‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 139 sur 170 · Glandes salivaires on pancréatiques · texte numérisé non relu

Glandes salivaires on pancréatiques

Parmi les Echinodermes , les holothuries ont tout autour de leur bouche des sacs oblongs et aveugles, qui débouchent dans cette cavité , et qui ne peuvent manquer d'y verser quelque liqueur analogue à la salive ; Yholothuria tremula en a vingt de longueur inégale. Le pentactes n'en a que deux beaucoup plus grands.

Je n^en ai pas trouvé de semblables dans les oursins ni dans les étoiles de mer.

Les Intestinaux , les Méduses et autres AcaUphes, les Polypes, n'ont aucun organe salivaire, du moins diaprés mes recherches.

[Dans les Rotifères , parmi les Infusoires , Fanalogie peut faire considérer comme des glandes salivaires deux corps glanduleux considérables , placés de chaque

côté de l'origine du canal alimentaire , et qui semblent envoyer leur canal excréteur vers la cavité buccale. M. Ehremberg les compare aux pancréas (1). ]

IL Du foie ou des vaisseaux biliaires.

Je n'ai rien vu dans les Échinodermes , ni dans les autres Zoophytes, qu'on puisse comparer à cette glande. Il paraît donc quelle finit avec les mollusques et quelques Crustacés; que les Insectes n'en ont plus qu'un suppléant, et qu'il n'y a rien de semblable dans les Zoophytes.

A mesure que la fonction de respirer est moins restreinte et s'étend dans le corps à un plus grand nombre de parties, le foie cesse plus complètement.

[ Il faut cependant faire mention ici de plusieurs organes dont l'analogie avec le foie a été indiquée par plusieurs observateurs ; ces observations pourront provoquer des recherches ultérieures, qui serviront à en démontrer la justesse ou à les rejeter.

Ainsi, parmi les Intestinaux , il y aurait, dans le strongle géant, un organe de sécrétion biliaire. C'est une couche de substance brune qui recouvre la plus grande partie du canal alimentaire. Elle ne manque que dans sa première portion et dans la dernière , qui répond au rectum. Celui-ci parait à découvert, avec un bien plus petit diamètre que la portion qui le précède, y compris cette enveloppe glanduleuse.

Peut-on regarder comme des organes de sécrétion analogues quatre rubans glanduleux , de couleur variée , comme floconneux, qui se trouvent, dans l'ascaris

(1) lb. 1. 1, p. 141 et pi. 5, fig. 18#et p. 1.

-W)G XXIVe LEÇON. <>K<i. uliLlM. DKS ANIM. RAYONNES.

lombricoïdes , sur les côtés de la partie antérieure du canal alimentaire?

Les lernces auraient aussi un organe analogue au foie , dont l'existence bien reconnue pourrait servir à confirmer les rapports de ces animaux avec les crustacés.

Dans les Lernées propres , on prend pour le foie un corps adhérent aux: deux côtés du canal alimentaire, de consistance muqueuse, lâche, de forme élargie, lobé en arrière , celluleux , que le moindre attouchement déchire.

Dans le lernéocère branchiale , l'organe pris pour le foie a des lobes déchirés , composés de portions formant des circonvolutions ; il est enveloppé d'une substance granuleuse (1).

Parmi les acalèphes , et dans les méduses en particulier, on a encore indiqué comme des vaisseaux biliaires de petits cœcums fluxueux, logés dans l'épaisseur des parois de la cavité gastrique , et qui ont leur embouchure dans cette cavité (2).

D^autres observateurs regardent comme autant de foies quatre corps bruns bilobés qui se voient sur le bord du disque des méduses, et près desquels M. Ehremberg a observé autant d'orifices excréteurs , qu'il appelle anus (3).

Quant aux Animalcules infusoires, les appendices cœcales qui se voient dans certains Rotifères, adhérant à l'oesophage , ou s'ouvrant dans l'estomac , au nombre

(1) M. Nordmann. 0. C p. 75-109 et 132.

(2) Cette opinion est celle de M. Milne Edwards. Ami des se. naticr., t. XXVIII. p. 248 et suiv.

(3) Ibid., deuxième série. T. IV, p. 2ûî,

de deux, de six ou sept, et que Ton a comparés aux canaux biliaires des insectes , pourraient bien en effet en tenir lieu, ou tout au moins d'organe pancréatique. Parmi les Infusoires homogènes, ou polygastres, plusieurs ont un organe de sécrétion d'une humeur violette, qui pénètre dans l'intestin et qui sort par l'anus, soit seule, soit avec les excréments (1). On pourrait regarder cette humeur comme une sorte débile, puisqu'elle serait versée dans l'intestin à un point encore assez avancé pour agir sur les substances alimentaires.]

