‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 77 sur 92 · II. Les Parenchymaleux · texte numérisé non relu

II. Les Parenchymaleux

[Les Echlnor/iyngues que M. Cuvier place dans cet ordre, quoiqu'ils aient encore une cavité viscérale distincte, ont aussi cette cavité pour principal réservoir de leur fluide nourricier.

Leurs seuls vaisseaux sont : i** ceux assez nombreux qui paraissent à la surface des bandelettes (lemniscae ) que nous avons décrites page 4^^ ^^ tome Y. 2** Les canaux latéraux , dont les orifices sont non loin de l'attache de ces bandelettes , lesquels s'étendent jusqu'à l'extrémité postérieure du corps et s'y terminent par un cul-de-sac (i). ô" Enfin un réseau vasculaire qui a été observé dans le derme (2). Il n'y a là que des rudiments , que des débris d'un système vasculaire complet.

La grande famille des Trematodes, Rudolphi, nous offrira de tout autres dispositions. Ici il y a souvent un système vasculaire très-developpé et même deux , qui paraissent jouer un rôle plus ou moins important , soit

(d) M. Claqiict, Op. clh, pi. V, f. 3 E, et pi. vi, f. 4 E, et p. 85.

(2J Aiig, H. Weslruinb , De helntinthibus acanihoccphalls. Hanovrioc, 1821.

comme réservoirs du fluide nourricier , soit comme renfermant une humeur que l'animal peut rejeter audehors.

Le premier système se confond avec le sac alimentaire , qui se divise ici en deux branches, lesquelles se ramifient, à mesure qu'elles se portent en arrière, en rameaux et en ramuscules très-nombreux. Nous avons déjà indiqué ce singulier arrangement du sac digestif devenu un vaisseau double très-branchu (t. V, p. 4^8), arrangement dnns lequel il y a une espèce de fusion entre les organes d'alimentation et les réservoirs du fluide nourricier. Cela se voit, entr 'autres, dans la douve du foie (i) (distoma hepaticum); le polystomum appendiculatum , KuHN (2); Voctobotlirlum merlangi, Leuckart (3).

Dans d'autres genres de cette famille dans lesquels le sac digestif n'a que deux branches, simples ou ramifiées , il y a un système vasculaire dont les rameaux nombreux et les ramuscules pénètrent le parenchyme et s'étendent à la peau. Ils aboutissent à trois ou cinq troncs, dont un moyen s'anastomose avec les autres en avant du corps , et les latéraux se rendent par paires dans un réservoir considérable qui occupe l'extrémité postérieure. Ce réservoir se contracte de temps à autre, dans l'état de vie, et laisse échapper une humeur limpide , tandis que celle que renferme le double sac alimentaire est brunâtre (4). Il serait difficile de bien

(IJ Ed. Schmaltz, Op. cit., t. vu, f. 1, d'après Ed. Machlis, et fig. vu, d'après Bojanus. — (2) Nordmann, Op. cit., pi. v, f. 6. — (3) Id. , Op. cit., pi. VII, f. 2. —(4) Nordmann, Op. cil. , pi. iv, D. E. pour le Distoma clavatum, et f. 6 pour le D. volvens.

476 XXVIII^ LEÇON. CIRCUt. DES ANIMAUX RAYONNES.

déterminer remploi de ce singulier appareil vasculaire, qui rappelle les trachées aquifères des holothuries.

La famille des Planaires, qui a tant de rapports avec celle des Douves, nous a présenté aussi plusieurs formes des cavités alimentaires , parmi lesquelles nous avons de même trouvé la forme arborescente (t. V, p. l\2Q),

On a vu de plus, dans les Planaires proprement dites (i), un système vasculaire très-compliqué, composé de deux troncs plus rapprochés du bord que de la ligne moyenne, qui se voient à la face inférieure du corps , dans toute son étendue , et forment un arc en avant et en arrière, pour compléter le cercle circulatoire. "Les rameaux et les ramuscules qui en naissent composent un réseau à mailles plus lâches vers la ligne moyenne , où ceux de chaque tronc latéral se confondent et s*anastomosent ; tandis que celui de l'extrême bord de l'animal a des mailles très -fines et trèsserrées.

Enfin on a décrit et représenté (2) dans un genre paradoxal de cet ordre, le Diplozoon, un système vasculaire qui serait aussi complet que dans les annélides. En supposant que cet animal soit composé de deux corps, réunis par la partie moyenne, il y aurait vers ce bord interne et vers le bord externe de chacun , un tronc flexueux efférent ou portant le sang de l'extrémité antérieure à l'extrémité postérieure ; puis im tronc afférent , rapportant le sang de celle-ci vers la première. Chacun de ces troncs a de nombreuses

(1) Les PI. brune, noire, trémellaire, Recherches sur r organisation et les mœurs des planaricèfy par M. DugOs. Annales des Se, mit. j t. xx, p. 4 GO, et pi. 5, f. 1 et 2. — ('J) M. Nordinanii, Op. cit. , pi. vi, f. 1.

SECT. IT. KKSEUVOIRS DU FLUIDE NOURRICIER. àl7

ramiricalions. Le sang , qui est limpide comme de l'eau , s'y meut d'un mouvement très-rapide , quoiqu'on n'aperçoive aucun mouvement decontraction ou de dilatation dans les parois de ces vaisseaux (i).

Dans \qs tcîiioides , dont les cavités alimentaires forment deux longs vaisseaux qui s'anastomosent dans chaque articulation par des branches latérales, celles-ci servent en même temps de réservoirs au fluide nourricier, qui se répand de là dans les lacunes du parenchyme.

Les deux dernières familles des Parencliymateux , celles des kydatidcs et des ccstoidcs ne présentent plus aucun vaisseau. Elles sont à cet égard, pour le règne animal , ce que les végétaux cellulaires sont pour le règne végétal.]

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