‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 18 sur 170 · Les Nudibrayiches · texte numérisé non relu

Les Nudibrayiches

Les dons ont les glandes salivaires en longs rubans étroits , attachés par derrière à l'estomac. Celles de quelques espèces sont si minces, qu'on les prendrait pour des nerfs, quand elles ont passé au travers du collier nerveux du cerveau. [Il n'y en a généralement qu'une paire ; cependant il paraîtrait que ledoris tuberculata en a deux paires (G). M. Cuvier décrit encore (6),

(1) Mémoire de M. Cuvier, sur la limace et le colimaçon, pi. I, fîg. 3 et 4, et pi. 11, fig. G et 7.

(2) Mémoire sur la parmacelle, pi. fig. 14 et 15 d.

(3) Mémoire sur Vonchidie, p. 8, et pi. fig. 4, 5, G. b. b.

(4) Mémoire sur le planorbe, p. 6, et pi. fig. 5, 6.

(5) Suivant M. Delle-Chiaje. Memorie sulle animali senza vertèbre. t. XXVIII, flg. 3.

(6) Mémoire sur les doris , p. 14, et pi. I, fig. 2 s, et pi. Il, fig. 1.

'lO XXIIe LEÇOxN*. ORGANES RïPABAT. DES MOLLUSQUES.

comme pouvant appartenir aux glandes salivaires, un corps glanduleux considérable situé sur la naissance de Fœsophage. ]

Les glandes salivaires des tritonies sont très-grandes, multilobées, placées aux deux côtés de Fœsophage, et assez larges dans leur milieu. [Dans les thethys elles sont grêles, branchues, et s\mvrent aux deux côtés de Fœsophage (1).

3 et 4. Les Inférobranches et les Tectibranches.

La phyllidie les a petites et placées très près de la bouche (2).

Le pleurobranche les a grandes et situées entre les replis des quatre estomacs. ]

Celles des aplysies sont deux rubans étroits et trèslongs, flottants aux côtés de l'œsophage. Elles s^insèrent dans la bouche, près de la naissance du premier estomac, sans laisser aucune partie de leur canal excréteur à nu. Leur extrémité postérieure est fixée au second estomac , par les vaisseaux qu'elle reçoit de Fartère stomachique.

Les bullœa,) quoique fort ressemblantes aux aplysies, n'ont que deux courtes glandes grêles. [Aussi n'ont-elles qu'un estomac, tandis que les aplysies en ont trois.

5 et 6. Les Hétérobranches et les Pectinibranches.

Nous ne connaissons pas les glandes salivaires des Hétérobranches; mais les Pectinibranches paraissent les

(f) Mémoire sur le the'thys, pi. fig. 4, 6.

i'ï) Sur la phytlidie et le pleurobranche, p. 8, et pi. A, fig. 6 i et B, fig. 5,ii.

ART. II. ORGANES DE L'iNSALIVATION. il

avoir généralement considérables, comme les autres gastéropodes aquatiques.

Elles sont telles et de forme ovale dans les murex et les buccins, ce qui est digne de remarque ; car dans les animaux vertébrés aquatiques, elles sont petites ou nulles.

[Les janthines en ont quatre longues et grêles, dont les canaux excréteurs se rendent dans la poche buccale (1). Remarquons que les janthines ont deux estomacs.

Dans le turbopica, il n'y en a que deux, de grandeur médiocre, à lobules très-déliés (2). Celles de la vivipare d'eau douce {cyclostoma vivipa?'a, etc.) sont aussi au nombre de deux seulement, et de grandeur médiocre. Les glandes salivaires du sigaret sont assez considérables (3).

Dans \egrand buccin et dans tous lespectinibranches qui ont une longue trompe, leur canal excréteur est fort long, pour atteindre l'extrémité de la trompe dans laquelle il se termine (4).

Dans les tritons, nous avons trouvé leur volume trèsconsidérable , et leur substance assez compacte et jaune.

7. Les vermets, de Tordre des Tubulibr anches, en ont une paire (5).

8. Les glandes salivaires sont petites dans Yhaliotide, la fîssurelle et Yemarginule, parmi les Scutibranches \

(1) Mémoire sur la janthine et la phasianelle , p. 7 et pi. fig. 6 p et pi,

(2) Mémoire sur le turbo, pi. fig. 8 b b , et fig. 9 s zz v v.

(3) Mémoire sur le sigaret , pi. I, fig. 7 k k.

(4) Sur le Buccinum undatum , pi. fig. 7 z et y.

(5) Stammer diss. anat. sise, observ. ex anat. comparata. Hallœ. 1816.

