‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 80 sur 170 · C. Du canal alimentaire des Insectes · texte numérisé non relu

C. Du canal alimentaire des Insectes

Cette classe immense offre , dans la structure de son canal alimentaire, autant de variétés que toutes celles des animaux vertébrés ensemble ; il y a non seulement les différences de famille à famille, d^espèce à espèce, mais un seul et môme individu a souvent un canal tout différent , selon qivon le considère dans l'état de larve , ou dans celui d'insecte parfait, et toutes ces variétés ont des rapports- fort exacts, souvent très appréciables , avec le genre de vie momentané ou constant des animaux où on les observe.

Ainsi, les larves voraces des scarobés, des papillons, ont, des intestins dix fois plus gros que les insectes ailés et sobres auxquels elles donnent naissance, si Ton peut employer cette expression.

Dans les familles naturelles des insectes, il y a la même ressemblance de cette partie que dans celles du reste du règne animal; tous les coléoptères lamellicornes, tous les carnassiers, ont des intestins pareils (1) dans chacun de leurs états , etc.

La longueur et la complication des intestins sont ici , comme dans les autres classes , un indice d'une nourriture peu substantielle; leur brièveté et leur minceur indiquent, au contraire, que ranimai vit de proie, etc.

[La composition du canal alimentaire a-t-eîle dans

(!) Cette proposition doit être restreinte à la composition générale du canal alimentaire; mais elle ne s'étend pas à tous les détails. Plus on aura étudié d'espèces, plus on trouvera que les différences sont innombrables, plus on sera forcé de mettre de réserve dans les généralités. I).

les insectes un caractère qui pourrait servir à distinguer cette classe , non seulement des autres types du règne animal, mais encore des autres classes de celui des articulés ? Nous croyons pouvoir l'affirmer.

Considérons-le premièrement dans sa plus grande complication , ensuite dans sa plus grande simplicité ; cette dernière circonstance nous montrera ses parties essentielles, celles qu'il présente dans tous les cas, et qui peuvent servir à la caractériser.

Qu'on lise plus loin la description du canal alimentaire du taupe— grillon , on j verra :

1° Un œsophage, canal assez long, étroit, ne servant que d'organe de transmission des aliments.

â° Un jabot, premier estomac membraneux, et conséquemment premier réservoir de ces mêmes aliments, qui y sont, sans doute, déjà macérés par les sucs que ses parois sécrètent.

3° Un gésier, dont l'organisation musculo-cornée est faite pour atténuer, par la trituration , les substances alimentaires qui doivent nécessairement le traverser. 4° Un troisième estomac de structure membraneuse, ayant plusieurs culs-de-sac, dont les parois séparent d'abondants sucs gastriques.

5° Ce troisième estomac conduit , à travers le pylore, dans la première portion de l'intestin , celle qui reçoit la bile à son extrémité , et que nous appellerons duodénum à cause de ce caractère. Ce duodénum est remarquable par sa grande capacité.

6° L'intestin grêle qui suit se distingue, entre autres, du gros par un moindre calibre.

7° Enfin le gros intestin, qui tient lieu de coloa et de rectum .

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Si nous considérons à présent la larve d'une Guêpe , lorsqu'elle est encore éloignée de l'époque où elle doit se changer en nymphe , nous verrons tout son canal alimentaire n'avoir qu'un très court œsophage (l'organe d'introduction des aliments), manquerabsolument d'intestin, même de sa dernière partie, ou d'organe d'émission des excréments; et ne consister qu'en un long sac, à la fin duquel s'insèrent les vaisseaux biliaires. Cette insertion qui caractérise toujours îa fin du duodénum dans tous les insectes , dont la position est invariable, indique constamment la limite postérieure de la partie moyenne digestive du canal alimentaire, la plus essentielle , puisque c'est elle qui est chargée de la transformation des aliments en sucs nutritifs.

Ici , cette partie moyenne se compose de l'estomac et du duodénum confondus , et ne formant plus qu'un seul sac. A la vérité , cette même partie est séparée en deux dans le Taupe-grillon , mais c'est par une rare exception , puisqu'elle est unique à notre connaissance ; et cette séparation des deux organes , dans ce cas exceptionnel, nous en démontre mieux la nature dans la aénéralité des insectes.

Ainsi , un sac oblong, cylindrique ou conique, musculo-membraneux , dont les parois peuvent séparer des sucs gastriques plus ou moins abondants, qui reçoit la bile par sa dernière extrémité, forme essentiellement la partie moyenne ou digestive du canal alimentaire des insectes. Elle a toujours, dans cette classe, beaucoup de capacité et un grand développement proportionnel. M. Léon Dufour est le premier qui en ait bien apprécié les fonctions en le nommant ventricule cliulifique. Nous l'appelions estomac duodénal

pour désigner clairement par cette dénomination composée sa complication organique.

C'est dans sa portion antérieure que les aliments sont soumis à Faction des sucssalivaires ou gastriques, tandis que la bile, qui y pénètre par son extrémité postérieure, doit agir davantage sur la portion d'aliments qui se trouve dans sa partie postérieure.

En avant de cette partie moyenne existe toujours un tube d'introduction , l'œsophage , plus ou moins long, suivant la forme du corps , et d'autres nécessités.

L'œsophage peut se dilater en une première poche digestive de nature membraneuse.

Entre lui et l'estomac duodénaî, se place , selon les besoins , un estomac triturant , réduit souvent à une sorte de filière ou même de valvule.

En arrière de l'estomac duodénaî se voit un intestin grêle , comparable au jéjunum des animaux vertébrés et ne paraissant, dans beaucoup de cas, qu'un canal de transmission.

L'intestin gros sert , par sa capacité , de réservoir aux excréments.

Il peut encore se rétrécir en un petit canal cylindrique , plus musculeux que le reste , dont les parois sont organisées pour émettre au dehors les excréments.

Mais ces dernières parties ne sont plus caractéristiques, et varient par leur séparation plus ou moins évidente et leur développement proportionnel.

On peut conclure de cette esquisse des parties constantes et des parties variables du canal alimentaire des insectes , que le caractère essentiel de leur tube nutritif consiste dans l'existence d'un estomac duodénaî , à la

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fin duquel la bile est toujours versée , sinon en totalité, du moins en grande partie.

Ce caractère appartient même aux insectes anomaux qui composent Tordre des Myriapodes, et confirme leur réunion dans la classe des insectes , malgré l'élrtfngeté de leurs organes du mouvement. ]

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