ART. V. COMPOSITION DU FOIE ET DE LA BILE
mises à la tête de la leçon sur les annexes du canal alimentaire, première section.
On ne connaît guère que les caractères physiques et les caractères organiques du foie des mollusques et des animaux articulés , ou les caractères physiques de leur bile , qui présente différentes nuances de la couleur jaune dans les uns , qui peut être blanche dans d' autres, qui a paru amère lorsqu'on a pu la goûter.
Mais on n1a pas donné d'analyse suffisante de cet organe , ni de cette humeur dans ces deux types, pour être rédigée en propositions scientifiques et introduite dans un ouvrage comme celui-ci (1).
Je suis donc forcé , vu les lacunes de la science , de me borner aux animaux vertébrés.
On conçoit cependant quelles lumières l'analyse comparée du foie des mollusques , qui présente encore un parenchyme, et celle de leur bile pourraient donner sur les usages de cette sécrétion , soit relativement à la formation du fluide nourricier non élaboré, soit comme contribuant à l'élaboration de ce fluide.
L'analyse comparée du foie des animaux articulés, qui n'a plus de parenchyme et se compose de simples parois de tuyaux ou de capsules , et celle de leur bile , seraient peut-être non moins fécondes en résultats physiologiques.
(1) M. le professeur Audouin a publié, dans 'es Annales des Sciences naturelles (2e série , t. V, p. 129-137), une observation intéressante sur deux calculs trouvés dans les vaisseaux biliaires du cerf-volant, par M. le docteur Aube, dans lesquels l'analyse chimique a montré de l'acide urique. M. Audouin en conclut que les vaisseaux biliaires remplissent aussi la fonction des reins et doivent être désignés dorénavant sous le nom composé d'urino-biliaires. Nous reviendrons sur ce sujet intéressant dans le t. VI de cet ouvrage, lorsque nous traiterons des organes de la sécrétion urinaire.
478 XXIVe LEÇON. SECT. II. SUPPL^M. AÏÏX ORG. D'ALI»!.
Les divisions que nous adoptons dans cet article supplémentaire, en indiquant les lacunes de la science, pourront provoquer les recherches nécessaires pour les combler, et signaleront, jusque un certain point, le but qu'on doit se proposer dans cette carrière encore si neuve.
Ce que nous avons dit des différents points , ou des différentes portions de l'appareil alimentaire où la bile arrive, doit faire juger de son importance comme suc digestif, versé immédiatement dans l'estomac , pour y contribuer à la première digestion (dans beaucoup de mollusques , surtout parmi les acéphales ) ; ne se mêlant aux substances alimentaires que tout au plus tôt pour la seconde digestion ( dans les insectes ) ; ou comme humeur excrémentitielie , qui ne parvient en partie, dans le canal alimentaire , qu'après ces deux digestions , et pour se mêler aux excréments avec lesquels elle est rejetée (dans quelques insectes).
D'un autre côté, ce que nous savons de la composition moléculaire de la bile fera pressentir l'importance de cette humeur ; il servira à expliquer sa part d'influence dans la chymifi cation, dans la chylification et la formation des fèces.
Enfin la connaissance chimique de la bile et sa quantité relative , en rapport avec la respiration aérienne et aquatique , par un organe circonscrit (des poumons ou des branchies), ou par un organe universel (les trachées aériennes des insectes), servira plus tard à démontrer les usages de cette sécrétion, relativement à la dépuration du sang , et comme suppléant la dépuration opérée par la respiration.
Quant au/oie, considéré chimiquement, ce que nous