X. Les Lépidoptères
L'état parfait dans cet ordre d'insectes n'est plus destiné à l'accroissement , et conséquemment à prendre la nourriture nécessaire à leur développement : aussi les organes qui doivent opérer la transformation des aliments en suc nutritif sont-ils généralement moins développés dans le Papillon que dans la Chenille.
Lyonet déjà a remarqué qu'ils étaient flétris et comme desséchés dans la Phalène du Cossus ronge-bois; il n'a pu y découvrir aucun vaisseau analogue aux salivaires.
Il paraîtrait cependant que quelques Papillons conservent ces vaisseaux développés. Swammerdam les a indiqués dans le Papilio nrlicœ (2) ; et Ramdohr les a décrits dans XmZigène de la fîlipendule (3). Ils y sont peu repliés, étendus du jabot au pharynx, composés d'un tube intérieur et d'une double série régulière de vésicules globuleuses formées par leur membrane externe.
(1) Mémoire de M. Treviranus inséré dans le Journal de physiologie , t. III, 1" cahier, p. 69 et 70, et pi. X, fig. 7. Publié en allemand par MM. Treviranus et Tiedemann.
(2) Biblia naturœ, Tabl. XXXV.
(3) 0. C. p. ÎG2 et pi. XVIII, lig, 1 m m et fig. 4.
206 XXIIIe LEÇON. ORGANES REP. DES ANIM. ARTICULES.
Nous retrouverons encore cette structure vésiculeuse dans les salivaires des Diptères.
Les observations manquent pour affirmer positivement jusque quel point les vaisseaux salivaires existent ou n'existent pas à Fétat parfait, et quel est le rapport de leur existence avec le régime, et avec leur présence dans les Chenilles ?]
Celle du bois de saule (pliai, cossus) a deux longs vaisseaux spongieux, comme tous les organes sécrétoires des insectes, fort entortillés sur eux-mêmes, débouchant chacun dans un grand réservoir qui se décharge lui-même dans la bouche par un canal rétréci (1). Il parait que cet organe produit une liqueur nécessaire à cette Chenille pour ramollir le bois dont elle se nourrit.
[Il n'est pas douteux que ce ne soit ici Porgane le plus analogue aux glandes salivaires , et pouf sa disposition et pour son usage. ]
La plupart des autres Chenilles en manquent ouTont très petit. [Son existence et le degré de son développement paraissent en rapport avec la nature des aliments et conséquemment avec les besoins de Tinsecte. Ainsi , on Ta trouvé long, flexueux, considérable dans la Chenille du Gastrophagus pini (2).
Il ne faut pas confondre les vaisseaux salivaires des chenilles, qui subsistent quelquefois à Fétat parfait, avec
(t) Traité anatomique de la chenille qui ronge le bois de saule , etc. , par Lyonet, à La Haye, 1762 , iu-4% pi. XVI, fig. 11 vj, où l'on voit les terminaisons des vaisseaux dans le pharynx, et pi. XVIII, fig. 5, où sont représentés tous les replis des vaisseaux sécrétcires, leur réservoir C A, et le canal excréteur qui les termine.
(2) V. Sukow. Recherches anatomico-physiologiqucs sur les insectes et les crustacés (en allemand).
les vaisseaux qui sécrètent la soie de leur cocon, laquelle sort par une filière située dans une papille de leur lèvre inférieure. Ceux-ci ne se retrouvent jamais dans le papillon , et leur grandeur relative est proportionnée à l'abondance de la soie dont la chenille aura besoin pour filer son cocon.
Nous les décrirons à la suite des organes de la génération , dans le chapitre des transformations organiques des animaux.