‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 130 sur 170 · II. Les Parenchijmateux · texte numérisé non relu

II. Les Parenchijmateux

a. Les Echinorhinques , qui forment la première famille de cette seconde division des vers intestinaux, ont une petite trompe percée d'un pore terminal qui conduit dans une cavité viscérale formée par toute retendue de la peau extérieure, doublée sans doute par une peau intérieure. C'est dans cette cavité , qui renferme aussi les organes de la génération , que pénètrent par le pore buccal les substances alimentaires, et dans laquelle elles paraissent devoir être digérées.

On trouve comme suspendues intérieurement à la base de la trompe deux bandelettes courtes et plates (lemnisci) qui flottent dans la portion antérieure de cette cavité; un triple vaisseau ramifié règne dans leur milieu et sur leur bord, et montre, par intervalles, des dilatations très sensibles. Les bandelettes jouent probablement un rôle important dans la nutrition des

(1) Ibid. p. 115, et t. IX, ûg. 5 et 6.

(2) ibid. p. 259.

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échinorliinques. Une circonstance bien remarquable , nouvelle pour la science de ces animaux singuliers , c'est qu'on les trouve quelquefois sorties toutes deux, à travers le pore buccal , comme par une sorte de vomissement (1). La physiologie a de quoi méditer sur cette étrange organisation d'une cavité viscérale , formée par l'enveloppe extérieure , et doublée probablement par une peau intérieure; cavité qui renferme les organes de la génération mâles ou femelles, suivant les individus, mais qui ne contient ni canal, ni sac aliment taire. Sans doute elle tient lieu de premier réservoir des aliments ; mais comme elle renferme en même temps les organes de la génération, on peut douter que ses parois soient organisées pour les modifier par une action digestive quelconque. Cette action est peut-être réservée uniquement aux bandelettes , dont les vaisseaux considérables qui les dessinent seraient le premier réservoir du suc nourricier.

Quoi qu'il en soit, la forme particulière des organes d'alimentation de ces vers offre un exemple de dégradation organique qui les rapproche des hydres ou des polypes les plus simples. Chez les uns comme chez les autres la peau forme un sac qui sert au moins de réservoir pour les aliments.

Les échinorliinques, ayant une cavité viscérale et les sexes séparés, ont, sous ces deux rapports, une organisation plus compliquée que les autres parenchymateux auxquels M. Cuvier les a réunis, à cause de la dégradation de leurs organes digestifs.

(1) 11 existe au Musée de Strasbourg plusieurs exemplaires d'cchinorhinques geans, dans lesquels ces bandelettes sont pendantes hors de l'or i fiée de la trompe.

Dans les autres parenchymateux la cavité viscérale manque absolument. Le sac ou tube alimentaire, qui remplace généralement ici un canal alimentaire, est incrusté, pour ainsi dire, dans le parenchyme du corps. Ce sac revêt différentes formes , suivant les familles et les genres.

Ce peut être un tube simple, s'enfonçant à travers le parenchyme , depuis la bouche jusque vers l'extrémité opposée , où il se termine par un cul-de-sac.

D'autres fois , c'est un tronc vasculaire qui se divise en branches et en rameaux, mais en conservant, dans ses divisions , un diamètre qui lui permet d'admettre beaucoup de sucs nutritifs (les douves).

Dans d'autres cas, il forme deux longs vaisseaux qui régnent dans toute l'étendue du corps (les tœnià).

Enfin, il y a des vers de cet ordre dans lesquels on ne découvre aucun organe particulier pour l'alimentation , et chez lesquels elle paraît devoir se faire par toute la surface de la peau (les ligules).

b. Les Trématodes Rud.

Forment un groupe assez naturel d'Intestinaux, vrais parenchymateux, qui ont pour caractère extérieur commun d'être armés de ventouses pour s'attacher aux organes des animaux dont ils sucent le sang ou les autres humeurs.

Parmi eux se trouve le grand genre douve (fasciola L.), qui comprend plusieurs sous-genres dont nous ferons connaître les organes d'alimentation.

Ces organes se composent généralement d'un suçoir qui est , le plus souvent , une trompe exsertile , placée 5 27

Sii XXIVe LKÇON. ORG. n\\LlM. DES ANIM. RAYONNAS.

à la fade ventrale du corps, rarement a son extrémité, plus fréquemment eh arrière de cette extrémité.

Ce ^û'^èfr*1 donne immédiatement dans un sac alim'dM^re^n forme de tube, composé d'un tronc court et de^ux branches pi as ou moins longues.

