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I. Les Intestinaux cavitaires

Sont ceux dont l'enveloppe commune intercepte une cavité distincte, dans laquelle flotte , entre autres viscères, un tube alimentaire complet, allant delà bouche à Fanus, qui sont aux deux extrémités du corps, lequel a généralement une forme très alongée et cylindrique.

Le canal alimentaire s'unit aux parties voisines par de nombreux filets , que les uns ont pris pour des vaisseaux nourriciers , les autres pour des trachées , mais sans preuve (1).

Le canal alimentaire est généralement droit, assez large, d'un diamètre égal, sans boursouflures, ayant très peu d'étranglements , et souvent n'en montrant aucun. L'œsophage se distingue par un plus petit diamètre , qui est aussi quelquefois plus grand. La poche stomacale se fait remarquer, dans quelques-uns, par plus d'ampleur , des parois plus épaisses , et par deux étranglements, un au cardia, l'autre au pylore. Elle peut être divisée en deux autres poches qui se suivent.]

Parmi les vers intestiîiaux cavitaires , l'ascaride lombrical a un canal très simple , à parois minces , à peu près égal partout, et à peine plus long que le corps.

[ L'œsophage est court, fusiforme, c'est-à-dire plus étroit en avant, plus large en arrière, séparé de l'estomac par un étranglement. Ses parois sont épaisses y sa cavité est triangulaire, et communique dans l'es-

(0 Cuvier. Règne animal, t. III, p. 247 et 248. Ces apparences de trachées ou de vaisseaux blancs se voient bien dans le scrongle géant. Presque tout son canal alimentaire reçoit , d'une suite de troncs très courts qui semblent sortir de la peau à des intervalles assez réguliers , des ramifications qui partent de. çjg tro.nç en rayonnant sur la surface de. l'inteatin.

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tomac par un orifice de même forme. II a parfois un plus grand diamètre que l'estomac ; dans d'autres cas ce diamètre est plus petit.

L'estomac forme un canal d'un diamètre égal , qui se continue jusque très près de la moitié de la longueur du corps. Il est suivi d'un intestin d'abord étroit , qui s'élargit peu à peu et parvient à un grand diamètre dans sa dernière moitié.

L'anus forme une fente transversale qui se voit , du côté du ventre , un peu en deçà de l'extrémité postérieure du corps (1).

Les oxyures ont un œsophage plus long, à proportion , que les ascarides , formant à la fin une dilatation globuleuse , comme un jabot. Un étranglement la sépare de l'estomac, qui est petit et sphérique comme un gésier. Rarement se divise-t-il en plusieurs poches de même forme. L'origine du canal alimentaire est de même arrondie, dilatée et très séparée de l'estomac par un pylore étroit. L'intestin est droit ou un peu sinueux, suivant les espèces. Son canal, d'un calibre assez égal dans la plus grande partie de son étendue, se dilate un peu vers la fin ; mais cette partie plus dilatée va beaucoup en se resserrant , pour former le rectum , canal étroit dont l'issue ou l'anus se voit à la face ventrale du corps , bien avant l'extrémité effilée de cette partie (2).

Les vibrions diffèrent très peu des oxyures, à cet

(1) Anatomie des vers intestinaux : Ascaride lombricoïde et Echinorhinque géant; par M. J.Cloquet. Paris , 1824

(2) V. Ed. Schmaltz. Tabulœ analomiam Entozoorum, etc. Dresdae et Lipsiœ, 1831. T. XVII, fig. 2, 3, 8 et 9 , et t. XVIII, fig. 1, et les Recherches sur l'organisation de quelques espèces d'oxyures et de vibrions , par M. Dugès. Annales des se, natur., t. IX, pi. 47, fig. 15, f§> 17 et 18.

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égard. Dans le V. du vinaigre (-1), l'œsophage est un canal plus long, qui ne se dilate pas vers l'estomac: c'est la même chose dans celui de la colle (2).

Le gésier est petit, aussi globuleux, et le premier renflement de Fintestin ressemble encore à un estomac.

Les Filaires ont, comme les autres cavitaires, un canal alimentaire qui va droit et sans détour de la bouche à F anus. Celle-ci est une ouverture ronde terminale , entourée d'un rebord en étoile. L'œsophage est un canal court et mince , qui se dilate bientôt pour former une poche une fois plus longue, cylindrique, d'un calibre trois fois plus grand , qui répond à Festomac. Dans tout le reste de son étendue , jusqu'à l'anus, le canal alimentaire formant l'intestin prend un petit diamètre et un calibre égal. Il se termine à l'anus, percé très près de l'extrémité dans le mâle, laissant au-delà une queue médiocre dans la femelle (3).

