organes femelles de la génération, qui sont en arrière du côté droit. Il passe ensuite dans le collier de l'œsophage, et donne deux grosses branches pour l'enveloppe générale; la droite donne un rameau à la glande saîivaire de son côté ; la gauche également, et de plus à l'organe mâle de la génération; le tronc principal se perd ensuite dans la masse de la bouche.

(1) Mimoirc sur l'onchlciic, op, cit. de (liîvicr, j-l. , T. l\j 5,, 0. — (2) Ibid., p. G,

ART. H, nÉSKnvOFRS OU S ANC 373

II et III. Les Nndlbranclics et les In fer o branches,

Dansles^ms(i), où les branchies sont en ccrcleautour dcTanus, la veine-cave, après avoir recueilli, par ses rameaux, le sang de tout le corps, et traversé le foie, arrive au-dessus du rectum, et s'y divise en rameaux, qui vont en rayonnant s'enfoncer dans la base de toutes les houpes des branchies, et y porter le sang. Ces mêmes branchies rendent le sang qui a respiré par des vaisseaux pareils à ceux qui le leur ont amené. L'oreillette du cœur, qui est en forme de pyramide à base mince, mais excessivement évasée, contourne cette base de manière à lui faire faire un cercle, et à recueillir le sang qui arrive de la branchie par tous ces vaisseaux de second genre, ou ces veines pulmonaires. Elle le porte immédiatement dans le cœur, qui est rond, plat et posé sur la partie postérieure du foie.

Ce cœur a des valvules à son entrée et à sa sortie, qui se fait par une grosse artère, divisée sur-le-champ en quatre branches, une qui se recourbe en arrière, et se perd bientôt dans le foie ; deux autres qui se rendent également dans cette glande, et la quatrième, qui est la continuation du tronc, et se porte directement en avant en fournissant des rameaux à l'intestin, à l'estomac, aux glandes salivaires, aux organes de la génération, à la bouche, et se perd enfin dans la masse charnue du pied.

Dans les trltonies (2) et les phyllidles (3), qui ont les

(1) Mémoire sur le genre Doris^ op. cit., de Cuvier, pi. i elii.

(2) Mémoire de Cuvier sur les Trilonies^ pi. i, f. 3, 6.

(3) Sur la Phyllid'.e et le Phurobranclid op. cit. , pi. de la phyllidia, f. 5, ay b, Cy (i, e.

374 XXVl'' LEÇON. CIRCULATION DANS LES 3I0LLUSQUES.

poumons placés aux deux côtés du corps, le cœur est au milieu, vers le dos. Son oreillette est en arrière de lui, et s'étend transversalement d'un côté à l'autre. Elle reçoit le sang par deux, ou plutôt par quatre veines pulmonaires, qui régnent des deux côtés du corps, d'une extrémité à l'autre, dans l'épaisseur de son enveloppe charnue, et qui reçoivent elles-mêmes le sang de toutes les petites houppes branchiales. Celles-ci l'avaient pris de deux artères régnant également des deux côtés, dans l'épaisseur de l'enveloppe, et parallèles aux veines, et ces artères pulmonaires avaient recueilli le sang de tout le corps, par six grosses veines, trois de chaque côté, venant principalement du foie et des intestins. Les veines de l'enveloppe s'y rendent sans sortir de son épaisseur.

Le cœur aj^ant ainsi reçu du poumon le sang qui vient de respirer, le distribue partout le corps au moyen de trois grosses artères, dont l'une va en arrière dans l'ovaire, une seconde en dessous dans le foie et les intestins; la troisième en avant, aux organes mâles de la génération, à la bouche et à la masse charnue du pied.

La circulation du p leur obr anche a de grands rapports avec celle de l'aplysie. Seulement, comme le cœur est plus en avant, c'est l'artère postérieure qui est la plus grosse des trois, parce qu'elle a plus de parties à nourrir.

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