La capacité et la forme de ce sac alimentaire fourchu varient suivant les sous-genres. Chez les uns, les deux branches restent séparées et sans communication apparente; chez d"* autres, elles se réunissent à la partie postérieure du corps (distoma lucii). Quoique restant simples et sans divisions, dans les uns ce sont de simples tubes sans ramification ; chez d'autres, elles se divisent et se sous-divisent , et se terminent par des culs-de-sac nombreux élargis par leur fond. Dans d'autres enfin, les divisions se comportent comme de véritables ramifications vasculaires qui se perdent dans le parenchyme.

On voit , dans ce dernier cas , une sorte de fusion entre les organes d'alimentation et les réservoirs du suc nourricier. (Test un des premiers exemples de dégradation organique des appareils de ces fonctions.

Uamphistoma subtrique trum , qui appartient à ce groupe , est un ver conique ayant une seule ventouse en arrière. La bouché, faisant l'office de suçoir, est à la pointe du cône ; sa cavité donne immédiatement dans un canal étroit, sorte d'oesophage, qui conduit dans le milieu de Parc que font ensemble deux larges branches cœcales , en se portant en arrière jusque près de l'autre extrémité , et en restant écartées (1).

(1) L. H. Bojanus Enthclminthica, Isis 1821 , et Ed. Schmultz. 0. C. T. VIII, fig, 7 et 8.

On place, mais peut-être mal à propos ', dans les douves proprement dites (distoma), la douve à long cou; ce cou a un suçoir antérieur qui répond à la. bouche, et donne dans un pharynx très court, qui tient lieu aussi d'œsophage. Celui-ci s'ouvre immédiatement dans un canal transversal qui se recourbe de chaque côté, à angle droit,: pour se prolonger dans toute rétendue du corps, jusqu'à l'autre extrémité, où ces deux branches se rencontrent et se confondent, ou s'anastomosent complètement, de manière à former un tube continu (1).

Dans une espèce désignée par M. JSordmann (â) sous le nom de distomum rosaceum, mais qui est probablement la même, il a vu les deux branches du sac alimentaire diminuer de diamètre à mesure qu'elles se portaient en arrière , et se perdre, pour ainsi dire , dans l'extrémité postérieure. Un petit rameau transversal semblait cependant réunir leur dernier bout.

Dans le distoma perlatum (Noridi.) les deux branches du sac alimentaire restent. encore simples et sans ramifications; mais au lieu de diminuer de diamètre, elles vont en augmentant, en se portant en arrière, et prennent la forme de massue, restant écartées Fune de Fautre et complètement séparées. Leur capacité paraît très grande relativement aux précédentes. Elles ne commencent qu'au-devant de la ventouse ventrale , qui est assez reculée.

Là bouche forme ici une grande ventouse terminale,

(1) Ann. des se. natur., t. II. Mémoire de M. Jurine sur la douve à long cou. Distoma tereticolle.

(2) O. C. 1" cahier. PI. VIII, fig. 1-2-3, p. 84. L'individu observé par M. Nordmann avait été trouvé attaché au palais de la lote.

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mais inférieure. Il y a un pharynx pyriforme , étroit vers la bouche, élargi vers l'œsophage, qui opère la déglutition des sucs alimentaires. L'œsophage a la forme d'un œuf. Il donne dans la première partie du sac alimentaire formant un tube simple, flexueux , jusque très près de la ventouse ventrale , où il aboutit dans les deux branches que nous avons décrites en premier

lieu(1).

La douve des moutons (distoma hepaticum, Retz et Zeder ) a la ventouse qui forme sa bouche tout-à-faif terminale. Le tronc de l1arbre alimentaire, dans lequel la cavité buccale et le pharynx communiquent immédiatement, est très court.

Il se divise promptement en deux branches, parce que cette division doit avoir lieu au-devant de la ventouse ventrale qui est très en avant (2). Ces deux branches , d'un égal diamètre , ou à peu près , contournent les organes de la génération et la ventouse ventrale; puis elles se portent directement en arrière, en diminuant de volume à mesure qu'elles fournissent des rameaux , surtout par leur côté externe. Ces rameaux restent simples ou se divisent peu. Leur extrémité est obtuse et quelquefois dilatée en massue (3).

La bouche des diplostomes est percée à l'extrémité inférieure du corps, et conséquemment sur la même face que les deux ventouses. Cet orifice ayant pour lèvre

(1) M. Nordmann. 0. C. 1er cahier. PI. IX, fig. 1 et 4, p. 90 et 91 , et Annales des se. natur. , t. XXX, p. 305.

