C. Dans les Ptéropodes
Deux des petits genres qui composent en partie cet ordre, savoir, les clios et les pneumodermes , ont pour estomac un sac membraneux et simple, enveloppé de toutes parts par le foie, et recevant la bile par beaucoup d'orifices. Un troisième genre de ce même ordre, Yhyale, est pourvu drun jabot ou d'une dilatation de l'œsophage, qui est suivie d'un gésier cylindrique et court; l'un et F autre ont l'intérieur plissé longitudinalement.
Les deux premiers genres ont l'intestin court et droit. Uhgale seule a aussi trois circonvolutions qui se font entre les lobes du foie (4).
B. Dans les Gastéropodes.
Il y a, dans cette classe, une variété étonnante pour le canal alimentaire. [ Nous indiquerons les plus remarquables, en suivant l'ordre des principaux groupes dans lesquels elle est divisée dans le Règne animal.
Observons seulement que les caractères de ces groupes étant pris des organes de la respiration , ils ne se rapportent pas nécessairement avec des différences dans la structure de l'appareil d'alimentation, différences qui tiennent au régime. Ce-pendant on peut dire que les gastéropodes pulmonés sont plutôt phytophages, et que la grande majorité des aquatiques, surtout
(1) Voyez encore les Mémoires sur le cUo , Yhyale et ie pneumoderme, par M. Cuvier, Recueil déjà cité.
des marins, sont zoophages. Parmi ceux-ci, il parait qu'il y a des différences très remarquables qui les déterminent à se nourrir de telle ou telle proie de préférence. Ainsi, ceux qui ont des mâchoires, une langue dure, un gésier, peuvent choisir une proie dont la chaire est enveloppée d'une croûte calcaire, que ces moyens mécaniques peuvent user ou briser.
\ . Les Pulmonés, a. Terrestres.
Un des estomacsles plus simples est celui de Izlimace et du colimaçon. L'œsophage aboutit bientôt à l'estomac, qui n'est lui-même qu'un sac membraneux oblong [dont les limites précises du côté de ce canal ne sont pas évidentes, et qui se termine par un court cul-de-sac. C'est donc un peu en-deçà de cette espèce de ccecumgastrique, que commence l'intestin ], et c'est tout près du pylore que s'ouvre le large canal hépatique. L'intestin reste toujours égal et cylindrique, fait deux replis dans la limace, et un seul dans le colimaçon, et se porte en avant et à droite, où il s'ouvre au bord de l'orifice du poumon, après avoir rampé sur les parois de cette cavité, et y avoir fourni aux vaisseaux veineux qui les parcourent, une infinité de racines absorbantes.
[Les membranes de l'estomac sont minces dans ces deux genres, l'interne est plissée en longueur. Cette même membrane ne présente ni valvules, ni plis, ni villosités remarquables dans le canal intestinal; seulement il y a de petits pores nombreux, orifices d'autant de follicules glanduleux, dans sa dernière portion qui se voit dans la cavité pulmonaire (1). ]
(1) Recueil cité.—Mémoire sur la limace et le colimaçon, p. 18 et 19.
Les autres Gastéropodes offrent toujours le même rapport entre leur intestin et leur organe pulmonaire; c'est pourquoi l'anus est toujours voisin de la branchie, lorsque celie-ci a une étendue bornée.
La parmacelle ne diffère essentiellement des précédens que parce que la fin de l'intestin, ainsi que l'ouverture de son poumon, sont plus vers l'arrière, et la testacelle, que parce qu'elles sont tout-à-fait à l'extrémité postérieure.
[Dans l'un etFautre genre, Festomac se continue plus directement avec Fintestin, et ne se termine pas par un cul-de-sac (1). Le canal intestinal se rétrécit sensiblement au rectum ; il fait quatre replis dans la parmacelle, et peut avoir le double de la longueur du corps.
L'œsophage de la testacelle est court, et son estomac proportionnément moins long et plus arrondi. ]
b. Les pulmonés aquatiques.
JSonchidie a aussi un épais gésier, précédé d'un jabot; deux canaux hépatiques s'ouvrent dans celui-ci, et un troisième dans le fond de l'autre. Mais ce qui ajoute beaucoup à la complication de l'organe, c'est que le gésier est encore suivi de deux autres estomacs membraneux, mais épais; Fun pyramidal, à partie évasée, tournée vers le gésier, et à parois profondément plissées en côtes longitudinales; l'autre plus étroit, cylindrique et plissé plus finement.
