I. Dans les Annélides Tubicoles
Dans les Tubicoles, qui ont toutes leurs branchies rassemblées sur le cou, comme Vamphitrite, les vaisseaux pulmonaires se réduisent à quatre troncs, deux artériels^ deux veineux, qui viennentd'ailleurs des troncs régnant tout le long du corps, sur l'intestin, et semblables à ceux que nous décrirons pour l'arénicole.
« Dans la Térëbelle prudente, le cœur est placé sur «l'œsophage et reçoit du corps le sang qu'il transmet » aux branchies par une artère qui se bifurque auprès »de la bouche (i). »
[Tels sont les termes dans lesquels M. Cuvier avait indiqué, dès i8o3, la circulation, dans ce genre.de
(1) Cuvier, ariicte Aniphitrite du Dlct, des Se, nat., t. ii, p. 77 ; Paris, 1816. Il faut se rappeler que ce volume était tléju imprimé en 1S03 , sauf le supplé-
ment
4â0 XXVll^ LEÇON. CIRCUL. DES ANIMAUX ARTICULÉS.
Tubicole, termes plus explicites que ceux de Tancien texte des leçons.
Le cœur paraît, en effet , branchial (:) ; il consiste en un gros vaisseau court, situé en avant sur le canal alimentaire.
Ce vaisseau reçoit le sang du corps d un vaisseau médian sus-intestinal , et d'un autre vaisseau médian sous-intestinal, qui le versent dans deux branches, formant un gros anneau, lequel entoure la portion avancée du canal alimentaire, et se termine à l'origine du vaisseau qui tient lieu de cœur. Celui-ci se porte directement d'avant en arrière, le long de la ligne médiane dorsale de la première partie du canal alimentaire 5 et se divise , soit en deux branches , comme le dit M. Cuvie)\ qui se sous-divisent ensuite ; soit en six branches, trois de chaque côté, pour autant de branchies. Une branche médiane, continuation fort réduite de ce tronc, va se perdre dans le premier anneau du corps et dans les tentacules.
Des artères branchiales, le sang pénètre dans chaque arbuscule qui compose la branchie correspondante. 11 passe ensuite dans des branches eflerentes , qui le portent dans une sorte d'aorte, située d'avant en arrière, le long de la ligne médiane ventrale, sous le canal alimentaire, et sur le cordon ganglionnaire; cette aorte envoie des branches et des rameaux dans toutes les parties du corps d'où naissent les racines du système veineux, qui aboutit au cœur branchial.
(1) Rcclierclics pour servir à rUiatoire de la Cuculation du Sang chez les AnneCidcSy par M. Milnc-Etlwards. Ann. dis Se. nat,, t. x; Zoologie, p, 200; et pi. 10,rig. !,/■; et pi. M,r 1, c.
Dans les hninrl/cs (i) il y a un vaisseau dorsal médian longitudinal , opposé à un vaisseau abdominal , simple dans une partie de son étendue, en avant et en arrière, double dans sa portion moyenne. Des branches transversales , qui répondent aux anneaux du corps, aboutissent à ces vaisseaux principaux. Ces vaisseaux tiennent lieu ici, par leurs contractions et leurs dilatations alternatives, d'organes d'impulsion, ou de cœur.
Les sabeUes {2) ont également un vaisseau dorsal médian et un abdominal , qui sont le point de départ ou l'aboutissant de tous les vaisseaux du corps.
Les branches qui naissent du vaisseau abdominal y forment des anses analogues à celles que nous décrirons dans plusieurs annélides dorsibr anches. ]
IL Dans les Annélides Dorsibr anches.
Tout le long de l'abdomen, au-dessus du cordon nerveux de Varc7iicole, règne un gros vaisseau qui va en diminuant par ses deux bouts. Il reçoit le sang par son origine antérieure, et donne des vaisseaux latéraux, au nombre de quinze de chaque côté , un pour chaque branchie. Ces vaisseaux tiennent lieu d'artères pulmonaires ; ils portent le sang aux branchies ; et c'est lorsque le gros vaisseau qui leur donne naissance se contracte , que les branchies se gonflent (5).