(2) Observationes anat. de distomate hepatico et lanceolato. Auctore Ed. Mehlis. Gœtling, 1S25. In-fol.

(3) Bojnnus les a an contraire représentées comme diminuant de diamètre , et se perdant a la manière des vaisseaux les plus déliés. V. Ed. Schmultz. 0. C. Tabl. Vil, fig. 4.

un léger rebord, est très contractile, ordinairement rond ; mais il peut varier beaucoup pour la forme et les dimensions.

La cavité buccale donne immédiatement dans un canal étroit, de forme ovale , qui ne tarde pas à se diviser en deux branches, lesquelles se portent chacune d'avant en arrière, en faisant quelques légères sinuosités, et en comprenant les deux ventouses dans leur écarlement. Leur diamètre va un peu en augmentant jus qu'à l'extrémité postérieure du corps , où elles se terminent par un cul-de-sac, après avoir pris la forme d'une massue et s'être très rapprochées l'une de l'autre^).

La ressemblance de cette forme de l'appareil d'alimentation avec celle du distoma perlatum est bien remarquable, ainsi que la différence qui existe entre elle et l'arbre alimentaire du distoma hepaticum. On peut en conclure, il me semble, que plusieurs groupes génériques de ces animaux ne sont pas naturels.

Le genre holostoma présente encore la même forme de son sac alimentaire ; il a deux fourches en massue, simples et non ramifiées (2).

On retrouve, au contraire, la forme ramifiée, le type du distoma hepaticum, dans les deux genres suivants :

Dans lepolystomum appendiculatum (Kuhn), la bouche est à l'extrémité du corps , surmontée par un petit appendice; un œsophage court, de forme ovale, conduit

(1) V. M. Nordraann. O. C 1" cahier. PI. III, fig. 1 et 2, et p. 31 , pour le Diplostomum volvens , et Annales des se. natur. , t. XXX, pi. 18 , fig. 1 et 2.

(2) M. Nonlmann. O. C. pi. IV, fig. 1 et p. 51 , pour YHolostomum culicola (Nordm.)

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dans les deux branches alimentaires, qui se portent en arrière parallèlement aux côtés de l'animal. Elles fournissent, dans leur trajet, un grand nombre de ramuscules, mais principalement du côté extérieur. Enfin, ces deux branches se réunissent entre les deux dernières ventouses, et se terminent par une petite dilatation, qui se ramifie à peine (1).

L1orifice buccal de Voctostoma merlangi ( Kuhn ) se voit à l'extrémité d'un long appendice de forme cylindrique qui se détache de la partie la plus large de l'ovale que forme le corps. C'est du pourtour de la partie étroite et postérieure de cet ovale que rayonnent, en se dirigeant en arrière , huit ventouses pédiculées. Ici le sac alimentaire est aussi un arbre divisé en deux branches. Le tronc , qui provient d'un pharynx ovale et court , est assez long ; mais ces deux branches commencent déjà dans l'appendice ; elles se portent en arrière en dessinant la forme du corps , fournissent des rameaux et des ramuscules , moins en dedans et plus en dehors, et s'anastomosent entre les bases des deux dernières ventouses. Voilà donc encore un appareil d'alimentation arrangé comme un système vasculaire (2).

Je crois devoir décrire à la suite de ce genre , ou si l'on veut de cette famille des douves, l'appareil alimentaire de trois genres d'animaux qu'on peut en rapprocher.

Le premier est ce singulier hectocotijle (Cuv.), ver long, dont la face inférieure a de 60 à 100 suçoirs, rangés par paires.

(1) M . Nordmann. O. C. 1" cah. PI. V, fig. 6 et p. Si.

(2) Ibid. p. 79, et pi. VII, fig* 1 et 2.

ART. II. ORGANES INTÉRIEURS u' ALIMENT. , ETC. 423

Son orifice buccal est percé au-dessus de l'extrémité antérieure , et en avant de la portion la plus épaisse du corps. Cet orifice paraît comme une fente , ou comme une ouverture ronde ayant ses bords un peu saillants. Il donne , par un canal très court , dans un sac alimentaire simple , sans ramifications , dont la surface externe est garnie d^ne substance d'un brun violet , disposée comme par grumeaux, et qui a paru à M. Cuvier de nature sécrétoire (1).

