I. Du Foie ou des Vaisseaux hépatiques
[Inexistence, la forme et la structure du foie présentent des différences dans le type des articulés que nous devons décrire, et dont nous chercherons à saisir les rapports.
L'existence du foie ou des tubes sécréteurs qui en tiennent lieu n'a pas encore été démontrée dans un assez grand nombre de petits crustacés, d1 arachnide s trachéennes, dans beaucoup ftannélides, dans quelques insectes hémiptères.
Cette lacune tient peut-être, pour plusieurs, à la difficulté des observations chez de très petits animaux , quand il s'agit d'un organe dont l'analogie peut se cacher sous d'autres formes et sous une autre structure , et dont les rapports peuvent avoir été plus ou moins modifiés, sans être entièrement changés.
Nous avons vu le foie des mollusques présenter encore, dans les classes supérieures de ce type, de grandes ressemblances de structure et de forme avec celui des vertébrés. Ces ressemblances s^effacent dans les animaux articulés.
Le foie y semble être moins indépendant; il y est généralement moins séparé du canal alimentaire. Sa structure s'y trouve aussi bien simplifiée ; elle n^y consiste plus essentiellement qu'en vésicules ou en tubes simples ou ramifiés, isolés ou agglomérés, dont la ca-
vite est en communication immédiate avec différentes parties du canal alimentaire. La couleur jaune ou brune de la matière que ces tubes renferment, et qui caractérise la bile, en fait reconnaître la nature et la fonction.
Mais ceux qui appartiennent à des animaux articulés, qui ont encore des vaisseaux sanguins ont leurs parois plus ou moins dessinées par les ramifications de ces vaisseaux , et peuvent encore présenter , comme dans les crustacés décapodes, une sorte d'agglomération, en se ramifiant, qui rapproche ce foie de celui des vertébrés.
Dans les insectes, au contraire, qui manquent de système vasculaire sanguin complet, le foie est réduit à sa plus grande simplicité, et ne consiste plus qu'en longs tubes simples ou vésiculeux, séparés les uns des autres dans la plus grande partie ou dans la totalité de leur longueur.
(Test dans l'origine de l'intestin seulement, ou dans sa première portion, que la bile arrive chez les crustacés qui ont un estomac distinct.
Chez les insectes , elle pénètre généralement dans cette partie du canal alimentaire que nous avons comparée à l'estomac et au duodénum; elle n'y arrive même qu'à la fin. Chez quelques-uns, il n'y a qu'une portion de la bile qui prend cette direction; l'autre portion est versée dans la dernière partie du canal alimentaire , comme humeur directement excrémentitielle.
Nous avons vu quelque chose d'analogue chez les torts , parmi les mollusques gastéropodes nudibranches. Nous avons même fait remarquer que dans les hétéropodes nucléobranchidés, de cette même classe,
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toute la bile était portée à la fin du canal alimentaire, et n'était plus qu'une humeur excrémentitielle. Ces exemples ont dû nous préparer à voir cette humeur prendre, en partie, ce caractère dans quelques familles d'insectes.
A. Dans les Crustacés.
Quoique les crustacés aient encore un cœur et des vaisseaux, la plupart n'ont déjà plus de foie proprement dit, [c'est-à-dire composé à la manière d'une glande conglomérée, comme celui des vertébrés et des mollusques]. Leur organe générateur de la bile est formé simplement d'une quantité de petits tubes aveugles. C'est apparemment comme le pancréas des poissons, que l'on juge être remplacé par cette multitude de cœcums qui s'ouvre à l'origine de l'intestin.
\ . Les Décapodes.
Les cœcums hépatiques des Décapodes décèlent aisément leur nature : leur couleur est jaune ; leurs parois semblent spongieuses ; la liqueur qu'ils produisent est brune et ainère; c'est elle qui donne son amertume à ce que l'on nomme la farce dans les écrevisses ; car les cœcums hépatiques remplissent, avec l'estomac , presque tout le thorax de ces animaux , et dans le bernardhermite ils remplissent encore presque toute la queue. [ Ils sont de proportions très variées, plus ou moins nombreux etramiiiés , ils peuvent même être remplacés par une vaste poche anfractueuse , comme dans les Palœmons , qui communique avec le commencement de l'intestin.
Dans Yécrevisse commune , les cœcums hépatiques forment, de chaque coté du thorax, trois paquets con-
sidérables de petits canaux adhérents entre eux par un tissu cellulaire très fin, et retenus encore par des brides d'une membrane transparente extrêmement fine, qui passe d'un paquet à l'autre, en traversant l'intestin. Tous ces canaux paraissent communiquer ensemble, de manière que l'humeur qu'ils contiennent est versée par les principaux du faisceau moyen, dans une espèce de cul-de-sac que forme le canal intestinal , dans sa partie duodénale qui est très courte.
Le Pagure strié (Latr. ) a deux énormes paquets de cœcums, agglomérés sur les côtés de toute Fétendue du canal intestinal, dans la poitrine et dans l'abdomen, jusque près de l'anus. Us se détachent des ramifications de deux troncs principaux , sont la plupart courts et coniques et versent la bile dans le commencement de l'intestin.
2. Dans les Stomapodes , comme dans les décapodes, le foie se compose de cœcums distincts, séparés, sans parenchyme intermédiaire. Ce sont des vaisseaux ou canaux ramifiés qui se voient de chaque côté de Fintestin ; du moins nous les avons ainsi observés dans la squille mante , et nous pouvons rectifier ici une erreur de notre première édition, erreur qui a été copiée jusqu'à présent par tous les auteurs qui ont voulu faire connaître Inorganisation de ces animaux.
L'organe divisé en lobes (1), que M. Cuvier avait
(1) Voici le texte ancien, ou celui de la première édition, que nous croyons devoir rectifier :
« Les Mantes de mer (Squilla Fab.) font exception à la règle; elles » ont un foie rangé par lobes des deux côtés de toute la longueur du » canal , et qui est solide et tout-à-fait semblable à une glande conglo- » mérée. »
Meckel O. C. p. 160 du t. IV, étend cette erreur aux pœnêes et aux
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pris et décrit pour le foie, est l'ovaire. Nous y avons reconnu une quantité innombrable d'œufs.
Ainsi , relativement au foie , les squilles sont dans le même cas que la plupart des décapodes, avec cette différence que leurs cœcums sont moins nombreux.
3 et 4. Les Amphipodes et les Lœmodipodes .
Le foie, dans Yhiella, serait un bourrelet glanduleux qui entoure le cardia et se porte sur les côtés de l'intestin , jusque vers le milieu de sa longueur, vis-à-vis le sixième anneau du corps (1).
Dans le cyame de la baleine , le même organe se compose de deux corps cylindriques, alongés, de substance jaune et d'apparence granuleuse, qui sont flexueux et se prolongent jusque dans le dernier anneau de l'abdomen. Leurs canaux excréteurs aboutissent au commencement du canal intestinal (2).