Les strongles , comme les précédents , ont le canal alimentaire droit et sans circonvolutions ou sinuosités, si ce n'est quelquefois à la fin de son trajet. Le str ongle du cheval, ou str ongle armé , l'a tout uni (4). Le str ongle géant l'a ridé transversalement (5). L'orifice buccal, qui est rond, donne dans une première poche cloisonnée qui est courte et peut être considérée à la fois

(1) lb. fig. 19.

(2) lb. fig. 20 et 21.

(3) Quelques matériaux pour servir à l'histoire des Filaires et des Strongles, par M. C. Leblonrl, d.-m. , pi. I, fig. 1-2-6, et pi. II, fig. 1, pour la femelle ; pi. 1, fig. 4 et 7, et pi. III, fig. 1 et 2 , pour le mâle.

(4) Aug. Herm. Westrumb. Mémoire pour servir à l'anatomie du strongle arme. Isis de 1823 , et M. Schmaltz. O. C. pi. XVIII, fig. 10 et 11.

(5) Cuvier. Règne animal, t. III, p. 253.

comme la cavité buccale et F oesophage. (Test l'organe de succion et de déglutition.

Tout le reste de ce long canal alimentaire , sauf la dernière portion qui répond au rectum , est plissé en travers et comme articulé extérieurement , quoique intérieurement sa cavité ne soit pas interrompue par des cloisons. Il formait , avant de se terminer à l'anus , dans l'un des deux individus que nous avons examinés (1), deux courtes circonvolutions , et il était , dans cette partie , d'un calibre plus petit , bien égal , et sans aucun étranglement.

Dans l'autre individu, les plis ou articulations de la plus grande partie de ce canal étaient bien moins évidents. Il était comme enveloppé d'une substance de couleur foncée dans presque toute son étendue , excepté dans le rectum ; c'est cette substance qu'on regarde comme le foie. Le dernier intestin prenait subitement un plus petit diamètre que le reste; il était farci d'excréments jaunâtres ou d'un blanc sale.

Le Str ongle armé a l'entrée du canal alimentaire tout à fait terminale et percée au centre du renflement sphérique que forme sa tête. Elle est entourée de trois replis concentriques, dont l'interne est armé d'aiguillons. La cavité buccale est sphérique comme la tête, et conserve cette forme par la nature et la solidité de ses parois cartilagineuses. Après elle , le canal alimentaire se rétrécit beaucoup , puis se dilate un peu et s'étrangle de nouveau. Cette portion, qui peut avoir le sixième de la longueur totale , peut être considérée comme l'œsophage. La portion qui lui est subitement

(1) Provenant l'un et l'autre d'un phoque.

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dilatée en prend un gros calibre, qui diminue peu à peu jusque l'autre extrémité du corps, où ce canal devient très étroit avant de se terminer à l'anus (1).

Les linguatules (pentastoma , Rud. ) ont de même un canal alimentaire qui va droit d'une extrémité du corps à l'autre , où se voient la bouche et l'anus.

Mais ce canal se distingue par l'existence de deux cœcums qui prennent naissance près de son origine (2).

Les Lernées , qui, suivant M. Cuvier, ont à peu près la même organisation extérieure et intérieure que les Intestinaux cavitaires , ont comme eux , en effet , un canal alimentaire simple et sans circonvolutions , ou sinuosités apparentes , dont le diamètre varie un peu , dans son trajet de la bouche, qui est à l'extrémité antérieure du corps , à l'anus , qui est à l'extrémité opposée.

J'ai vu cependant, dans un grand exemplaire de la Penne lia, filosa (3) , deux longs cœcumis étendus de l'origine du canal alimentaire, où ils m'ont paru s'attacher, jusque près de l'extrémité postérieure. Cette organisation serait analogue à celle des hirudinées suceuses de sang; mais on ne l'a décrite, que je sache, dans aucun autre genre de cette famille. Il paraît même que la P. sagitta, L. , aurait un canal alimentaire simple , sans les cœcums que nous venons d'indiquer (4).

