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Les Hyménoptères

Cet ordre naturel , le plus intéressant parmi les insectes, par les industries nombreuses et variées dont ses diverses espèces ont été douées, porteà la structure de sa bouche un caractère dont les panorpes viennent de nous indiquer le premier vestige.

La partie de la base de la mâchoire, et la ganache de la lèvre inférieure , y sont réunies par une membrane et se meuvent toujours ensemble. La partie de la mâchoire, située au-deli* du palpe, recouvre plus ou moins la langue, et lui sert d'un étui, quelquefois très complet.

Les hyménoptères, qui sucent le nectar des fleurs, sont reconnaissabïes au prolongement de leurs mâchoires et de leur lèvre inférieure, qui sont souvent beaucoup plus longues que la tête, mais qui se retirent néanmoins sous la protection des mandibules en se repliant. Cette sorte de trompe est quelquefois portée sur

un pédicule qui peut se replier en arrière , ou se déployer et pousser la trompe en avant , et par conséquent l'alonger beaucoup. C'est ce qu'on voit dans XAheille domestique et dans les genres voisins.

Dans ces trompes alongées, c'e^tla langue qui forme la partie essentielle, le vrai tube suceur; mais elle n'est toujours que roulée en demi-tube , et s^uvre longitudinalement en dessous.

Dans les Abeilles et tous les Hyménoptères à longue trompe , les parois sont revêtues de fibres annulaires, et la succion s'y fait par la contraction graduelle de ces fibres.

Dans les Guêpes et tous les Hyménoptères sans trompe , la lèvre est en forme de voûte , ouverte et concave en dessous , et plus ou moins fendue en lanières.

Dans Y Abeille , les deux premiers articles des palpes labiaux se prolongent et forment à la langue un premier étui; la partie extérieure de la mâcboire se prolonge également pour en former un second; c'est ce que Fabricius a nommé Lincjua quinquefida. Dans VEucère, deux écailles de la ba>e de la langue qu'on voit bien dans l'Abeille, mais qui y restent très petites, se prolongent autant que la langue et la trompe devient septemfïda. Il y a d'autres genres où les palpes labiaux ne servent point d'étuis , et où la trompe reste t ri fi de ; tel est le Sphex arenana , etc.

Même dans ceux où la langue ne se prolonge pas en trompe, elle s'ouvre toujours en dessous, et c'est en- . core là un caractère propre aux Hyménoptères Porteaiguillon, ou de la seconde section; d'où il résulte que leurs mandibules leur servent peu pour se nourrir 7

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mais seulement comme armure et comme instrument d'industrie. Ce qu'elles auraient mâché irait difficilement trouver le dessous de la langue pour être avalé ; celle-ci pompe une nourriture liquide, ou déjà très divisée, comme le pollen, etc.

Ces genres, à langue courte, présentent des différences très intéressantes dans la forme de leur langue.

Tantôt simple et conique, comme dans YEvanie ; ou en cuillère ovale , comme dans le Sirex et le Crabron; ou dilatée et échancrée comme dans le Leucopsis; ou divisée en trois lanières, comme dans leTenthrëde^ ou en trois soies coniques et velues, comme dans le Scolia; ou plus ou moins également et plus ou moins profondément divisée en trois ou quatre lobes , comme dans les Guêpes , et la plupart des genres aujourd'hui démembrés de celui des Sphex , etc.

Ces différentes configurations doivent déterminer la nature des substances que l'insecte prend et les lieux où il peut les chercher.

La mâchoire en fournit de moins importantes ; elle n'est guère , à sa partie antérieure , qu'une pièce écailleuse, recouvrant la langue par dessus et réglant sa longueur sur celle de la langue. Les palpes varient davantage, par leur longueur absolue et respective , la forme et le nombre de leurs articulations.

L1 abeille aies maxillaires excessivement petits. Dans le Sirex également; mais les labiaux y sont grands et en massue. La plupart des autres les ont en fil ou en soie, et d'un assez grand nombre d'articles.

La lèvre supérieure joue quelquefois un rôle intéressant. Dans les abeilles coupeuses de feuilles, par exemple , elle forme un bouclier écailleux , qui protège la

trompe sur laquelle elle se replie en avant, pour qu'elle ne soit pas entamée par le tranchant de la feuille que les mandibules coupent.

[Voici à présent un aperçu des différences que présente la bouche des Hyménoptères, selon les familles; nous n'entrerons pas cependant dans tous les détails des caractères zoologiques tirés de cette partie si intéressante à étudier, à cause de ses rapports avec les différentes espèces d'alimentation.

La première section de cet ordre, celle des Porte-scies, a généralement les mandibules courtes et épaisses ou médiocrement alongées , crochues et terminées en pointe , ou présentant à leur extrémité deux (les Microgaster)o\x plusieurs dentelures ( les Dryines, les Cleptes) ; D'autres fois , ces dentelures se voient à la face interne (les Hélores, les Perga). Ces mandibules se croisent souvent au-devant du labre et du chaperon (les Tenthrèdes).