Un ver bien plus singulier est sans doute le diplozoon paradoxum (Nordm.), dont les deux corps sont réunis par le milieu. Ce ver montre ainsi une transition à la forme rayonnée. En effet, les deux branches antérieures, plus étroites et plus longues , à l'extrémité de chacune desquelles se trouve une bouche , et les deux postérieures, plus courtes et plus larges , peuvent être considérées comme autant de rayons partant d'un même axe; seulement ces quatre rayons ne sontidendiques que par paires.

Un seul et large réservoir pour les sucs alimentaires occupe et remplit une grande partie de la portion centrale. Il reçoit de chacun des deux rayons antérieurs un canal alimentaire qui commence à la. bouche, laquelle est percée à l'extrémité de ces rayons : ce canal, en se prolongeant jusque dans la partie moyenne du ver, envoie de chaque côté un grand nombre de petits cœcums , qui s^avancent dans le parenchyme de ces rayons jusque vers leur bord.

Ce même réservoir envoie deux semblables canaux

(1) Mémoire sur un ver parasite d'un nouveau genre hectocotyle octopodi; par M. 1g baron Cuvier. Annales des sciences naturelles, t. XVlII,p. 147, et pi. 11, fig. 1-4.

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dans les deux rayons postérieurs , qui , se portant le long de leur axe, forment de même, par intervalle , des cœcums ramifiés , dirigés vers les bords de chaque rayon. Mais ici ces deux branches se terminent subitement par un cul-de-sac arrondi et élargi en massue ; cette terminaison a lieu lorsque chaque canal est parvenu entre les deux boucliers ovales qui se voient à l'extrémité de chacun de ces rayons , et dans lesquels sont réunies , par paire, huit ventouses.

Le sang que suce ce parasite remplit le réservoir, ses branches et leurs divisions, et il les dessine très bien à travers la peau transparente de l'animal ; il rend ainsi toutes les parties bien apparentes. Comme dans l'estomac des sangsues, le sang s'y altère très lentement.

On reconnaît bien ici un estomac compliqué d'un animal suceur de sang ; mais il n'y a pas proprement d'intestin (1).

Enfin, les gyrodactyles (Nordm.) diffèrent beaucoup des autres hématodes, par la ventouse armée de crochets qui se voit en arrière de leur corps. Ils en diffèrent encore par un canal alimentaire simple et non fourchu , ayant une entrée et une issue. La bouche est une petite ouverture située un peu en arrière de deux proéminences mamelonnées qui divisent l'extrémité antérieure de ces vers. L'anus serait percé dans la face abdominale, entre les deux crochets qui sont sous l'abdomen et la ventouse terminale (2).

(1) M. Nordmann. O. C. 1" cahier. PI. V, fig. 1 et 2, et pi. VI, fig. t et p. 65 et suiv. , et Annales des se. natur., t. XXX, pi. 20.

(2) M. Nordmann. O. C. pi. X et p. 106 , et Ann. des se. nat., pi. 18 , fig. 7 et 8.

Ce genre et celui des Prostomes, que nous allons décrire avec les planaires , forment les deux seuls exemples d'un canal alimentaire , dans Tordre des intestinaux parenchymateux.

La famille des planaires, telle que M. Cuvier Fa conservée dans le Règne animal, a trois formes d'appareil digestif.

Dans les planaires proprement dites , cet appareil se rapproche beaucoup de celui des douves (1). Il commence par une trompe ovale dont l'orifice est très en arrière du milieu de la face inférieure du corps. Cette trompe peut se dérouler au-dehors , ou rentrer dans elle-même (dans la pi. subtentaculée). D'autres fois (dans la pi. trémellaire) ce suçoir est très évasé, de sorte que ses bords se froncent quand il est rentré (2).

Le vaisseau alimentaire naît de cette trompe par un tronc fort court, et se divise bientôt en trois branches principales , une moyenne , qui se porte directement en avant , et s'étend jusqu'à l'extrémité antérieure du corps , et deux autres latérales, qui se courbent immédiatement pour se diriger en arrière, où elles vont jusqu'à l'extrémité de ce côté. De ces trois branches partent des rameaux des deux côtés pour la première, du côté externe principalement , pour la seconde.

Chacun de ces rameaux est lui-même divisé en un certain nombre de petits culs-de-sac , dont le fond est plus dilaté.

Les dérostômes n'ont , comme les planaires et comme tous les vrais Intestinaux parenchymateux , qu'une

(1) Recherches sur l'organisation et les mœurs des Planariées , par Ant. Dugès. Annales des sciences natur. , t. XV. p. 152-1G0.