(1) Ibi(3.,pl. 11, f. 8. — (2) Ibid., pi. 2 , f. 2.
(3) ÎSI. Cuvier avait délcrminé différemment, dans raiicien texte de cet ouvrage, CCS dirfércnts vaisseaux. Le grand vaisseau dorsal supérieur devait être une vclnc pulmonaire ; les vaisseaux latéraux des aortes^ et les deux vaisseaux sur et sous-intestinal des veines caves et pulmonaires. Dans cette détermination les
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Des vaisseaux, en même nombre que les premiers, reportent le sang des branchies, mais ils ne vont pas tous à un tronc unique. Les neuf premiers aboutissent à uii gros vaisseau situé sous le canal intestinal, immédiatement au-dessus du premier que nous avons décrit. Les autres vont à la partie postérieure d'un vaisseau parallèle aux deuxpremiers, mais situé sur le canal intestinal. Ces deux grands troncs longitudinaux reçoivent donc tout leur sang des branchies et n'en reçoivent pas d'autre [?] Ils tiennent lieu à la fois de veines pulmonaires et d'aortes ; car celles de leurs branches , qui ne viennent point des poumons, sont des branches artérielles qui portent le sang à toutes les parties.
Ces branches artérielles se répandent sur la surface jaune du canal intestinal avec une régularité admirable, à la beauté de laquelle ajoute encore l'éclat de leur couleur pourpre.
Tous ces rameaux artériels aboutissent à deux vaisseaux qui rampent sur les côtés du même canal intestinal, et qui font l'office de veines-caves. Ils montent jusque vis-à-vis du bas de l'œsophage, et là ils font une inflexion pour communiquer avec la grande artère pulmonaire par laquelle j'ai commencé ma description.
L'endroit de cette communication forme un renflement qui montre à l'œil des contractions et des dilatations plus marquées que tout le reste du système; et quoique ses parois ne soient pas plus épaisses que celles des autres vaisseaux, on pourra, si l'on veut, donner à ce
cœurs seraient aorliqucs. C'est la première détermination du Dictionnaire des Se. naturelles, article Arénicole ^ que nous avons rétablie dans ce nouveau texte. Sa justesse a été confirmée par les dernières recherches, déjà citées, de M. Milnc-Edwards.
SECTION II. UIÎSEUVOIRS DU FLUIDE INOUiUUCIER. 4^3
renflement le nom de cœur; mais, comme il ne se trouve pas dans tous les genres de vers, il est peut-être plus exact de dire que la circulation de ces animaux se fait par des vaisseaux seulement, et sans cœur. Si toutefois Ton voulait admettre l'existence de ce dernier, au moins dans V arénicole^ il faudrait dire qu'il est double et branchial, et non aortique comme dans les mol" lusques et les crustacés.
Les autres anneiides errantes ou dorsibr anches^ telles que les aplirodites ^ les ampliinomes et les néréides [du moins celles qui ont des branchies détachées de la peau] , diffèrent des arénicoles par le plus grand nombre des vaisseaux pulmonaires correspondant au nombre plus grand des branchies, [et par phisieurs autres circonstances organiques, que nous ferons connaître d'après le mémoire, déjà cité, de M. M Une-Edwards.
Dans l'Eunice sanguine, il y a un vaisseau médian dorsal, qui règne le long du pharynx, reçoit des branches cutanées et va se perdre dans la bouche.
Il naît d'un anneau œsophagien, plus petit et moins important que dans les térébelles; à cet anneau viennent aboutir deux vaisseaux médians dorsaux, qui se rapprochent à mesure qu'ils se portent en avant, et qui reçoivent des branches transversales qui correspondent aux anneaux du corps.
Un autre tronc, opposé aux premiers, règne le long de la ligne médiane abdominale ; les branches qui s'en détachent à angle droit se dilatent en se repliant sur elles-mêmes. Nous verrons une disposition semblable dans les sangsues. Ces branches fournissent des ramifications à tous les organes , ou à toutes les parties appartenant à chaque anneau , y compris le canal ali-
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mentaire , les muscles sous-cutanés , les pieds et les branchies.
