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II. Des Acalèphes hydrostatiques

M. Cuvier dit à leur sujet : On ne voit pas qu'ils aient de bouche bien reconnaissable pour telle (2). La plupart, en effet, paraissent n'avoir que des pores absorbants ou de très petits suçoirs, propres seulement à absorber, comme les ostioles des racines, les molécules

(1) Règne animai, t. III , p. 282 et 283.

(2) Ibid, p. 284.

qui doivent composer le suc nourricier, ou la sève non élaborée.

Cependant les plujsales ont leurs organes d'alimentation plus développés , qui peuvent admettre du dehors des substances nutritives, plus ou moins solides, susceptibles d'être réduites à l'état moléculaire par la digestion. Pour bien comprendre la structure de cet appareil dans ces animaux , il faut se rappeler que leur corps est formé d'une vessie ovale dont la face supérieure est surmontée d'une large crête, à bord arrondi, et dont la face inférieure est garnie de deux sortes d'appendices tactiles, de suçoirs et d'ovaires.

La vessie est double, c'est-à-dire qu'il y a une vessie extérieure qui en renferme une plus petite, laquelle est remplie d'air; toutes deux ont pour enveloppe une forte membrane. Il paraîtrait même que celle de la vessie extérieure se sépare en deux lames pour former les cloisons et les concamérations de la crête, appelée peigne par les Allemands, parce que du canal principal qui suit le bord de cette crête descendent des branches perpendiculaires qui dessinent la figure d'un peigne à dents inégales.

Les suçoirs sont des tubes ramifiés, ayant un orifice très dilatable et contractile au moyen d'un sphincter qui le borde. Ces petits tubes aboutissent successivement à un canal principal plus ou moins élargi ou vésiculeux. Celui-ci s'ouvre par une embouchure oblique dans un canal longitudinal , sorte d'intestin compris entre les deux vessies, et qui s'étend le long de leur face inférieure. Un certain nombre de canaux vésiculeux , à suçoirs, aboutissent ainsi successivement dans cet intestin. On pourrait les considérer comme autant

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d'estomacs dans lesquels se continue la fusion des substances alimentaires, par l'effet du suc gastrique extrêmement caustique, dont l'action dissolvante commence déjà hors de ces organes, et se prolonge sans doute dans l'intestin. Celui-ci s'étend jusqu'à l'extrémité postérieure, celle qui est dégarnie de tentacules ou d'autres appendices, dans laquelle il a son issue. 11 est d'ailleurs limité par les adhérences des deux vessies qui se prolongent autour de l'anus, de manière que ce qu'il contient est nécessairement porté au-dehors et ne peut couler dans leur intervalle. On le trouve rempli de ce mucus bleuâtre et caustique, qui est peut-être le suc gastrique le plus dissolvant connu, et qui produit déjà sur les animaux embarrassés dans les nombreux tentacules de la physale l'effet d'une sorte de digestion extérieure, en les faisant tomber en dissolution.

Les suçoirs et les canaux vésiculeux qui tiennent lieu d'estomac ont des parois très musculeuses , dans la structure desquelles on distingue surtout beaucoup de libres longitudinales. Leur cavité montre, principalement dans leur partie la plus large, un certain nombre de papilles.

Ils paraissent communiquer par un canal latéral avec des appendices de même forme, mais plus grands, qui tiennent aux grands tentacules. Ceux-ci, et les petits tentacules, sortes de filaments préhensiles, mais qui sont en même temps des organes sécréteurs du suc digestif, pourraient aussi être décrits avec les organes d'alimentation, du moins avec les extérieurs; Nous ne faisons que les indiquer ici.

La vessie intérieure ne paraît pas avoir de commu-

nication directe avec les suçoirs, ni avec le canal longitudinal que nous avons comparé à un intestin (1).

