‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 60 sur 92 · C. Dans les Insectes · texte numérisé non relu

C. Dans les Insectes

Le sang des insectes est différemment coloré, suivant les ordres et les familles, ou même les genres.

Celui du vaisseau dorsal des coléoptères est brun foncé dans la plupart.

Plusieurs orthoptères l'ont verdâtre. INous l'avons vu dans le taupe grillon composé de globules considérables, sphériques, de différentes grandeurs, granuleux, incolores. 11 est jaune dans la chenille du bonibix Mori. 11 est couleur d'orange dans la chenille qui ronge le bois de saule [bonibix salicis) , et contenant des globules transparents. Ce sang desséché ressemble à de la gomme tirant sur le jaune.

Il a souvent une teinte peu foncée dans beaucoup de lépidoptères. Observé au microscope, il présente un grand nombre de globules (3).

(1) Valenliii, op. cit., p. 71. — (2} TFagncr, zur Fcrgbichender physiolcgic des bUits, Leipsig, 1833.

(3) Sur les usuges tîu vaisseau dorsal des insecles, clc, par l\Iarccl de Serre ; Mcm» du Muséum d'IIist, Naturelle, l. iv, p, l^f*

Les clicnillcs des sphinx cupliorbia^ L. , atropos, L. , des bombix viimla., L., pini,L. , l'ont vert. Suivant Cartis, si l'on n'a pu observer de courants dans le fluide nourrieier des larves des notoncctes et des diptères , c'est qu'il n'a pas de globules (i).]

D. Dans les Annelides.

Toute la classe des vers articulés, tant marins que terrestres, a le sang plus ou moins coloré en rouge, et souvent tout aussi foncé que celui d'aucun animal vertébré. Nous l'avons observé en détail dans les naïades^ les lombrics, les sangsues j, parmi les abranches; les arénicoles, les ampliinomes ^ les néréides et les aphrodites^ [auxquelles il faut ajouter (j) les eupkrosines j les eunices, les gfycères , les neplitliys , les œnones, parmi les Dorsibr anches.

La couleur rouge du fluide nourricier a été encore constatée, parmi les Tubicoies, chez les hermelles,] les ampliitrites, lestérébelles et les serpules ; mais c'est dans Y arénicole des pêcheurs qu'il est le plus aisé d'observer , non-seulement la couleur du fluide nourricier, mais encore sa marche et sa direction; la couleur jaune de l'intestin et la couleur grise des parois du corps permettant de distinguer parfaitement tous les vaisseaux.

[Les nuances diverses de la couleur rouge, mais généralement assez prononcées, que présente le sang des animaux de cette classe, l'avait d'abord fait désigner par M. Cuvier sous le nom de vers à sang rouge. Mais ces nuances s'affaiblissent tellement dans quelques

(1) Carus y op. cit. p, G88. — [2) Suivant M. Milnç Edwards,

394 XXVIl^ LEÇON. DES CIUCULATION ARTICULÉS,

espèces, soit par la diminution de proportion dans les vésicules , soit par une moindre quantité ou Tabsence totale de la matière colorante, que leur sang devient presque limpide ou tout au plus jaunâtre.

De pareilles différences ont été observées dans les espèces d'un même genre ou dans les genres d'une même famille. Nous présumons même que des observations ultérieures et multipliées pourront en signaler dans les individus d'une même espèce. En effet, elles doivent dépendre surtout de l'intensité de la respiration, et comme cette fonction peut être très-active ou ralentie et même suspendue chez, ces animaux, sans compromettre leur existence, on concevra l'immense différence qui pourra en résulter pour la nuance plus ou moins rouge de leur sang.

Il serait du moins bien intéressant de constater le rapport de ces différences, entre les espèces d'un même genre, avec le développement du système sanguin capillaire dans les organes de la respiration et l'activité de ces organes ; et celles entre des individus d'une même espèce, si tant est qu'elles soient constatées , et la permanence ou l'intermittence de cette fonction.

Les térébelles, qui ont le sang très-coloré et composé de beaucoup de vésicules de forme aplatie (i), ont des organes de respiration assez développés.

Cependant une grande espèce de sabelle (2) aurait, au contraire , le sang de couleur verte tirant sur l'olive.

(i) M. R. TVagner, op. cit.,p, 23, f. 8.

{2) D'après M. MUne Edwards , Recherches pour servir à F histoire de la circulation du sang chez tes annelides, Ann, des Se, Nat.y 2*» série, 1. 10, p. 19, z.

La même observation aurait été laite sur le cliloroncma Edwarsii nouvelle espèce de Tubicole (i).

Les apliroditcs et les néréides^ qui ont les organes de la respiration peu développés, ou qui n'en ont pas d'autres que la peau, ont peu de vésicules dans leur san^-, dont la couleur a souvent une nuance trèsclaire.

On voit déjà dans le premier genre, des différences, à cet égard, selon les espèces [%).

Les hirudinées nous fournissent encore un exemple frappant des différentes nuances que présente le fluide nourricier dans les genres d'une même famille. M. Cuvier avait déjà signalé] la couleur du sang, comme plus difficile à apercevoir dans la sangsue^ parce qu'il est plus pâle et qu'il se détache moins du fond.

[On avait cru que la matière colorante du sang, dans les sangsues proprement dites, était répandue uniformément dans ce liquide. M. Valentin en a reconnu les vésicules, dont le diamètre aurait seulement 0,0002 de ligne, ayant un bord inégal; chaque vésicule est faiblement colorée en rouge jaune. Le sérum du sang, dans le même animal, est jaunâtre.

Dans la nephells vulgaire les globules du sang sont d'un beau rouge. ^'

Le sang des clepsines est presque sans couleur.

Le lombric de terre a le sang très-rouge et composé

(1) Découverte et nommée par M. Dujardin.

(2) Ainsi Yaphrodita squatnata aurait le sang rouge, selon M. Cuvier ( Règne animal^ t. m, p. 186), tandis qucTaca^afa l'aurait limpide, suivant M. de BlainvUle. Les solynocs et les slgalions. ont le sang presque incolore, suivant M. MUnc Edwards, et seulement un peu jaunâtre.

596 XXVir LEÇON. CIRCULATION DES AUTICCLÉS.

de vésicules, rondes et aplaties, suivant M. Carus, oviformes, d'après M. Scliultz, ]

SECTION II

Page 1