Le réseau vasculaire, dans lequel toutes ces ramifications se terminent, aboutit à d'autres branches qui se rendent dans le vaisseau dorsal.
Le système sanguin des néréides a été étudié depuis peu, avec beaucoup de soin (i); il présente des particularités remarquables.
Il n'y a qu'un seul vaisseau principal sur la ligne médiane du dos, qui tient lieu d'artère , et un vaisseau correspondant abdominal , qui tient lieu de veine. Ces vaisseaux communiquent entre eux, soit par des ramifications transversales, soit par leurs extrémités.
Le vaisseau dorsal médian s'étend dans toute la longueur du corps, sans montrer de renflement, sans changer de caractère. Le sang y coule d'arrière en avant.
Le vaisseau abdominal fournit pour chaque anneau une paire de branches transversales, qui se replient sur elles-mêmes, mais sans se dilater comme dans les Eunices {2). Chacune de ces branches se bifurque, après s'être ainsi contournée; un des deux rameaux se porte sur le canal ahmentaire ; l'autre se ramifie dans le pied et formé , autour de sa base , un réseau vasculaire respirateur, duquel naît une branche qui s'élève directe-
(1) Par M. /?. TFagncr {Zur vergleichcndcn physiologie des Blutes; Leipzig, 1833, pour la Ncrcidc messagère ; par M. Eatlikc (de Bopyro et Néréide, Rigœ et Dorpati, 1837) pour les N, lohulaîa et pulsntoria; par M. Milne-Edwo.rds ^ 30 octobre 1837, pour la Néréide de harasse ; enfin par M. A. E. Crabe {Zur anaiomic and physiologie der Kiemcnwiirmerj Kœnisberg, 1838 ) pour la même espîîce, qu'il rapporte au genre Eanice.
(2) Mémoire de M, MUne- Edwards, pi. 12, f. 1,
ment vers ce vaisseau dorsal , dans lequel elle porte le sang qui a respiré.
En avant, le vaisseau dorsal et le vaisseau abdominal communiquent entre eux par quatre organes vasculaires ou réticulés , qui font évidemment partie du système sanguin, soit comme réservoirs, soit comme organes dépurateurs. La paire antérieure située sous le pharynx lest de forme triangulaire ; l'autre paire a la forme d'une bourse à pasteur; elle occupe, un peu en arrière de la première , les côtés du pharynx (i).
Le vaisseau dorsal communique par deux branches avec chacun des organes réticulés inférieurs , et par une seule avec chaque organe réticulé postérieur.
Il sort de l'angle inférieur de ceux-ci une branche qui se réunit à sa semblable , en un vaisseau impair, dont l'embouchure est dans le vaisseau ventral médian ; tandis qu'il semble naître en avant du confluent de deux branches qui se confondent avec les angles postérieurs des organes réticulés inférieurs.
Ces quatre organes sont composés de deux membranes très-délicates, entre lesquelles se forme un réseau vasculaire, qui paraît susceptible de se dilater très-sensiblem.ent, et de contenir beaucoup de sang au besoin (2).
Dans les nephtys (3) le vaisseau dorsal présente un
(1) Voyez M. Rathhe, op. cit., labl. ii, f. 6 et 8 ; et M. MUne^Edwards, op, cit. , pi. 12, f. 3. Ici leur forme, observée dans une autre espace, est différente.
(2) M. Rathke s étend beaucoup sur ces singuliers organes (p. Zj8-50, et p. 54 et 55) , qu'il regarde comme des réservoirs pour les cas nombreux , où la circulation est erabarassée, soit dans le vaisseau dorsal, soit dans le ventral.
(3) Le Nephtys de Uomberg^ Ibid. pi. 12, f. 3 et 90.
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petit renflement à la base du pharynx et prend au-delà un très-petit diamètre. Le vaisseau abdominal est double, et placé de chaque côté du cordon nerveux. Il n'y a pas'd'organes réticulés. ]