‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 78 sur 92 · C. Les Acalèplics · texte numérisé non relu

C. Les Acalèplics

[Dans ces animaux mous, demi-transparents pour la plupart, très-contractiles, les parties solides sont dans de très-petites proportions et les fluides en grande abondance (2), et conséquemment leurs réservoirs principaux , qui sont généralement des canaux, leurs ramifications, et les lacunes du tissu animal dans lequel ce fluide est épanché , doivent y prendre une grande place.

Dans les méduses, les réservoirs du fluide nourricier

(1) Ibid., p. 73, J'avoue ne pas bien comprendre comment ce sang limpide et sans globules a manifesté son changement de place sous l'influence d'une pression modérée, et par un grossissement de quatre cents diamtîtres.

(2) Suivant MM. Pérou et Lesueur une méduse de jilusieurs kilogramme» exposée à l'air, se résout en un liquide incolore, analogue i\ l'eau de la mer , et laisse à peine quelques milligrammes d'un résidu membranifurmf.

478 XXVÏir LEÇON. CIRCtJL. DES ANIMAUX RAYONNES.

sont OU des canaux , ou des lacunes , qui se continuent ou se confondent avec les organes d*alimentation. C*est , au fond , la répétition de ceux que nous avons décrits dans les Douves propres, parmi les intestinaux. Que l'on suppose, en effet, quatre ou huit douves réunies par Textrémité buccale et formant une roue; la première partie dilatée du sac alimentaire de chacun de ces animaux , confondue dans Taxe de cette roue, formera l'estomac central de la méduse; et les divisions ramifiées de ce même sac vasculaire , répondront à celles qui sont très-apparentes dans plusieurs de ces acalèphes; elles vont, comme Ton sait, en se multipliant et s'anastomosant réciproquement du centre à la circonférence , où elles forment assez généralement un réseau très-lin.

Ce rapport intime entre la cavité principale d'alimentation, simple ou compliquée, qui est au centre de l'animal, et les réservoirs du fluide nourricier, qui se continuent de ce centre à la circonférence, comme desimpies dépendances, comme des prolongements de cette cavité centrale ^ nous a déterminé à parler de ces réservoirs en décrivant les premiers (t. V, p. 425-4^4) •

Nous prions de relire cette description avant ce que nous allons dire encore des réservoirs du fluide nourricier de ces animaux, qui ne sera qu'un supplément aux pages que nous venons de citer.

Les méduses montrent toujours des vaisseaux ou plutôt des canaux, surtout à la face inférieure de l'ombrelle, où ils se dessinent par une autre nuance de couleur que celle du corps. Ils se dirigent en rayonnant du centre àla circonférence, et prennent toutes sortes de formes et d'apparences.

Ainsi, dans VEudore ondulcuso^ qui n'a pas de cavité alimentaire centrale avec une bouche, il y a cependant à la face inférieure quatre de ces rayons simples non ramifiés, qui se joignent au centre et forment une sorte de réservoir central. D'autres rayons plus nombreux commencent sous le bourrelet de l'ombrelle, le contournent et vont en se rapprochant et en diminuant de diamètre de la circonférence au centre, où ils se perdent. Plusieurs de ceix-ci semblent commencer dans des lacunes qui sont au-dedansdu bourrelet, à la face inférieure. Entre] les principaux rayons, formant un X à cette même face , on voit beaucoup de petits canaux qui se divisent sans s'anastomoser.

Dans les Bérénices^ qui sont aussi rangées parmi les Méduses astômes , ou sans ouverture centrale , il y a cependant une cavité centrale qui se divise en canaux irrégulièrement branchus , à mesure qu'ils se portent vers la circonférence. Ces branches sont bordées de cils que M. Guvier regarde comme autant de suçoirs (i).

Les prolongements ou les appendices filamenteux que portent beaucoup de méduses, soit à la face inférieure de leur ombrelle, comme ceux que nous venons d'indiquer, soit à son bord (les Bérénices^ les Carybdées), soit à leur pédicule [les Lymnorées et les Favonies, Péron et Lesueur,), paraissent contenir un canal afférent ou efférent servant à l'absorption ou à l'exhalation du fluide nourricier (2).

(1) Règne animal, t. in, p. 280, — (2) M. Milne Edwards l'a du moins constaté pour les teulaciiles de la Carybdùc marsupîa/ej Annales des Se. nat. , t. xxvui, pl.H,f. d2ttl3.

480 XXVIII*' LEÇON. CIRCUr. DES ANIMAUX RAYONNES.

Cette observation confirme Tidée adoptée par M. Cuvier , que les tentacules ramifiés ou chevelus qui partent de la base du pédicule, dans les Favonies elles Lymnorces, sont des suçoirs (i).

Une semblable disposition s'explique par celle des Rhizostomes et n'en est que la miniature.

