ART. II. RÉSERVOIRS DU SANG
Leur entrée dans le ventricule est pourvue de deux valvules, qui ne s'ouvrent que pour laisser entrer le sang. Le ventricule lui-même est beaucoup plus fort que les oreillettes; ses parois sont opaques et garnies de beaucoup de colonnes charnues. Le sang en sort par deux artères situées à ses deux extrémités, et qui suivent le rectum, l'une en montant du côté de la tête, l'autre en descendant vers l'anus. Tel est le cœur des jambonneaux (i), û.Gsmoules [2), des anodontes^ des véiius, des mactres^ des cardiums, des solcns, des p/wlades^ des ???yr.s, et, à ce qu'il paraît, de toutes les coquilles bivalves équivalves.
Mais les inéquivalves, ou du moins Vhuitre et les pèlerines, ont le cœur autrement placé; il est dans une cavité entre la masse du foie et le muscle qui ferme la coquille ; il se dirige d'arrière en avant, c'est-à-dire du dos aux branchies, et non comme les cœurs des autres bivalves, de bas en haut, ou de l'anus à la tête. Dans ce cas-là, les oreillettes, ou plutôt l'oreillette unique et bilobée, est située en avant du cœur, et non à ses côtés. Elle est remarquable, dans V huître, par sa plus grande épaisseur et sa couleur rouge foncée. Du reste, elle reçoit de même le sang des branchies, et le cœur le distribue au corps par deux vaisseaux qui sortent par l'extrémité opposée à l'oreillette, et qui se rendent d'abord , l'un en haut dans le foie , l'autre en bas dans le muscle.
Chaque branchie a une infmité de petits vaisseaux droits et parallèles qui arrivent perpendiculairement à un grand, lequel règne tout le long du dos de la bran-
(1) Vny, Pon , o\). oir., ^l 36, 38, 59. — (2) Inid. , pi, "î. f. 7^ R^ 9,
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chie, et ce sont ces vaisseaux dorsaux des branchies qui portent le sang dans les oreillettes.
Mais chaque branchie a, en même temps, une autre couche de petits vaisseaux semblables et parallèles aux premiers, et qui versent le sang veineux dans les extrémités de ceux-ci.
Ce sang arrive dans cette couche dernièrement mentionnée, par un autre vaisseau dorsal de chaque branchie, différent de celui dont nous avons parlé d'abord, et marchant à côté de lui, lequel reçoit ce sang veineux des veines de tout le corps. Nous avons vérifié tous ces points par des injections de mercure faites sur l'huître commune.
[Dans les ûfrcAf-s proprement dites, le cœur estpartagé en deux à cause de la partie rentrante de la coquille (i); chaque oreillette branchiale aboutit à un cœur distinct, qui fournit une aorte, laquelle se bifurque presque aussitôt. Les branches antérieures de chaque aorte latérale forment un tronc commun, qui remplace l'aorte antérieure des autres bivalves; de même les branches postérieures se réunissent en un autre tronc commun, l'aorte postérieure; de sorte que ces deux cœurs ne modifient en rien d'essentiel la circulation observée dans les testacés bivalves qui n'ont qu'un cœur (2).
Une particularité bien remarquable dont nous avons déjà parlé, c'est le passage du rectum à travers le cœur, qui a lieu dans la plupart des genres de cette division; Vlmître et les arclies font exception.
Une autre particularité, l'existence (ïwxi bulbe ou d'un renlîement musculeux dans l'aorte antérieure ,
(1) Mémoire de Cuvier sur la l'm^'cL, Dp. cU., [>. b. (2; Yoii-Pi'li, op. cit., lab. 5Xy, f, 2 et 3,
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contatëe dans doux espèces de venus, v. cli'wiie et florida (Voy. Poli , t. XX, f. lo), devait être indiquée ici. ]