II. Les Acéphales sans coquille
[Danslesflsci^tV5,ditM. Gu\ier(i) ,1a position du cœur paraît déterminée par celle de la bouche plulôt que par celle du rectum, et le rectum ne le traverse jamais, comme dans le plus grand nombre des bivalves.
Sa forme est oblongue, amincie aux deux bouts; sa substance est extrêmement mince et transparente, en sorte qu'on a souvent peine à le distinguer au milieu de son péricarde. Par une extrémité il reçoit le tronc des veines branchiales, et par l'autre il donne l'aorte qui distribue le sang à toutes les parties.
Je dois cependant convenir que dans les espèces à branchies recourbées, il m'a été impossible d'apercevoir une dilatation assez marquée pour mériter proprement le nom de cœur; l'artère en fait-elle la fonction, ou n'ai-je pu découvrir le véritable organe? c'est ce que des observateurs plus heureux parviendront peut-être à déterminer (2). M. Belle Cliiaje décrit le cœur de Vascidia papillosa (3) comme ayant la forme d'un A dont les deux branches répondraient à deux veines branchiales ou à deux oreillettes.
Quant aux thalides et aux blpliores (4), la veine branchiale traverse le desous delà bouche et va gagner le cœur situé au côté gauche. Le cœur est mince, en forme de fuseau, enveloppé dans son péricarde, et l'un et l'autre sont si transparents, qu'on a toutes les peines du monde
(1) Mémoire sur les ascidies , op. cit. de M. Cuvier, p. 12.
(2) Ibid. , p. 23. — (o) Op. cil. , pi. xlvi, f. 13, a, y, //,
(4) Uiûiohv Uc M. Cuvier sur les ihalidcf eî Içs biphora-f o^i. cit., |\ ;IQ,
à les voir; mais sa nature de cœur n'est pas douteuse, car M. Pérou en a observé les pulsations sur Tanimal vivant, et il en vu sortir un sang un peu jaunâtre. 11 paraît que le cœur ayant reçu le fluide qui a respiré, le distribue au corps, et surtout aux viscères. On voit un vaisseau sortir de la masse des viscères et se reporter vers l'extrémité de la branchie ; il est probable que c'est l'artère pulmonaire. Toutes ces parties sont si frêles et si transparentes qu'il est impossible de les injecter, ni d'y voir des valvules, s'il y en a; on ne peut rien décider, comme absolument certain, à l'égard de la marche de la circulation (i).
Dans l'article suivant nous rapporterons les observations de M. Vaïi Hasselt sur ce sujet intéressant.
E. Daiîs les Brachlopodes,
Nous n'avons disséqué qu'un genre , qui nous a montré deux cœurs séparés, aortiqucs l'un et l'autre, c'est-à-dire recevant du poumon et envoyant dans le corps.
[Ils occupent, dans la Ibigule, les deux côtés du corps, sur la racine de chacun des vaisseaux qui forment les V des branchies ; ces cœurs sont très-comprimés et d'une figure à peu près demi-elliptique. Un gros vaisseau veineux communique, des deux branchies d'un côté, dans le cœur correspondant. C'est dans le foie que se distribuent les principales branches artérielles qui sortent des cœurs (2).
Les tèrébratules ont de même deux cœurs, situés vers le sommet des valves , lesquels reçoivent le sang des
(1) Mémoire cité, pi. i, f. 1 et 2, z.
(2) Mémoire sur 1^ l'^nguie, op. cit. de Cuvier, p, 8, çt pi . , f, 10 et 4 j , c, r, t(,d.
ART. Tl. l^ÉSERVOIRS DU SANG. 385
veines branchiales. Celles-ci ont hiuï:^ rauiifications clans les denx lol^es chi manteau qui répondent aux deux valves. Le lobe de la valve perforée montre quatre branches principales qui réunissent les ramifications de ces veines. Le lobe de la valve non perforé n'en a que deux. Les artères branchiales sont ramiliées sur ces mêmes lobes (i).
Nous reviendrons sur cette disposition en décrivant les organes de respiration de ces animaux.
Dans les orbicules il y a de même deux cœurs ^ situés près de deux membranes tendineuses qui entourent la masse des viscères. Ils reçoivent chacun les troncs réunis des veines branchiales d'un des lobes du manteau.
Les artères qui sortent de chacun de ces cœurs donnent évidemment des branches au foie et à Tovaire (2). ]
F. Dans les Cirrhopodes.
[Cuvier indique, dans les anatifes , des vaisseaux qui se rendent des branchies vers le dos de l'animal , où l'on aperçoit, à travers les téguments, un tronc commun et longitudinal; mais il n'est pas parvenu à l'isoler ni à voir un véritable cœur (3).
M. Martin Saint-Ange n'en a pas vu davantage (4)- Selon cet observateur, le canal dorsal est renflé irrégu-
(1) Anatomic des mollusques brachiopodcs Cuv.y et plus spécialement des (crobratules et des orbicules^ par AI. Oit'cn(en anglais), Transact. of the zoologie sociclyy vol. I, 2"' partie, et Annales des se, nntur., 2"'* série, t. 3, p. 85, pi. i.
(2) Ibid., pi. 2. — (3) Mémoires cités sur les mollusques, p. 12, de celui sur ]o.?, anatifes et les balanes, — (/j) Mémoire sur Porganisation dos cirripèdcs^ Paris, 1 R35. p. 18.
lièrement en plusieurs points. Il y a des conduits vasculaires dans les pieds et dans les branchies qui ne paraissent avoir aucune tunique distincte de la substance des organes qu'ils traversent. 11 faut avouer que cette organisation, jointe à celle du système nerveux, rapprochent absolument ces animaux des crustacés.]
ARTICLE III