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9. Les patelles, qui appartiennent à la division des Cyclobranches, les ont pour ainsi dire rudimentaires (1 ). Elles paraissent manquer entièrement chez les oscabrions.

D. Les Acéphales*

Les animaux de cette d'asse sont dépourvus de glandes salivaires, ce qui est en rapport avec l'absence de mâchoires et de langue, et en général avec l'absence d'une cavité buccale proprement dite , dans laquelle les alimens s'arrêteraient pour y être modifiés par l'insalivation.

E . Les Brach iopodes .

Ils paraissent entièrement privés de glandes salivaires ; du moins , n'en a-t-on pas trouvé dans les te'rébratulesj les orhicules et la lingide ftaiidebard (2) . Toutes les masses glanduleuses en communication avec l'estomac, surtout la masse centrale, qui répond à ce que M. Cuvier a présumé, mais avec doute, être la glande salivaire dans la lingide ordinaire (3), avaient la même apparence, et la couleur verte propre au foie.

F. Les Cirrhopodes .

Ils auraient, suivant M. Cuvier, deux glandes salivaires considérables (4) qui seraient adhérentes au commencement de l'estomac, sur lequel elles s'étendraient , en s'avançant sur l'œsophage. ]

(1) Sur Yhaliotide , la fissurella , Yémarginule , la patelle, p. 10, 13, 14, 18. Mémoires cités.

(2) Mémoire de M. Owen sur les térébratules> déjà cité.

(3) Mémoire sur la Lingide. Recueil cité.

(4) Mémoire cité , pi. VI, fig. 8 et 9 et p. 94.

ARTICLE III

Ce canal est composé des mêmes tuniques essentielles que celui des animaux vertébrés. On y observe un épiderme intérieur qui devient de même calleux dans certaines circonstances; une veloutée ou membrane muqueuse ; une tunique cellulaire, et une musculaire, la plus extérieure des trois , et la plus variable pour Fépaisseur ; une quatrième membrane, le péritoine enveloppe et maintient les intestins. Mais une première différence, c'est que très souvent la tunique séreuse ou mésentérique paraît manquer , par suite de Fabsence du mésentère lui-même. Il ne paraît point y en avoir dans plusieurs mollusques.

Une seconde différence moins générale, c'est que les membranes de l'estomac y sont souvent armées de parties dures , soit simplement en forme de plaques, comme dans les huilées et le second estomac des aplysies, soit en forme de crochets.

C'est une nouvelle analogie des membranes intestinales avec la peau ; car on sait que, dans ces animaux, les coquilles qui les revêtent sont produites entre l'épiderme et le derme , par une sorte de sécrétion dont l'effet semble être le durcissement du corps muqueux de leur peau.

Quant à sa disposition générale , le canal alimentaire des mollusques offre dans sa longueur relative , dans la largeur de ses diverses parties , dans le nombre

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et la forme de ses dilatations, et particulièrement de ses estomacs et de ses cœcums, dans les replis de son intérieur, des variétés entièrement analogues à celles des animaux vertébrés , et qui produisent des effets semblables. Ainsi, les carnassiers ont toujours le canal plus simple et plus court, etc.

A. Dans les Céphalopodes.

Tous ces animaux marchent la tête en bas; leur bouche est entre les pieds ; il faut que de là les alimens montent dans l'abdomen ; le rectum s'ouvre et descend dans un cloaque ou entonnoir cartilagineux placé au devant du cou , et qui reçoit également la semence , les œufs , et l'encre que ces animaux répandent.

L'œsophage passe derrière le foie , du côté du dos , et le rectum par-devant, c'est-à-dire du côté du ventre le reste de l'intestin est dans le fond du sac ou Tabdomen.

Il y a dans le milieu de la longueur de l'œsophage des poulpes une forte dilatation , dont les parois , quoique minces, sont sensiblement glanduleuses, et dont la membrane interne présente des plis longitudinaux. C'est un véritable jabot analogue à celui des oiseaux , [ dont la dilatation s'avance souvent comme dans ces animaux , bien au-delà de l'insertion de l'œsophage ] ; mais il n'y a rien qui représente le ventricule succenturié.

En revanche , l'estomac est un gésier dans les formes; ses parois sont garnies sur les côtés de deux muscles, aussi forts, à proportion, que ceux du gésier le plus musculeux [des oiseaux de rivage ou des oiseaux d'eau qui se nourrissent de vers, de coquillages,

ou de poissons]. Sa membrane interne est aussi épaisse et aussi résistante; elle se sépare aisément.