En effet nous avons vu (2) que dans ce genre de Méduses , le pédicule est divisé , ou multiple ; que chaque branche dans le premier cas, que chaque pédicule dans le second (les Cassiopées) se sous -divise plus ou moins, et finit par porter sur les derniers rameaux, un grand nombre de bouches absorbantes ou exhalantes, suivant le mouvement de va etvient du fluide nourricier, du centre à la circonférence ou de la circonférence au centre.

On voit que c'est absolument le même appareil que dans les Favonies et les Lymnorées; mais qui se trouve à son plus haut degré de développement dans les Rlii-zostômcs.

Il y a, dans ces derniers animaux, un réservoir central que M. Cuvier compare à la fois à l'estomac (3) , parce qu'il est l'aboutissant des troncs vasculaires du pédicule , et au cœur , parce qu'il présente en même temps les embouchures des troncs vasculaires de l'ombrelle. Ce n'est réellement qu'un réservoir principal du fluide nourricier, lequel n'y arrive qu'après avoir été composé immédiatement de toutes pièces, parlesbouchesabsorbantesdelasurface du corps, qui exercent ici une sorte de digestion extérieure. Le

(1) Kègnc animal , t. m, p. 279.— (2) Tome v, p. ^32. — (3) Ibiil.,p. 433.

fluide nourricier ne paraît pas devoir subir, dans ce réservoir central , un travail digestif, comme dans un estomac. D'un autre côté, ses parois n'étant pas détachées de la substance du corps , ne j^euvent pas se contracter indépendamment de cette substance. Ce n'est donc pas davantage un cœur analogue à celui des animaux plus parfaits. Les mots de réservoir central du fluide nourricier sont les seuls qui nous paraissent exprimer avec justesse ses fonctions.

Dans les Méduses propres qui ont une cavité centrale ouverte à l'extérieur par une bouche correspondante , l'action digestive paraît devoir s'exercer plus spécialement dans cette cavité, d'où le fluide nourricier est versé immédiatement dans les troncs vasculaircs qui y prennent naissance par de larges embouchures.

Ces canaux ne se ramifient pas tous en allant du centre à la circonférence (dans les cyanées, t. V, p. 4'^0' Il y en a même qui paraissent avoir, dans un canal cellulcux qui borde l'ombrelle, des orilices exhalants ou absorbants , si ce ne sont pas les issues des oviductes.

Ces mêmes cyanées, du moins la Médusa aurita, L., présentent à la face inférieure de leur ombrelle des canaux ramifiés d'une finesse extrême.

2^ Les Béroês , qui forment la seconde famille des Acalèplies simples, auraient quelque chose de semblable au réservoir des rhizostôines. MM. Quoy et Gaimavd (i) ont décrit une cavité centrale située vers l'extrémité de Taxe du corps, qu'ils distinguent, peut-

({) Zoologie de CÀslrAibc, t. iv, p. 37.

482 XXVIir LEÇON. CIRCLL. DES ANIMAUX KAYONNÉS.

être à tort, du canal occupant cet axe. Ikiix branches se divisant chacune en quatre autres , se dirigent de cette cavité vers la surface du corps, et y versent le fluide nourricier dans huit canaux qui vont d'un pôle à l'autre et qui communiquent dans les lamelles ciliées fixées le long de ces canaux.

11 nous semble qu'il n'y a, dans cette description, rien qu'on ne puisse justement comparer à ce que nous avons dit des principaux réservoirs du fluide nourricier de ces animaux, en décrivant leurs organes d'alimentation.

5°. On voit encore de gros canaux dans la crête des Phy sales ; mais il n'y a plus moyen de trouver d'autres traces bien prononcées de cavités vasculaires pouvant servir de réservoir au fluide nourricier, dans les autres Acalèpkes , dont les tissus organiques ne paraissent plus que cellulaires. ]

D. Les Polypes,

[MM. Audouin et Milne Edvards ont vu dans Valcyon étoile un système compliqué de canaux ramifiés (i).]

E. Les Infmoires rotlfcres,

[M.EIirenberg décrit des vaisseaux cutanés cerclant régulièrement, en travers, le corps de ces animalcules, et se rendant dans un tronc qui occupe la ligne médiane dorsale (2).]

(1) Annaics des Se. Nul., 2"'" série, t. iv, p. o:;S, et pi, 45, flg. 9, et pi. IC, fig. 4ct 6.(2) Annales des Se. Naf., 2'"* sirie, l- i, p, 13<), et pi. 5, f. i6, «', n».

SECT. m. MOUVEMENT DU FLUIDE NOURHICIER. 483

F. Les Infusoires homogènes,

[Sont absolument dans le même cas que les derniers des acalèphes; on n y découvre aucun vaisseau.]

SECTION III

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