Parmi les Lernées propres ( lernœocere , Bl. ) , la L. cyprinacea montre à travers ses téguments transpa-

(1) O. C de M. le docteur Leblond. PI. IV, fig. 2 et 3, et pi. VI, fig. 7 pour le mâle , et pi, VI, fig. 1-5 pour l'anus de la femme.

(2) Règne animal, t. III. p. 25S.

(3) Rapportée de Nice par M. Laurillard.

(4) Suivant M. Nordmann qui n'a eu , à la vérité, que de très petits individus. Tabl. X, fig. G et p. 123 de l'ouvrage déjà cité.

rents la forme de son canal alimentaire, ordinairement farci d'aliments ou d'excréments de couleur foncée.

Ce canal commence à la bouche par une poche sphérique ; traverse, sans faire aucune sinuosité , toute l'étendue du corps ; il se dilate un peu lorsque est parvenu vers l'extrémité postérieure, où le corps est le plus large. Le rectum est un canal de plus en plus fin qui sort de cette dernière dilatation et se termine à Fanus , percé à Fextrémité de Fabdomen. Les parois en sont minces , granuleuses 7 et se composent entre autres d'un tissu de fibres transversales et longitudinales (1).

Dans une autre espèce de ce genre, la lernœa brancliialis , ce même tube , plus étroit dans le cou , s1 élargit dans Fabdomen. Ses parois sont formées d'un tissu mince , transparent , où Fon distingue des fibres musculaires transversales , et des fibres longitudinales qui se croisent (2).

L'anus est percé entre deux proéminences, à Fextrémité arrondie du ventre.

Le même canal, dans le trac lie lyastes polijcopus(3)y est droit, plus dilaté dans le cou qu'au-delà, et reprenant un peu plus de diamètre avant de se terminer à Fanus. Sa dernière portion se meut régulièrement et alternativement à gauche et à droite, dans Fétat de vie, phénomène singulier que M. Nordmann a également observé dans Vacheteres percarum.

Le canal alimentaire du penicalus fistula s'étend droit

(1) Ibid. p, 121, et pi. VI, flg. 2.

(2) Ibid. p. 132.

(3) Ibid. p. 98, et. tabl. VI, flg. 3 k,

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de la bouche à F anus. Il est dilaté dans la tête , resserré dans le cou , dilaté de nouveau dans le ventre , pour se resserrer une dernière fois avant de se terminer à l'anus. Les parois en sont très minces (1).

Dans Yachetercs percarum, N. (2), femelle, le même tube alimentaire est simple, droit, fusiforme, un peu dilaté dans son principe , plus large dans sa partie moyenne , s'amineissant beaucoup dans le rectum , qui forme un cône alongé. Ce canal présente d'ailleurs, excepté dans le rectum , des étranglements et des dilatations alternatives (3).

Trois rubans museuleux s'attachent aux téguments, entre le quatrième et le cinquième segment postérieur, et se réunissent en un seul faisceau , qui se divise de nouveau en trois branches pour embrasser une portion correspondante du tube alimentaire, Ils servent sans doute au mécanisme qui produit ces mouvements fréquents , réguliers , de gauche à droite et de droite à gauche, delà dernière portion du canal alimentaire ( on en compte de 60 à 65 par minute ) , mouvements qui alternent encore avec la dilatation et le resserrement alternatifs de la partie de ce tube à laquelle ces muscles s'attachent (4).

Le canal alimentaire du mâle de cette espèce éprouve une dilatation , marquée déjà dans la partie antérieure du corps ; il se resserre ensuite pour se dilater de nou-

(1) Ibid. tabl. VI, fig. 8, 9, lo, et p. 109.

(2) 0. C. Tabl. IV, lig. 1 B.

(3) Ibid. Tabl. V, fig. 7.

(4) Ibid. p. 71.

veau , après quoi il perd peu à peu son diamètre jusque l'anus.

Les chondr acanthes n'offrent rien de particulier à cet égard. Leur canal alimentaire va droit de la bouche à l'anus. Son diamètre est de grandeur médiocre (1).

Enfin le nemerles borlasii, que M. Cuvier réunit aussi aux intestinaux cavitaires, a, comme les autres animaux de cet ordre, un canal alimentaire étendu d^une extrémité du corps à l'autre (2). Il commence par une ouverture évasée , qui est la bouche , et unit par un orifice étroit , qui est l'anus.

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