‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 20 sur 170 · Les Tectihranches · texte numérisé non relu

Les Tectihranches

Il y a quelque analogie entre l'estomac du pleurobranche (i) et celui deYonchidie; mais celui du pleurobranche est plus faible. Il y a d'abord un jabot memneux, qui n'est qu'une dilatation de l'œsophage; c'est dans son fond , à côté de Tenlrée du second estomac, que la bile pénètre; puis vient un gésier petit, et à parois minces, quoique musculeuses; puis un troisième estomac , qui rappelle le feuillet des ruminants par les lames longitudinales , larges et minces , dont il est garni intérieurement; enfin un quatrième, simplement membraneux comme le premier de tous, mais plus petit. On voit dans le gésier un sillon étroit qui conduit directement du premier estomac dans le troisième , et qui sert peut-être à une sorte de rumination.

L'intestin est court et égal.

Les aliments se moulent dans le troisième estomac en longs cordons blanchâtres.

Mais un estomac beaucoup plus curieux est celui de Yaplysie; il est aussi quadruple. L'œsophage, d'abord étroit, se dilate subitement pour former le premier estomac ou le jabot, qui est une grande et large poche

(1) Mémoire de M. Cuvier sur \e pleuro-branchus peronii, p. 6 et 7,ot fig. 6,

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à parois membraneuses très-minces, sans apparence glanduleuse ; il fait ordinairement un tour presque en spirale. Ce jabot est suivi d'un gésier en forme de cylindre court , et dont les parois sont musculaires et très - robustes ; elles sont garnies intérieurement d'une armure fort extraordinaire, et dont je ne trouve point d'analogue exacte , quoique les pièces osseuses de l'estomac des bullées y aient quelques rapports. Qu'on se représente des pyramides à bases rhomboïdales, et dont les faces irrégulières se réunissent en un sommet partagé en deux ou trois pointes mousses. Leur substance est demi-cartilagineuse, et composée de couches parallèles à la base; leur nombre, dans les individus où je les ai recueillies avec soin , sVst trouvé de douze grandes, placées en quinconce sur trois rangs , et de quelques petites rangées sur le bord supérieur de ce gésier. L'adhérence de ces pyramides à la veloutée est si légère, que le moindre contact les fait tomber sans qu'on aperçoive de trace de membrane , ni d'aucun autre moyen d'union. Les endroits auxquels elles adhéraient sont bien marqués néanmoins par une surface lisse et saillante, tandis que les intervalles sont un peu creux et légèrement ridés. Les hauteurs de ces pyramides sont telles , que leurs pointes se touchent au milieu du gésier, et qu'il reste entre elles très-peu d'espace pour le passage des aliments, qu'elles doivent par conséquent broyer avec force.

Le troisième estomac , aussi large que le premier, quoique moins long, a une armure aussi singulière que le second : ce sont de petits crochets pointus , attachés à l'un des côtés de sa surface interne , mais presque aussi légèrement que le sont les pyramides du

gésier; leurs pointes sont dirigées vers le gésier, et je ne puis leur concevoir cTautre usage que d'arrêter au passage les aliments qui Sauraient pas été suffisamment triturés dans ce gésier; en effet, on ne distingue presque plus la forme des substances alimentaires qui occupent le troisième estomac. Près du pylore sont deux petites arêtes membraneuses saillantes en dedans, entre lesquelles on remarque l'orifice du quatrième estomac , que Ton pourrait aussi , comme dans les seiches, appeler un ccecum , et ceux des vaisseaux hépatiques ; le ccecum est aussi long que le troisième estomac où il aboutit ; mais son diamètre est petit, ses parois simples et sans valvules, ni aucune partie saillante en dedans. Il est absolument caché dans le foie.

Le canal intestinal est également uniforme dans son diamètre , à parois minces et transparentes , plus que celles du troisième estomac, et s'en distinguant subitement par cette différence de qualité ; il fait deux grands contours embrassés par les divers lobes du foie, et se termine à l'anus , au milieu du côté droit du corps, par un rectum qui s'y rend transversalement. On ne voit dans son intérieur ni papilles , ni valvules , et il n'a ni étranglement ni dilatations sensibles.

[ Les dolabelles ont un canal alimentaire tout à fait analogue. Le gésier est armé de même de petits cartilages anguleux (1). ]

L^un des mieux armés de tous les estomacs connus, est celui des bulla lignaria et aperta; il a trois pièces pierreuses, plates , dont deux latérales pareilles, trian-

(1) O. C. Mémoire sur la Dolabelle , p. 6*

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gulaires , plus larges , et une au milieu , plus étroite » rhomboïdale , réunies par les fibres de la membrane musculaire, qui peuvent les rapprocher en se contractant. Les pièces du huila lignaria sont plus grandes et un peu autrement faites que celles de L'autre. On sait que feu Draparnaud a reconnu que c'était cet estomac qui , considéré comme un coquillage, avait donné lieu à rétablissement du genre tricla ou gioènia (2).

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