La lèvre est courte, entière (les Xijéla) , ou divisée en trois parties (les P erg cl). Quelquefois ses côtés se replient en dessous et commencent à former le demicanal qu'elle présente souvent dans la seconde section de cet ordre (les Ibalia :■, les Perilampus, les Microgaster).

Dans les Chrysis, c'est la languette qui est ainsi repliée , puisqu'elle est séparée de la ganache par un article transversal très court, qui doit répondre à la lèvre. On dirait que celle-ci manque dans les Dryines.

Les mâchoires sont parfois peu résistantes et presque membraneuses (les Tenthrèdes). Dans les Vifiens, elles forment avec la lèvre une sorte de bec.

Les palpes maxillaires ont quelquefois une longueur

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extraordinaire qui dépasse de beaucoup celle des palpes labiaux ( les Stéphnnes).

La seconde section, celle des Porte-aiguillons , présente plus de différences suivant les familles. La lèvre manque dans les M titilles et les Méthoques, qui appartiennent à celle des Hétérogynes , tandis que leurs mandibules sont fortes et tridesUées ou bidentées. Les mâchoires y portent de longs palpes.

Dans la seconde famille, celle des Fouisseurs , les mâchoires et la lèvre s'alongent quelquefois en forme de bec (les Scolies) , et forment une fausse trompe (les Bembex) ; tandis que dans le genre Monidule, la lèvre est très courte. Le développement des palpes est , dans ces deux cas, dans une proportion inverse de la lèvre et des mandibules.

La troisième famille , celle des Diploytères , est pourvue de fortes mandibules. On distingue facilement dans les Célonites , genre de la tribu des Masures , la ganache qui supporte de courts palpes labiaux , la lèvre fermant un fourreau, et la languette formant une longue soie bifide qui peut se retirer en partie dans celte gaîne.

Ces mêmes parties ont une tout autre forme dans les Eumènes. Les palpes labiaux sont longs; la lèvre supporte une longue langue composée d'une pièce moyenne, beaucoup plus large, bilobée et supportant une petite glande à l'extrémité de chaque lobe ; puis de deux pièces latérales moins longues, en forme de filet.

Dans les Guêpes ( Polistes Latr.) la lèvre semble se prolonger sur les côtés de la langue, pour former les deux pièces latérales de cet appareil, tandis que la pièce moyenne beaucoup plus large , bilobée ? ayant aussi

une «lande à l'extrémité de chaoue lobe, comme les pièces latérales , est la langue proprement dite.

Il est curieux d'observer comment, dans la famille des MettifèreS) les différentes parties de la boucbe, la lèvre, la languette et les mâchoires en particulier, s'alongent pour former un suçoir. Ce suçoir est encore imparfait dans les Andrènes, qui ont la languette courte et divisée en trois parties , dont la moyenne est en cœur ou en fer de lance. La ganache seule a, dans ce genre, de longues proportions.

Ce n'est proprement que dans les Apiaires que nous trouvons un suçoir complet formé :

1° D'une languette longue et étroite, en lame d'épée, dont l'extrémité est très velue , dont les bords sont repliés en dessous pour former un tube pour ainsi dire capillaire, et dont la composition musculaire peut produire dans ce tube une sorte de mouvement péristaltique;

2° Des palpes labiaux à quatre articles , dont les deux premiers, aussi longs que la languette , lui servent de gaine en s'appliquanl contre elle, et dont les deux derniers sont rudimentaires ;

3° De deux mâchoires en faucille peu courbée et très alongée, supportant un palpe rudimentaire à deux ou un article. ]

\ 0 . Les Lépidoptères .

Il y a une grande uniformité dans la bouche des Lépidoptères ; c'est un suçoir formé de deux lames membraneuses, courbées transversalement sur toute leur longueur pour composer un tuyau, et que l'insecte roule en spirale quand il ne s'en veut pas servir, et logé

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entre deux palpes plats, velus , et composés d'ordinaire de trois articles.

[Ces palpes appartiennent à la lèvre, dont la forme et le développement varient d'un genre à l'autre. Il y a deux autres palpes rudimentaires à la base des deux lames du suçoir, que Ton peut considérer (1), d'après cette circonstance, comme les mâchoires modifiées, tandis que les mandibules seraient deux petits corps écbancrés et velus qui sont attachés de chaque côté du chaperon.

Ainsi , toutes les parties qui existent dans la composition normale de la bouche des insectes broyeurs , se retrouvent dans celle des papillons , mais elles y paraissent modifiées pour la succion à laquelle elles doivent coopérer. ]

Les différences dépendent de la longueur du suçoir qui est quelquefois presque réduit à rien , et de la figure des palpes , de la lèvre , des mandibules et du chaperon ; elles importent peu à notre objet.

\ \ ; Les Rhipiptères.

[ Dans Tordre anomal des Rhipiptères , la bouche a cependant toutes les parties quelle présente dans cette classe, un labre, deux mandibules, deux mâchoires, avec un très petit palpe d'un seul article et une lèvre sans palpes (2). ]

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