‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 66 sur 92 · III. Les Annélides A brandies · texte numérisé non relu

III. Les Annélides A brandies

Parmi les annélides dites abr anches, et dans les sangsues, en particulier, où la couleur du sang est plus difficile à apercevoir , parce qu'il est plus pâle et se détache moins du fond, on parvient cependant aisément à distinguer les vaisseaux ; nous les avons injectés plusieurs fois au mercure. Il y a de chaque côté un gros vaisseau longitudinal , qui communique avec son opposé, par beaucoup de vaisseaux transverses, formant deux réseaux à mailles rhomboïdales, dont l'un du côté du dos , l'autre du côté du ventre. 11 faut que les rameaux de ce réseau , qui s'épanouissent à la surface de la peau, servent à la respiration de l'animal; car il n'a point d'autre organe pour cette fonction (i).

[ Chaque vaisseau latéral est d'ailleurs plus considérable en arrière qu'en avant, et ils se continuent l'un avec l'autre, aux deux extrémités du corps, de manière à former un cercle complet.

Les branches transversales qui en naissent à des in-

(1) Cette opinion , adoptée par M. Brandt ( Zoologie médicale^ t. ii, p. 251 ), n'est pas celle de MM. Moquin-Tandon , Dugès et autres anatomistes ; ils regardent la double série de vésicules latérales, s'ouvrant au dehors par autant de petits orifices , et sur les parois de chacune desquelles un rameau de ce grand vaisseau vient s'épanouir, comme formant un systil-mc de respiration supplémentaire, auquel appartiennent encore les anses vasculaircs flexucuses, à parois épaisses, correspondantes aux vésicules. Nous le décrirons avec les organes de respiration des annélides.

5ECT. IL nÉSERVOIRS DU FLUIDE NOURRICIER. 427

tervalles réguliers , se dirigent alternativement sur la face ventrale et sur la face dorsale de la sangsue. Les six dernières de colles-ci sont très-considérables , et com-^ muniquent directement avec celles du côté opposé. Il en naît, avant cette réunion, une autre branche de communication longitudinale et parallèle au vaisseau dorsal ; de sorte que ces branches principales forment un réseau à larges mailles, dans lesquelles se ramifient leurs rameaux et leurs ramuscules ] (i).

Il y a le long du dos un autre vaisseau mitoyen plus grêle, qui n*est point en liaison aussi immédiate avec les deux autres, que ceux-ci le sont entre eux, et qui donne des branches des deux côtés. [Ce vaisseau dorsal se trouve dans la ligne médiane du canal alimentaire. Il en naît une branche principale vis-à-vis l'origine de l'intestin qui suit la face ventrale de ce viscère (2).

Il y a de plus un vaisseau abdominal qui règne tout le long de la ligne médiane , recouvre et enveloppe le cordon principal des nerfs , présente des dilatations correspondantes à ses ganglions ; on voit sortir de cellesci autant de paires de branches transversales, qui se divisent à mesure qu'elles suivent cette direction en s'élevant de la ligne moyenne , vers la face dorsale , ou sur les côtés du canal alimentaire. En arrière du septième renflement jusqu'au quinzième inclusivement naissent des branches moins considérables (3), parallèles aux premières , qui vont aussi aux viscères et aux muscles cutanés. 1

(1) ZgoU ;ncd.y t. n, pi. xsix, B, f. 8, c. — (-2) Op. cit., pi. xxix, B, f. 9, e.

(3) Ibid., f., 10, c.

Le vaisseau dorsal appartient sans doute au sys^ tème artériel et les deux autres au système veineux commun ; mais je n'ai pu voir encore comment ces deux systèmes se joignent (i). Je n'ai pas fait non plus cette recherche sur le ver de terre , quoique j'y aie bien observé des vaisseaux longitudinaux ramifiés et remplis d'un sang d'un beau rouge.

[ Trois troncs longitudinaux forment , dans les lomôrlcs , les réservoirs principaux du sang : le premier dorsal, le second abdominal supérieur, ou sous-intestinal , et le troisième abdominal inférieur (le sous-nervien de M. Dugès) (2). Ce dernier se continue plus directement avec le dorsal aux deux extrémités du corps. Des branches latérales et leurs ramifications , qui se voient à chaque anneau du corps , établissent d'autres communications de l'un à l'autre de ces trois vaisseaux. Parmi ces branches transversales , nous en distinguerons sept, qui se remarquent dans le tiers antérieur du corps , vis-à-vis les organes de la génération ; elles vont directement du tronc dorsal au tronc abdominal ; leur forme en chapelet, composée d'une série de dilatations vésiculeuses de différentes grandeurs , les fait considérer comme remplissant les fonctions de cœur.

Enfin dans les naïdes qui appartiennent^ à la même famille que les lombrics, le système des vaisseaux sanguins se compose de deux troncs principaux, un dorsal

(1) M. Brandt n'a pas été plus heureux que Cuvicr, pour découvrir la liaison du vaisseau dorsal et du ventral entre eux et avec les vaisseaux latéraux. M. Dtigùs a vu les branches du vaisseau ventral qui sortent des renflements de ce vaisseau, remonter jusqu'au vaissean dorsal {Annales des Se. Natur,, t. xv, p. 310). — (2) Mémoire cité, p. 299.

plus considérable, ayant presque le diamètre du canal alimentaire, se fléchissant dans chaque anneau, de manière à former une succession de zi^-zags dans toute la longueur du corps ; l'autre ventral, plus direct, moins flexueux , et moins gros , avec lequel le premier a deux branches princip.ales de communication , analogues à celles en chapelets que nous venons de décrire dans les lombrics. On les voit dans une position semblable, immédiatement au-devant des organes de la génération ; elles se font remarquer par une dilatation vésiculeuse, pour chacune de ces deux branches, qui paraît remphr les fonctions de cœur. Il y a ensuite des anastomoses fréquentes entre les branches latérales et les ramifications capillaires de l'un et de l'autre de ces troncs. Les plus remarquables et les plus nombreuses sont celles qui se voient à la queue , et qui paraissent constituer un système de respiration cutanée, dans cette partie (i). ]

SEGTIOJN llî.

Du MOUVEMENT DU FLUIDE NOURRICIER , ET DES ORGANES QUI LE DÉTERMINENT PLUS PARTICULIÈREMENT ET QUI LE DIRIGENT, DANS LES ANIMAUX ARTICULES.

A. Dans les Crustacés.

[Il est à présumer que, dans tous les ordres de cette classe, il existe une grande et une petite circulation.

(1) M. DugCs, mémoire cilC-, p. 297, et M. Gruithuisen, Nova Ad, Natur. curios., t. XIV, p. 415.

430 XXnf LEÇON. CIRCUL. t>ES ANIMAUX ARTICULÉS.

malgré les lacunes que nous avons signalées dans le système des vaisseaux sanguins, et celles que nous signalerons dans la présence des branchies ; que le cœur s'y trouve toujours à l'origine des artères du corps ; enfin, que le sang n'y revient qu'après avoir fait un circuit dans les organes de la respiration.

Cependant, pour ne pas étendre aux autres ordres les conclusions que nous pouvons tirer des faits bien constatés concernant les décapodes, nous exposerons d'abord ce que l'on sait de la structure du cœur et du mouvement du sang, dans ce premier groupe.]

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