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Les Serric ornes

Cette grande famille , qui se nourrit de substances végétales, a un caractère commun, qui la distingue des carnassiers, celui de manquer de gésier et de n'avoir généralement qu'un jabot rudimentaire, quand il existe. En revanche, la poche gastro-duodénale est extrêmement développée.

Parmi les richards et les laupins plusieurs espèces ont présenté une forme singulière dans cette dernière poche ; elle commence par deux cœcums quelquefois très longs (2) dans l'intervalle desquels s'insère l'œsophage.

(i) O. C, pi. 10, fig. 0,7,8 et 9.

(2) O. C., pi. Il, fig. 1.2, ï, 4.

Il est remarquable qu'entre deux espèces congénères , Tune , le buprestis novem maculata , ait ces deux poches extrêmement longues, et l'autre, le buprestis viridis , en soit dépourvu ; tandis qu'on les retrouve , mais plus petites , dans les elater.

Le ventricule duodénal n'a point de papilles extérieures dans les richards. Leur gros intestin est plus long que le grêle, qui est très court. La totalité du canal alimentaire égale trois fois la longueur du corps; tandis qu'elle n'est que d'une fois et demie cette longueur dans les taupins.

Dans ceux-ci , l'œsophage est très court et le jabot à peine distinct. La poche gastro-duodénale est de nouveau papilleuse dans certaines espèces , V elater marinws, et lisse dans d'autres, Y elater gilvellus.

Dans les Lampyrides à l'état parfait , le tube alimentaire a une fois et demie la longueur du corps ; il ne dépasse pas même cette longueur dans les telephores.

L'œsophage est de longueur médiocre ou court ; le jabot peu marqué ; l'estomac duodénal assez long, sans papilles.

Cet estomac présente des boursoufflures très prononcées , dans les trois quarts de sa longueur , chez la femelle du ver luisant. Ces boursoufflures sont bien plus marquées dans sa larve, et le ventricule duodénal plus considérable. Il en est de même de l'estomac régulièrement ovale qui la précède, et de l'œsophage long et filiforme qui y conduit. Par contre , l'intestin proprement dit est court dans la larve, et long dans l'état parfait ; mais cette longueur n'est que pour le gros intestin , tandis que le grêle est très court (1).

(1) V. les pi. il, fig. 6 et 7 du mémoire de M. Mon Dnfour. 5. 17

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Dans les télëplwres, le canal alimentaire présente des différences d'un sexe à l'autre. Ainsi, dans le telephorus fus eus , la poche gastro-duodénale a des étranglements circulaires qui rendent son canal inégal, et doivent suppléer à la longueur du tube alimentaire, en ralentissant la marche des substances nutritives à travers ce canal. Ces étranglements ne se voient pas, à la vérité, dans le telephorus Uvidus(i) dont le canal alimentaire est aussi très court, et chez lequel l'intestin ne peut être divisé bien évidemment en grêle et en gros. Dans l'une et l'autre espèce, il est plus dilaté au commencement qu'à la fin.

Les driles, qui appartiennent aussi aux lampyrides, offrent même des différences d'un sexe à l'autre. Dans le drile jaunâtre (2)., la femelle a un œsophage long et un jabot, tandis que le mâb n'est pourvu que d'un œsophage court et sans jabot. Dans la première, l'estomac duodénal commence par une petite dilatation sphérique, suivie d'un canal filiforme d'abord, ensuite plus dilaté, qui aboutit dans une grande poche principale également sphérique. Cette dernière poche est précédée, dans le mâle, par un long canal cylindrique. Dans l'un et l'autre l'intestin grêle a sa surface hérissée de papilles. Il y a dans la femelle un colon et un rectum distincts, moins faciles à reconnaître dans le mâle (3).

Parmi les Mélijrides , de la même division des Serri-

(1) V. Ramdohr.O. C, pi. VU, fig. 5, et L. Dufour. 0. C. t. III, pi. 13, fig. h

(2) F. à ce sujet le mémoire de M. Audouin , Annales des se, natw\t .II, pi. 15, fig. 15-16.

(3) Ramdobr. PI. VIH, fig, 4, et h, Pufour, pi. 13, fig. 4.;

cornes, les malachies (1) ont l'œsophage long, assez dilaté dans toute son étendue, et sans jabot. La poche gastro-duodénale est courte; l'intestin est assez long, grêle dans toute son étendue, excepté vers son milieu, où il forme une courte dilatation au-delà de laquelle il se resserre davantage, pour se dilater de nouveau un peu en-deçà de sa terminaison.