(2) lbid. fig. 20 et 21.

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seule ouverture à leur sac alimentaire ; mais ce sac est un simple tube sans ramifications. L'orifice buccal est rapproché de l'extrémité inférieure, ou reculé comme dans les planaires , suivant les espèces.

Il y a un oesophage plus ou moins long, qui se continue dans un tube alimentaire d'un diamètre assez égal, se prolongeant dans les trois quarts postérieurs du corps (1). En avant, ce tube s'ouvre dans un vaisseau analogue à la branche gastrique antérieure des planaires. Ce même tube ou sac alimentaire est étranglé d'espace en espace dans le D. plature. Celui du Z). polyg astre donne dans deux vaisseaux latéraux , simples et sans divisions ultérieures (2).

Cette seconde forme de l'appareil alimentaire me paraît un perfectionnement , comparée à celle de cet appareil dans les planaires, dont le sac alimentaire principal, représenté par le tronc commun des trois branches, est à l'état rudimentaire.

Ici le sac alimentaire est développé , et ce sont les branches gastriques qui le sont peu.

Dans la troisième forme l'appareil est encore perfectionné; les pros tomes en effet , qui ressemblent d'ailleurs aux planaires pour la plupart des autres circonstances de leur organisation, et comme vers parenchymateux sans véritable cavité viscérale, ont un canal alimentaire complet avec une entrée , ou une bouche percée à l'extrémité antérieure du corps , et une issue qui se voit à l'extrémité opposée. Ce tube , dans le Pros tome clepsinoïde , forme même plusieurs sinuosités

(1) Ibid. pi. 5, fig. 26 et 27.

(2) Ibid. pi. 4, fig. 7 et 8.

dans son trajet. La bouche, qui est une trompe exsertile, renferme deux groupes de chacun trois petites pointes diaphanes , et une pièce oblongue terminée en forme de dard aigu (1).

C'est le seul exemple , dans cet ordre , d'un animal ayant une bouche et un anus.

c. Les Tœnioïdes , qui forment la troisième famille des Intestinaux parenchymateux, ont une organisation restée jusqu'ici peu connue relativement aux organes intérieurs d'alimentation.

Je ne répéterai pas ce que j'ai déjà dit j et qui est exprimé comme caractère zoologique, dans le Règne animal , sur les suçoirs , les fossettes , les crochets , les tentacules , que présente leur appareil extérieur d'alimentation.

On a cru apercevoir, dit M. Cuvier, en parlant des tœnia en particulier, <c des canaux qui partent des î> suçoirs de la tête , et rampent le long du bord des )) articles du corps (2). » C'est par ces suçoirs latéraux, au nombre de deux ou de quatre, formant autant de ventouses , que l'extrémité céphalique, qui adhère aux parois des viscères des autres animaux , absorbe une partie des sucs nutritifs. Quatre tubes capillaires , qui communiquent dans le tœnia, avec le pore buccal de chaque suçoir , portent ces sucs immédiatement dans chaque vaisseau latéral. Ceux-ci pourraient être comparés aux deux branches de l'arbre alimentaire des douves. Ils augmentent de diamètre , à mesure qu'ils s'éloignent de la tête, en proportion du volume de

(1) Annales des se. natur., t. XXI, p. 74. Deuxième Mémoire de M. Dugès , sur les Planariés.

(2) Règne animal, t. IV, p. 168.

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chaque segment, et ils s'anastomosent entre eux par une branche transversale , vis-à-vis de chaque articulation. Ces canaux communiquent au dehors par une courte branche qui répond au suçoir situé sur l'un ou l'autre bord de chaque articulation , et par lequel sortent encore les organes et les produits de la génération (1). Il en résulte qu'une seule articulation est pourvue à la fois des organes nécessaires à sa nutrition et de ceux qui doivent faire durer Fespèce.

Le tœnia dispar n'aurait , suivant Goetz (2) , qu'un seul canal médian d'alimentation.

Ici se borne tout ce que Fon sait de plus positif sur les organes intérieurs d'alimentation des Intestinaux.

Les vésiculaires, ou hydatides, semblent avoir, dans leur vessie, un grand réservoir de sucs nutritifs. Mais par quelle voie ces sucs parviennent-ils dans ce sac? Est-ce par Fabsorbtion cutanée , ou par des suçoirs et des canaux, comme dans les tœnias et les botriocéph aies ? C'est ce qui n'est pas encore démontré.]

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