‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 55 sur 170 · Les Diptères · texte numérisé non relu

Les Diptères

La bouche y consiste essentiellement en une trompe charnue ou plus consistante, divisée en bas en deux

Cl) Suivant M. Savlgny. O. C.

(2) Cette détermination est due à M. Savigny.

ART. ï. BOUCHE DES ANIMAUX ARTICULAS. 169

lèvres plus ou moins prolongées, et qui s'appliquent sur l'objet à sucer. A la racine de cette trompe sont attachés deux palpes composés de deux à cinq articles , et entre eux est une écaille pointue qui peut servir à entamer les vaisseaux dont il faut sucer les liqueurs , mais qui souvent ne fait que recouvrir d'autres pièces, au nombre de deux , de trois, de quatre ou de cinq, bien plus tranchantes et plus appropriées à cette fonction.

[Lorsque le suçoir renferme six pièces écailleuses, piquantes ou tranchantes, propres à entamer la peau des animaux ou à percer les réservoirs des sucs végétaux, on peut cependant trouver leurs analogues dans l'appareil buccal des insectes broyeurs. La trompe est bien la lèvre inférieure : la pièce écailleuse impaire supérieure est le labre; l'inférieure est la languette, et les deux autres paires de lancettes ou de soies propres à piquer, répondent aux mâchoires et aux mandibules. Nous allons indiquer, par quelques exemples, quelles sont les principales différences d'organisation de ce suçoir, dans les différentes familles de Diptères. ]

Dans la première famille , celle des Némocères , la trompe des tipules est courte, à larges lèvres, ou en forme de bec ou de syphon, et sans soie (1); celle des cousins est longue, mince, et loge un aiguillon [composé de cinq soies fines, dont deux sont même dentelées au bout.]

Les tipules et les cousins ont des palpes maxillaires articulés , souvent très longs.

(1) Latreille en indique deux ou quatre, article Tipulaires. Dict. clas. d'hist. nat. ; et deux seulement, article Tipule du même ouvrage. M. Guérin n'en indique aucune dans le genre Bolitophile , ainsi qu'on va le voir.

170 XXIIIe LEÇON. ORGANES REP. DES ANIM. ARTICULAS.

[L'appareil buccal des bolitophiles , qui appartiennent à la division des Tipides, se compose c'une lèvre intérieure bilobée et velue à son extrémité , et modifiée en trompe. Leurs màcboires sont très dist nctes et portent de longs palpes à cinq articles. Le labre et les mandibules paraissent soudés en une seule p èce (1).

Les Tanyslomes , seconde famille de ce même ordre, ont, les uns la gaine du suçoir saillante, consistante, de nature cornée, sans lèvre apparente; les autres Font molle , flexible et terminée par deux lèvres. Ce suçoir renferme généralement trois lames ou filets, outre la lame qui répond au labre : il y en a donc une pour la languette et deux pour les mâchoires ou pour les mandibules. ]

Dans les asiles,. la trompe devient cornée, au point de servir elle-même à entamer; elle renferme trois soies sous Fée a il le.

Dans les empis et les bombiles , toutes les parties s'alongent beaucoup, mais la trompe plus que les soies dans les bombiles, qui d'ailleurs n'ont qu'une soie sous l'écaillé. Dans les empis, tout se prolonge verticalement ou obliquement en arrière, et il y a trois soies sous Técaille.

Dans les rhaijions, ou leplis, [qui appartiennent aux Tanystàmes à trompe charnue terminée par des lèvres,] il y a sous l'écaillé trois soies, dont celle du milieu plus forte.

Dans la troisième famille, celle des Tabaniens, les taons on( cinq lames (2) à leur suçoir, toutes pointues

(1) Annales des se. nat.% t. X, p. 406 et suiv. , et pi. 18, fig. 1-6* Mémoire de M. Guéri n.

(3) P. Savigny. 0, C.

et tranchantes comme des iames de lancettes ; aussi sont-ce les mouches qui entament le plus cruellement la peau. [La trompe est terminée par deux lèvres alongées ; elle supporte deux palpes à deux articles.