C'est dans le hulime des étangs (2) que l'estomac commence à se compliquer. Il y est garni de deux
(ï) V. Recueil cité. Mémoire sur la dolabelle, la testacelle et la parmacelle,ûg. 9 et 15.
(2) Espèce de limnêe ( Hélix stagnalis. L.)
muscles réunis par deux tendons communs, et rayonnants absolument comme dans le gésier des oiseaux. Immédiatement avant d'y pénétrer, l'œsophage se dilate en une espèce de jabot. [ Le planorbe présente la même structure (1). ]
2 et 3. Les Nudibranches et les Inférohranches.
Les doris ont aussi un estomac simple et membraneux , c'est un sac ovale ; le foie verse sa bile dans son fond par une multitude d'orifices. Le pylore est en avant, tout près du cardia, et le canal intestinal, large et court, se rend directement en arrière, presque sans aucune inflexion , et s'ouvre au centre du cercle des branchies qui garnit la partie postérieure du dos.
[ Il y a cependant des différences parmi les nombreuses espèces de ce genre qui pourront confirmer les coupes déjà indiquées par M. Cuvier, et même engager à les sous-diviser encore (2); car dans le doris soleay type de ses doris planes^ l'estomac forme un culde-sac ample et assez profond (3); tandis que dans les doris limhata et argo il se continue avec l'intestin, en se dilatant un peu et sans former de cul-de sac. Dans ce premier cas, le pylore est éloigné du cardia (£)»
Dans les thethjs , il y a un estomac musculeux , revêtu intérieurement d'un épiderme épais, comme pour suppléer au défaut de mastication ; on a vu que ce mollusque n'a ni mâchoires , ni langue. Son gésier est précédé d\in œsophage court et dilaté, et suivi d'un in-
(1) Sur la Umnée et le planorbe, O. C. p. 6 et 7.
(2) Mémoire sur le genre Doris.
(3) O. C. pi. I, fig. 2 e.
(4) Meckel. O. C. p. 190.
52 XXIIe LEÇON. ORGANES RÉPARÂT. DES MOLLUSQUES.
testin excessivement court , dont la première portion a de nombreuses lames longitudinales en partie trèssaillantes (1) ; l'autre moitié est lisse. Le gésier est percé près du pylore d'un orifice presque ausssi large que ce dernier ; c'est celui du canal hépatique.
Les scylleés ont aussi un petit gésier armé de douze lames écailleuses disposées en long. C'est comme une ceinture ou un anneau musculeux placé entre l'œsophage et l'intestin. Son armure est d'autant plus remarquable que ce genre de gastéropodes a de fortes mâchoires. L'œsophage est long, dilaté et troué vers la fin parles canaux biliaires, de sorte qu'il fait déjà les fonctions d'estomac. L'intestin est très-court (2). ]
Les tritonies ont un estomac membraneux à peine plus dilaté que leur intestin ; celui-ci se porte en avant vers le côté droit, où est l'anus, sous le rebord du manteau. [Cet intestin est tellement court que, l'œsophage et l'estomac compris, il égale à peine la longueur du corps. Sa membrane interne est striée longitudinalement (3). C'est du moins l'organisation de l'espèce observée par M. Cuvier {trit: homhergii. Cuv.);mais dans le trit : quadrilatera on voit, dans la partie moyenne de l'estomac , immédiatement au-delà de l'orifice du canal biliaire , une couronne d'environ trente petites plaques triangulaires, minces, cornées, brunes, très-aiguè's ,
(1) C'est sans doute cette première partie que Mechel et Délie- Chia je regardent comme un second estomac. Elle répondrait plutôt au duodénum. La figure 6 de la planche du mémoire sur le thethys de M. Cuvier ne montre que quelques plis longitudinaux avec de nombreuses rides transversales.
(2) 0. C. Mémoire sur la Scyllée .p. 10 et pi. fig. 6.
(3) Mémoire sur la Tritonie , p. 12.
qui rappellent celles que nous venons de décrire dans la scyllée. ]
Les phyllidies ont un canal alimentaire semblable; seulement le pylore est plus près du cardia , et l'anus plus antérieur et rapproché del'orificede la génération. Il en est séparé et plus en arrière dans les tritonies.