B. Des enveloppes on des attaches des cavités alimentaires.

Il est remarquable que dans les premiers des Zoophytes , ou les Echinodermes , les intestins soient soutenus par un vrai mésentère , qui manquait à tous les insectes, aux mollusques et aux annélides.

[Les autres classes de ce type ne nous présenteront plus rien de parfaitement semblable au péritoine ou aux mésentères des animaux supérieurs. Mais il nous semble que ce qui tient lieu de pareils organes dans ces animaux, que le développement de lames celiuleuses , formant un parenchyme dans lequel rampent des vaisseaux, ou qui servent elles-mêmes de réservoirs aux sucs nutritifs, comparé à l'état rudimenlaire de ces cellules , lorsqu'elles sont comprimées pour former les lames du péritoine ou de ses prolongements mésentériques ou épiploïques , doit servir à étendre et à compléter l'idée qu'on se fait du péritoine, lorsqu'on ne l'étudié que dans les animaux supérieurs. ]

11) Ann. des se. nat., deuxième série , t. III, p. 293.

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\° Dans les Echinodermes.

On retrouve subitement, dans cette classe, un mésentère parfait, et même quelquefois une sorte d'épiploon.

Dans les oursins , le mésentère s'attache à la coquille extérieure, et se contourne absolument comme l'intestin qu'il embrasse.

Dans les étoiles de mer, il y a autant de mésentères que d'arbres de cœcums se rendant dans chaque branche du corps. Ils adhèrent aussi à la face interne de l'enveloppe générale parallèlement à Taxe de la branche .

Dans Vholothuria tremula , le mésentère prend l'intestin dès la bouche ; il le conduit jusqu'à l'autre extrémité du corps en suivant un des muscles longitudinaux ; il traverse puis revient vers la bouche en en suivant un second; traverse encore, et redescend vers l'anus en en suivant un troisième. Mais il faut bien remarquer que ce n'est pas dans ce mésentère qu'on voit les vaisseaux nombreux de cet animal , mais à la face opposée du canaL Nous reviendrons, dans un autre endroit, sur ces vaisseaux dont l'entrecroisement entre eux et avec les organes respiratoires forme une espèce d'épiploon très singulier par son usage dans la respiration.

2° Les vers intestinaux.

[ Les Cavitaires , qui ont un canal alimentaire assez libre dans une cavité viscérale , montrent quelque trace de péritoine et de ses prolongements ligamenteux.

Mais il ne peut en être question dans les parencliymateux , dans lesquels on pourrait dire que ce même péritoine est développé en cellules, formant ce que nous appelions le parenchyme du corps. ]

3° Dans les Àcalèphes.

[On peut faire, pour cette classe, le même raisonnement que pour les intestinaux cavitaires. ]

Les méduses au moins n'ont pas besoin de mésentère , puisque leur cavité alimentaire n'est que creusée dans la masse gélatineuse de leur corps.

[Le canal alimentaire -des béroës est séparé de l'enveloppe extérieure par un parenchyme vasculaire. Quant aux àcalèphes hydrostatiques , il ne peut être question pour eux de vrai mésentère , ni même de péritoine , puisque leur canal alimentaire est, soit en partie (les physales), soit en totalité (les physsophores, les stéphanomies , les diphyes ) , extérieur et à découvert.

Dans les pliysales , l'intestin seul est placé entre les deux vessies. 11 n'est pas même certain que le canal que l'on a ainsi déterminé ait d'autres parois que celles formées par l'écartement de la vessie intérieure et de la vessie extérieure. ]

4° Dans les Polypes.

Les Actinies ont leur sac alimentaire soutenu par beaucoup de membranes verticales qui l'entourent comme des rayons, et vont joindre l'enveloppe du corps par quelque portion de leur- bord opposé à celui qui touche au canal ; le reste de ce bord parait comme frangé , et pourrait bien être quelque organe propre à épaischer le fluide nutritif venu du sac alimentaire dans la grande cavité placée entre ce sac et l'enveloppe extérieure.

Les polypes à bras ou les hydres ont encore moins besoin de mésentère que les àcalèphes , puisque leur

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intestin et leur corps ne sont que la même chose , c'està-dire , un sac formé d'une membrane simple et gélatineuse.

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