‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 62 sur 92 · II. Dans tes Stomapodes · texte numérisé non relu

II. Dans tes Stomapodes

[Les réservoirs du fluide nourricier ont été peu étudiés jusqu'à présent dans les crustacés de cet ordre. Nous ajouterons quelques détails d'après nos propres observations (i) à ce qui en a été dit par M. Cttvler, sur ceux des sgullles, dans notre première édition.

Comme dans les décapodes, nous distinguerons dans les stomapodes les artères du corps, les veines du corps, les artères et les veines branchiales.

a) Des artères du corps.

Leur tronc principal, qui règne tout le long de la ligne médiane de la face dorsale du corps, immédiatement sous les téguments et les muscles érecteurs des segments de l'abdomen, se confond avec le cœur. ]

Le seul ventricule qui compose ce viscère mérite à peine le nom de cœur, tant il est allongé et semblable à un vaisseau. Sous ce rapport, le système circulatoire de ces animaux ressemble à celui des vers à sang rouge (2).

(1) Voy. noire Mémoire sur quelques points d'organisation concernant les organes d'alimentation , de circulation et l'ovaire des squilles.^nn, des Sciences Nat.j S™* série, t. viii, pi. 2.

(2) Nous verrons qu'il y a dans le mouvement et la direction du fluide nourricier une grande et une petite circulation complète dans les crustacés, cl que l'A circulation branchiîde des annélides e^t incomplète et iatcrmiltçnle.

iOi. XXVif L2Ç0N. C[RGCL. DES ANIMAUX ARTICULÉS.

[Le vaisseau dorsal commence derrière l'estomac par une portion carrée, dont la partie moyenne antérieure envoyé une artère directement à l'estomac et aux téguments de cette région, et dont les angles antérieurs produisent deux artères qui se dirigent vers les parties latérales de la tête.

La face dorsale de cette portion est relevée en arrière et inclinée en avant comme un toit. Derrière Tarête transversale, qui forme le côté postérieur de ce point carré, il y a une seconde portion, de forme prismatique, qui fournit de chaque côté du bord inférieur de sa face latérale, qui est plane, trois branches pour les pieds, qui sont rapprochés de la bouche. Les parois de cette seconde portion et celles de la première sont très-résistantes. C'est seulement en arrière de cette seconde portion que le vaisseau dorsal prend l'aspect d'un gros vaisseau, à calibre cylindrique, donnant régulièrement une paire de branches à chaque anneau, et aux organes que ce segment renferme. Les deux dernières paires sont très-rapprochées, et s'en détachent à peu près vis-à-vis l'articulation du pénultième avec Tante -pénultième anneau. Enfin, ce vaisseau dégénère en une petite artère médiane, qui va se perdre dans le dernier segment du corps.

b) Des veines du corps.

L'un des principaux troncs de ces veines avait été reconnu depuis long-temps par M. Cuvicr, ainsi qu'il l'exprime dans notre ancien texte. ]

J'ai découvert depuis peu (en i8o4), dans une mante de mer {squUia fasciata , Faiî.), d'où vient le sang aux

SECT. II. UIÎSERVOIKS DU VLLIDB NOURUlCIEll. 405

branchies. C'est d'une grosse veine-cave longitudinale qui va d'un bout du corps à l'autre, sous l'intestin, et par conséquent à la face opposée à celle qu'occupe le cœur. Elle est beaucoup plus mince que lui et transparente, et elle donne, de chaque côté, autant de paires de vaisseaux pour les branchies que le cœur en reçoit.

Je n'ai point encore vu cette veine-cave dans les décapodes, parce que je n'ai pas eu l'occasion de l'y chercher depuis que je l'ai vue dans les autres ; mais l'analogie ne me permet pas de douter qu'elle ne s'y trouve aussi.

[Cette veine-cave, inférieure au canal intestinal, est réunie dans toute sa longueur avec deux autres veines qui enveloppent avec elle toute la circonférence de ce canal, régnent au-dessus de lui et se joignent sur la ligne médiane du corps. Il résulte de leur réunion un triple sinus, à parois extrêmement minces, réticulées et celluleuses intérieurement, dont les divisions ou les prolongements sont intéressants à étudier.

Il sort, de la portion la plus avancée, des branches courtes, ayant l'apparence de cœcums, non divisées, ne pénétrant pas entre les muscles. Plus en arrière, et vis-à-vis de chaque patte thoracique , ces mêmes branches latérales que produit ce triple sinus, se divisent et se sous-divisent irrégulièrement, sans diminuer de diamètre, en se dilatant plus tôt et en pénétrant entre les muscles de ces extrémités, jusque dans leur première articulation. Plus en arrière encore des branches latérales semblables se dirigent en dehors, en se divisant de même, et semblent se porter à la rencontre des branchies.

On dirait être des cœcums qui se terminent par des

XOS XXVIl* LEÇON. CIRCUL. DES ANIMAUX ARTCIULÉS.

culs-de-sacs plus ou moins larges; mais on voit sortir du fond de ces culs-de-sacs des filets que je crois vasculaires.

Les parois de ces cœcums branchus, sont d'une minceur extrême et d'une transparence telle qu'il faut les avoir vus remplis de l'humeur laiteuse dont ils sont les réservoirs, pour se douter de leur existence quand ils sont vides.

Quand leurs parois sont distendues, elles forment des bosselures semblables à celles d'un cœcum de rongeur herbivore. Leur cavité m'a paru communiquer immédiatement avec le sinus latéral supérieur du même côté.

Chacun de ces sinus supérieurs se prolonge dans le dernier segment de l'abdomen, et y forme, en se divisant, environ huit cœcums de son côté , disposés en éventail, dont les parois sont aussi très-celluleuses.

Le sinus inférieur plus court se termine au niveau de l'anus.

Enfin, à l'origine de ce triple sinus, qui se voit derrière le pylore, j'ai observé deux vaisseaux grêles, dirigés en avant, se dilatant un peu en massue après un intervalle de six ou huit décimètres, au-dessus du boyau pylorique de l'estomac, et ayant l'air de s'y terminer librement en cul-de-sac. Mais un examen plus spécial fait découvrir des filets très-fins qui se dirigent vers les organes voisins.

Ces différents sinus sont ordinairement comme farcis, après la mort, d'une substance homogène blanche, granulée, que l'on rencontre aussi, quoique plus rarement et en moindre quantité, dans le vaiseau dorsal. C'est évidemment le sang de ces animaux.

SECT. II. RÉSERVOIRS DU FLUIDE NOURRICIER. iO^

Le système veineux capillaire des squilles n'est probablement qu'une suite de lacunes, à parois celluleuses, comme dans les décapodes, qui existent dans les intervalles des organes et dans les interstices de leurs parties ou de leurs fibres.

c) Des artères branchiales.

Nous pensons qu'elles proviennent des-culs-de-sacs qui terminent les ramifications latérales des sinus ; mais nous avons besoin de faire des recherches ultérieures pour pouvoir Taffirmer. Nous verrons, en décrivant les branchies , le double vaisseau afférent externe que renferme chaque membrane et chaque filament branchial.

d) Des veines branchiales.

Ces veines , qui ont été appelées vaisseaux branchiocardiaques, ne se terminent pas, comme on l'a cru, au côté dorsal du vaisseau artériel central ; du moins nous n'avons pu les y observer. M. Cuvier dit que] dans les Squilles, où le cœur est allongé, ils s'y rendent tous directement , de manière qu'on y voit entrer une paire de ces veines par chaque anneau du corps dans lequel le cœur passe.

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