‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 104 sur 170 · C. Dans les Insectes · texte numérisé non relu

C. Dans les Insectes

L'anus, dans cette classe, est généralement rapproché des organes extérieurs ou copulateurs de la génération. Il faut le distinguer en anus intérieur et en anus extérieur.

L'anus intérieur , ou la fin du rectum , s'ouvre à la partie supérieure et antérieure d'une dilatation terminale que l'on peut comparer , non pas précisément au cloaque des oiseaux, mais à celui de certains mammifères ; car il y a ici cette différence avec le cloaque des oiseaux , que la semence et les œufs n'y sont pas reçus immédiatement , mais qu'ils traversent le tube de la verge du mâle ou le vagin de la femelle , que ce cloaque peut contenir en partie ou en totalité. Il en résulte que l'orifice extérieur des excréments est bien distinct de la vulve ou de Forifice de la verge.

On compte quelquefois jusqu'à sept écailles différentes qui protègent à Vextérieur ces différentes ouvertures (1), dont on ne pourra se faire une idée que lorsque nous traiterons des organes de la génération. On y verra d^illeurs que ces écailles, qui garnissent l'orifice du cloaque , ou qui forment les parois solides des organes copulateurs mâle ou femelle, sont les analogues des derniers anneaux de l'abdomen des larves , ayant changé de forme et de dimensions à l'état parfait pour remplir d'autres emplois ; de sorte que les derniers anneaux de l'abdomen des insectes parfaits ,

(1) F. U Dufour. O. C% sur les hémiptères, pi. XIV, flg. 157.

346 XXIIIe LEÇON. ORGANES REP. DES ANIM. ARTICULÉS.

sujets à de complètes métamorphoses , ceux qui entourent l'anus extérieur , sont loin de correspondre aux derniers anneaux de Fabdomen des larves.

Mais ces rapports de l'anus et des organes de la génération ne sont pas semblables dans tous les insectes. Nous verrons que, chez les libellules , c'est à la base de Fabdomen, au-dessous desonsecond anneau , et non à l'extrémité du corps , que se trouve l'organe copulateur du mâle.

Ces mêmes rapports n'existent pas non plus dans les insectes à métamorphose complète , lorsqu'ils sont encore à l'état de larve.

La différence la plus extraordinaire que présentent les insectes à cet égard, c'est'Fabsence d'anus chez quelques larves , telles que celle du fourmilion (1) parmi les névroptères; celles des guêpes et des abeilles , parmi les hyménoptères ; absence que nous avons déjà signalée en décrivant le canal alimentaire , et sur laquelle nous aurons Foccasion de revenir dans notre dernière leçon sur le développement des animaux. Il semble que, dans ce cas , les substances alimentaires tout entières sont transformées en sucs nutritifs ; ou si elles laissent quelque résidu , ils ne peuvent qu'être rendus par le vomissement , l'appareil alimentaire ne formant ici qu'un sac à une seule ouverture.

Une autre différence est celle de la position de l'anus tout-à^fait à la face dorsale qui a lieu chez d'autres larves ( celle de la criocère de l'asperge), qui se garantit de Faction desséchante du soleil en se couvrant de ses excréments.

(1) Nous avons fait connaître que, d'après les dernières observations de M. L. Dufour, cette larve aurait un anus.

Le mécanisme par lequel les excréments sont, expulsés du cloaque n'est pas moins compliqué dans ces petits animaux que dans les mammifères. Mais comme ce mécanisme est lié aux organes de copulation , nous n^en parlerons en détail qu'en décrivant ces organes. Nous dirons seulement ici qu'il résulte à la fois de la forme des derniers segments du corps , des rapports qu'ils ont entre eux des muscles qui les meuvent et des mouvements dont ils sont susceptibles. Il dépend encore d'un sphincter qui entoure Fanus intérieur; de muscles qui agissent directement sur le rectum , l'abaisseur et le fléchisseur latéral ; et enfin de ceux qui meuvent le cloaque, au nombre de quatre (1).

D. Les Annélides.

Les Serpules, qu'on pourrait confondre avec les vermets , qui sont des mollusques , s'en distinguent , entre autres , comme animaux articulés , en ce que leur anus est à l'extrémité opposée à la bouche, et que leur tube calcaire est toujours ouvert de ce dernier côté, c'est-à-dire à son sommet (2).

Dans les sangsues , il faut le chercher au-dessus de la ventouse anale. Ses dimensions varient : à peine visible dans les sangsues vraies, celles qui se nourrissent de sang, il est bien plus considérable dans celles qui vivent de proie, les hœmopis , et qui ont des excréments plus abondants]

(1) On pourra en prendre une idée, du moins pour les coléoptères, dans les très belles planches gravées de l'ouvrage déjà cité de M. Straus- Durckheim, pi. 2 , fig. 5, pi. 4 , fig. 3 et pi. 5, fig. 4 et 5.

(2) V. l'article Serpule du Dict. des se. not. , par M. de Blainville , t. 48, p. 550.

ARTICLE V

DU FOIE OU DES VAISSEAUX HEPATIQUES, ET DES ANNEXES DU CANAL ALIMENTAIRE DANS LES ANIMAUX ARTICULES.

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