Il y a à l'extrémité opposée à celle où est l'anus une couronne de très petits tentacules au milieu desquels on a cru voir un orifice qui a été pris pour la bouche; mais l'existence de cette ouverture n'a pas été constatée parles dernières observations; et celles des nombreux suçoirs en communication avec le canal intérieur, dans lesquels on trouve d'ailleurs des débris d'aliments, pouvaient faire prévoir que ce n'était pas là qu'il fallait chercher la bouche.

D'ailleurs, l'intérieur du corps de ces animaux, composé d'une seconde vessie pleine d'air, et de différentes loges formées par des cloisons, qui vont de la vessie extérieure à celle-ci , ne comprend aucune trace de système nerveux , circulatoire ou glanduleux , qui pourrait faire rapprocher les phy sales des mollusques.

M. Cuvier s'en est assuré sur de beaux et grands individus qu'il a pu examiner (2).

Les plnjssopliores proprement dits ont une tige contenant fintestin , qui traverse une vessie terminale , à l'extrémité de laquelle est l'anus. A l'autre bout de cette même tige se voit un paquet de suçoirs analogues à ceux que nous avons décrits dans les phy sales. C'est donc encore un appareil d'alimentation de même type.

Les stéphanomies sont aussi organisés sur le même plan. Les Inppopes montrent une organisation analogue

(1) On pourra en voir la structure dans la Monographie déjà citée de M. de Olfers, dont nous avons adopté les déterminations.

(2) Règne aniihal , 1. M, p, 28.

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dans une trompe assez grande située au milieu de quatre tentacules , etc. (1).

Tous ces animaux ont, en même temps, des organes de natation formant des capsules contractiles de diverses formes , d'un volume assez proportionné avec celui des organes d'alimentation.

Dans les Diphyes, au contraire, il y a deux capsules natatoires séparées, s'emboîtant Tune dans l'autre, d'une énorme proportion relativement à une chaîne ou une guirlande de suçoirs presque microscopiques, dont on peut saisir l'analogie avec ceux des animaux précédents, mais qu'il serait difficile de comparer avec les organes d'alimentation ordinaires (2). Cette chaîne de suçoirs paraît d'ailleurs comprendre aussi les ovaires ; elle est attachée au fond de la capsule emboîtante et se prolonge au-delà de la capsule emboîtée, pour flotter dans l'eau à travers une rainure de la face de celle-ci qu'on pourrait appeler dorsale ; ou bien elle se retire dans cette rainure, suivant qu'elle se dilate ou se contracte.

Les organisations singulières auxquelles nous sommes, pour ainsi dire, descendus, nous ont obligé de décrire presque tout l'animal, pour faire comprendre par quelle voie il lui a été donné d'introduire ses aliments dans son corps, et par quel appareil il en résulte une sève non encore élaborée par la respiration ; car c'est jusque là que s'arrête l'investigation que nous poursuivons. ]

(1) Fauna del Regno di Napoli. Fascicolo IV, Sav. H, F. B. del S. Costa.

(2) V. le mémoire publié sur ces singuliers animaux, par MM. Quoy et Gaymard. Annales des sciences naturelles, t. X, pi. 10.

D. Organes intérieurs a" alimentation des Polypes.

[ Les uns ont un canal alimentaire bien séparé de l'enveloppe extérieure ,?avec une entrée et une issue (les Ëschares, etc.). Les autres n'ont qu'un sac alimentaire ou un tube court, ne communiquant au-dehors que par la bouche.

Parmi les polypes qui n'ont qu'un sac alimentaire , on en trouve chez lesquels il existe un intervalle plus ou moins grand, entre l'estomac et la peau extérieure, où se logent d'autres organes (les actinies, etc.), et d'autres qui ont les deux peaux réunies en une seule (les hydres).

Enfin, les polypes qui ont un tube alimentaire aboutissant à un cul-de-sac peuvent aussi avoir ce tube séparé delà peau par un espace cloisonné (les Alcyons), ou confondu avec elle (les Sertulaires). Dans Fun et l'autre cas, ce tube se continue dans un tronc principal où l'on voit les embouchures successives des tubes gastriques de chaque polype qui compose le polypier.

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