La quatrième famille, celle des Notacanthes , a une trompe membraneuse courte, avec des lèvres relevées et des palpes terminés en massue. Les lames quelle renferme sont au nombre de quatre.

Dans la cinquième famille, celle des Athéricères , la trompe se termine par deux grandes lèvres, et ne renferme que deux ou au plus quatre pièces.

Ceux qui ont un suçoir à quatre pièces, forment la division des Syrphides ;^ ainsi les Syrphus, les Rhyngies ont deux soies roides sous chaque palpe, outre Tecaille qui répond au labre, et la soie qui tient lieu de languette.

Les Oestres deuxième tribu des Athéricères , ont tous les organes extérieurs de la bouche rentrés dans la tète ou oblitérés, et ne laissant voir au-dehors que trois points un peu saillants, formant trois tubercules.

[Les Conopsaires, troisième tribu de cette famille, ont la trompe alongée, toujours saillante et souvent coudée dès sa base, ou plus en avant. Ainsi,] dans les mj opa, la trompe s'alonge en un tube mince et coudé à son milieu ; il n'y a qu^une courte écaille sans scie.

Les Stomoxes n'y ont qu'une soie en dessus.

[La dernière division de cette famille, celle des Muscides, se distingue par une trompe molle, terminée par deux lèvres contenant seulement deux pièces écailleuses ; ] tel est le suçoir de la mouche commune.

[La sixième famille, celle des Pupipares, drffèrebeau- Coup pour la composition de son appareil buccal , dé

tous les autres diptères. On voit en dessus dans les Ornithomyies (1) une sorte de chaperon ou de labre, et en dessous , une lèvre inférieure très marquée , à bord libre membraneux. Au-dessus de cette lèvre s'articulent deux très petits palpes , à un seul article, hérissés de poils. Entre ces palpes se voit une sorte de bec, formant une saillie horizontale en avant de la tête. ïl se compose de deux lames écailleuses , rapprochées, creusées en canal pour recevoir les soies du suçoir, qui sont au nombre de deux (2) , mais qui ont été prises pour une soie unique, longue et flexible.

Dans les hippohosques , cette composition dans laquelle les mâchoires forment l'étui du suçoir-, et où la lèvre subsiste, et n'a pas été alongée en forme de trompe, comme dans les autres diptères ; rappelle absolument celle de la trompe des Lépidoptères , qui n'en diffère que parce qu'elle ne renferme pas de soies pour représenter les mandibules, lesquelles sont restées en dehors dans les papillons, et tout-à-fait rudimentaires et sans usage. Nous pensons que c'est avec moins de justesse que cet appareil buccal a été comparé à celui de la puce (3).

Dans les Mélophages, ii y a un long tube pour suçoir, enveloppé immédiatement dans un étui cylindrique ouvert en dessus; c'est de nouveau l'analogue de la trompe des autres diptères. Sa base est garnie de deux pièces qui pourraient être comparées

(1) Annales des sciences naturelles , t. X, p. 246, pi. II, fig. 1 et 6. Description ou figure d'une nouvelle espèce d'ornithomyie, par M. Léon Dufour, D. M.

(2) M. A. D ugcs pense qu'il se compose de quatre pièces emboîtées les unes dans les autres. Annales des sciences naturelles, t. XXVII, p. 152. Mémoire sur le genre pulex déjà cité.

(3) Latreillc. Règne animal, t. V,p. 239.

aux mâchoires ; en dehors desquelles il y en a deux autres, alongées, hérissées de poils, que Ton a regardées comme le labre , mais qui nous paraissent plutôt les analogues des mandibules. Quant au tube intérieur que ranimai peut sortir de sa gaîne , c'est une véritable languette. Un mécanisme fort remarquable porte ce tube en dehors avec son étui , au moyen de deux muscles protractiles , ou les fait rentrer dans la tête par Faction d'un ressort (I). ]

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