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178 XXIIIe LEÇON. ORGANES RÉP. DES ANIM. ARTICULÉS

qui leur est commune. Ces muscles sont destinés à rapprocher, Fune de l'autre , les mandibules, ou à fermer la bouche. Ceux qui doivent rouvrir , ou écarter ces mandibules, sont beaucoup plus courts et n'ont pas le dixième de la grosseur des précédents ; ils sont insérés à une petite apophyse , qui correspond à la ligne convexe et externe de la mandibule en dehors du condyle. Lyonet a décrit et figuré ;ces muscles dans la chenille du cossus qui ronge le bois de saule. Il leur a donné les noms d'adducteurs et d'abducteurs , mais il a considéré , comme autant d'organes distincts , les faisceaux de fibres qui se rendent au tendon commun , de sorte qu'il a distingué à peu près onze muscles ou trousseaux destinés à fermer la bouche , et trois plans principaux propres à l'ouvrir. Ces plans fibreux se retrouvent dans tous les autres insectes, mais leur nombre et leur disposition respective présentent les plus grandes variations.

Ces différences dépendent évidemment d'abord de l'insertion très diverse des lames tendineuses qui doivent être considérées comme des prolongements des muscles ; ensuite elles paraissent aussi être modifiées par la longueur et la grosseur de ces lames. Celles-ci sont, en effet, toujours en rapport avec la forme et l'étendue que fournissent à leurs attaches les parois intérieures de la mandibule et les parois intérieures du crâne.

[Les mâchoires sont mues par un plus grand nombre de muscles, parmi lesquels on peut distinguer trois abducteurs, un adducteur et un prétracteur (1).

La lèvre a un élévateur , et chacun des palpes maxillaires a un abducteur et un adducteur. ]

(1) V. 0. C. de M. Straus, p. 155 et pi. III , fig. 2.

D. Bouche des Annèliàes.

[L'appareil buccal des Annèliàes est en général organisé pour la succion ou pour la déglutition immédiate, plutôt que pour la mastication.

C'est le plus souvent une trompe qui se déroule au dehors, et se replie dans elle-même, par un mécanisme semblable à celui que nous avons décrit dans les mollusques gastéropodes.

Chez d'autres annélides ( les sangsues ), il y a deux lèvres encore un peu distinctes , ou réunies , assez développées et musculeuses pour faire , au besoin , l'office de ventouse. Ici la préhension des aliments se fait souvent par succion.

La trompe peut être armée de dents ou même de mâchoires, au nombre de deux, de quatre, opposées par paire l'une à l'autre (plusieurs aphrodites), ou disposées en carré (les glycères). Elle en renferme même quelquefois un nombre impair, de sept ou de neuf, placé sur deux rangs , dont celui d'un côté en a une de plus. Ce sont généralement des lames dentées à leur bord interne ou à leur extrémité, ou terminées en crochet, qui sont plutôt faites pour saisir les substances alimentaires, que pour les amoindrir. Peut-être même qu'un de leurs usages essentiels est de servir à creuser des galeries dans le sable des plages maritimes , où beaucoup d'annélides se tiennent habituellement

Nous verrons que l'existence ou l'absence des mâchoires ne forme pas un caractère très important pour reconnaître les rapports naturels de ces animaux ; des espèces évidemment d'un même genre en étant privées, tandis que d'autres en sont munies.

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En général , on peut dire que le mécanisme de l'appareil buccal n'étant plus appuyé et articulé, dans cette classe, comme dans les autres animaux extra-articulés, sur une pièce solide de la tête, sur laquelle elle pourrait se mouvoir en divers sens , a dû être singulièrement simplifié dans sa composition. Le nombre des mâchoires de certaines annélides dorsibranches (les Eunices, les Aglaures) , n'est pas contraire à cette proposition; car ce nombre ne complique guère le mécanisme de l'appareil buccal ; il ne fait qu'armer un peu mieux la trompe; c'est toujours et tout simplement un organe de préhension des aliments, dont l'armure n'a d'autre point d'appui que les parois charnues de cette même trompe, et dont les mâchoires, ou les dents qui constituent cette armure, agissent comme des pinces ou comme des crochets, rarement comme des ciseaux, et jamais comme des meules.]

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