Le pylore est tout près du cardia ; il conduit dans une espèce de cœcum , qui est roulé sur lui-même un peu en spirale. Le long de sa partie concave est un canal biliaire; le reste de sa surface interne est plissé transversalement, et Ton y voit les orifices d'une quantité de petits follicules muqueux.

[Ce cœcum répond , il nous semble, au duodénum des oiseaux, qui joue un rôle si important dans leur digestion ] : c'est dans son fond qu'aboutissent les canaux hépatiques; [autre motif pour le comparer au duodénum des oiseaux, avec lesquels les poulpes ont tant de rapports dans l'ensemble de leur système digestif. Entre le gésier et le cœcum , il y a un pli demicirculaire qui indique les limites de l'un et de l'autre; c'est un vrai pylore. ]

L'entrée du cœcum , qui est en même temps son issue, est encore tout près du pylore et du cardia; l'intestin lui-même est large , à parois minces, d'un diamètre à peu près égal partout. Il fait deux circonvolutions presque transversales , et un grand repli longitudinal avant de se rendre directement vers l'entonnoir.

[Au-delà du cœcum, son canal se continue sans pli transverse intérieurement, sans que rien indique un changement important de structure. Seulementson diamètre est plus petit et plus égal que dans le premier intestin. Après s'être coudé deux fois , il va un peu en augmentant de calibre , quand il a pris sa dernière direction vers l'entonnoir, dans la base duquel il se termine à la face postérieure et interne.

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Le canal alimentaire est moins ample dans les seiches. L'œsophage n'y est point dilaté en un jabot d'une capacité remarquable ; il ne forme qu'un canal d'un petit calibre, qui traverse la loge péritonéale hépatique entre les deux lobes du foie , avant de se terminer dans le gésier.

Celui-ci a des parois minces , beaucoup moins musculeuses que dans les poulpes, formant cependant une grande poche qui , lorsqu'elle est pleine d'aliments , s'étend jusqu'au fond de la cavité abdominale.

L'intestin spiral est d'une moindre proportion. Sa cavité, qui n'a de même qu'une seule ouverture pour son entrée et son issue, est divisée par une valvule spirale ; ses parois sont également glanduleuses : on y trouve une sorte de chyme , comme dans le duodénum des oiseaux. Le second intestin forme une anse courte avant de se porter définitivement vers l'entonnoir où il se termine.

Dans les calmars (1 ) , l'œsophage qui se trouve enveloppé par le foie dans une partie de son étendue est de même sans jabot. Le gésier est aussi un profond cul de sac , à parois plus musculeuses que dans cette dernière famille, mais beaucoup moins que dans les poulpes. La membrane interne y forme des plis longitudinaux, liés par des lames transversales, excepté dans le fond où ces plis sont ondulés.

Le cardia n'est séparé de l'intestin que par une sorte d'éperon. En arrière, l'issue de l'estomac conduit dans deux grands cœcums, par une seule embouchure bordée d'une valvule contournée en spirale, et for-

(1) Loligo vnlgaris. L.

mant à sa surface des plis, dans ce sens, réguliers, trèsfins, qui se prolongent dans une partie des parois de ces poches. L'une d'elles est d'une très grande capacité, l'autre est beaucoup moins grande ; leurs parois sont extrêmement minces.

La même valvule spirale qui est à leur entrée, forme, du côté de l'estomac , une saillie semi-circulaire qui doit empêcher les substances alimentaires de passer immédiatement du gésier dans le second intestin. Elle s'y prolonge, mais seulement du côté postérieur, eu plis longitudinaux.

Le second intestin est fort court , et va se terminer à l'anus, après un très-petit coude qu'il forme en contournant la vessie du noir.

Les deux poches cœcales existent assez fréquemment dans cette famille ; mais l'une d'elles est parfois peu développée. C'est ainsi que nous l'avons vue dans le loligo tubulata Lam. Quant à la partie de l'intestin qui est au-delà , elle ne peut faire les fonctions que du gros intestin, celles de rassembler les matières fécales.

Le nautile a Fœsophage dilaté en un très-grand jabot , qui conduit par un canal très court , ayant intérieurement des plis longitudinaux, dans un gésier très musculeux, analogue à celui du poulpe. Au delà du pylore, l'intestin commence par une poche duodénaie, dont la membrane interne a des plis parallèles, froncés en travers, et parait très glanduleuse. Cette poche reçoit la bile comme à l'ordinaire (1).

Le canal intestinal se coude deux fois avant de se

(1) M. Owen compare cette poche aux cœcums pyloriques des poissons, Mémoire cité. — Annales des sciences naturelles, I. 28, p. 117.

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terminer, et présente à peu près partout le même diamètre. Sa membrane interne a quelques plis longitudinaux et des rides transversales. ]

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