Enfin la division dés pentamères serricornes comprend encore le groupe naturel des ptiniores , dont le genre vrillette fait partie; ce sont des insectes omnivores à Fétat de larve. Les espèces de ce genre se rapprochent des dermestès (quoique ces derniers appartiennent à la division suivante, celle des pentamères palpic ornes), par une circonstance organique de leur canal digestif, que nous devons signaler : la fin de leur jabot, qui est ici très développé, est entourée d'une double collerette de petits cœcums en forme de cœur, dont Fensemble peut être considéré comme tenant lieu d'un appareil sali— vaire (2). Nous l'avons déjà indiqué en décrivant ces glandes.

4° Les Clcwicornes.

La division des Clcwicornes , qui comprend des coléoptères pentamères de toute sorte de régime , dans Fétat parfait du moins; dont les uns sont carnassiers, et les autres phytivores ; mais qui se nourrissent de matières animales à Fétat de larve; présente des différences dans Fensemble de l'organisation de son canal alimentaire, en rapport avec ses mœurs variées.

(î) jMahtchius œneus. 0. C. pi. 13, fig. 2.

(2) Annales des se. natur. , t. XIV, pi. 13, A, fig. 1 et 2 d, p. W,Q, Lettre de M. L. Dufour sur l'appareil digestif del'anobium striatum.

2G0 XXIIIe LEÇON. ORGANES REP. DES ANIM. ARTICULES.

Dans les escarbots l'œsophage est très court, lejabol rudintentaire, la poche gastro-duodénale longue et hérissée de longues papilles, même dans sa dernière portion ; le canal intestinal court, surtout le second intestin , qui est tantôt plus gros, tantôt cTun moindre diamètre que le premier.

Après un œsophage très court , villeux intérieurement (l),]les silphes (silpha atrata, etc.) ont dans Fétat parfait un estomac [duodénal hérissé partout de grosses villosités ] et suivi d'un intestin grêle deux fois long comme le corps. v

t Cet intestin est d'ailleurs très remarquable par les papilles qu'il présente extérieurement dans les trois derniers quarts de son étendue. Son insertion dans le gros a lieu obliquement ou directement, suivant les espèces. Le gros intestin est court et pyriforme.

Les nécrophores ont l'œsophage plus long, avec un renflement avant sa terminaison. L'intestin grêle est encore plus long que dans les silphes ; mais au lieu de papilles, il se dislingue par de nombreux étranglements. Ces deux dispositions organiques , la longueur extrême de l'intestin et ses étranglements, ne sont certainement pas en rapport avec la nature animale de leurs aliments ; il y a ici une grande exception à la, règle.

Dans le genre tlnjmalus (2), qui se nourrit de substances végétales, l'intestin n'atteint pas tout-à-fait trois fois la longueur du corps. Après un œsophage court

(1) Que M. Léon Dufour considère, à cause de cela, comme un gésier. Mémoire cité , p. 229 et pi. 13, fig. 5, 6, 7 et 8, et Ramdohr pi. IV, fig. 2 5, 6, 7.

(2) M. Léon Dufour. Mémoire cité, pi. 15, fig. i.

et un jabot rudimentaire, vient une poche gastro-duodénale droite, d'un assez grand diamètre, ne montrant que de faibles granulations au lieu de papilles. L^intestin grêle est filiforme, et le gros d'un diamètre égal, mais plus grand; il se rétrécit beaucoup pour former un court rectum.

Nous retrouvons dans plusieurs genres suivants, appartenant au groupe naturel des derme s tins , ou à celui des macro dactyle s , les cœcums cardiaques que nous avons déjà indiqués dans les vrillettes, parmi les serric ornes.

Dans les dermes te s, le canal alimentaire a un peu plus de deux fois la longueur du corps.

L'œsophage est d'une extrême brièveté et ne sort pas de la tête.

Immédiatement au-delà on trouve six cœcums cardiaques qui couronnent l'estomac duodénal , et y versent sans doute , à défaut de glandes salivaires , une grande abondance de sucs gastriques. Le ventricule duodénal est très long, cylindrique, avec de petites papilles rares. Le canal intestinal est grêle, replié et divisé en un premier et un dernier intestin (1).

Parmi les Macrodactijles , qui font encore partie des cUtvi'c ornes , le macronique à quatre tubercules a un œsophage très court suivi d'un petit gésier, à parois calleuses , renfermant six côtes hérissées de poils.

Immédiatement après, autour du cardia ou de l'origine de l'estomac duodénal, se voient six petites vésicules ovales, disposées en verticille, ou en couronne.

(t) Mémoire de M. L. Dufour. Annales des se. natur., deuxième série, 1. 1, pi. 2 et 3.

Ce ventricule est oblong; il reçoit au pylore deux canaux biliaires. Ses parois extérieures sont sans papilles. L'intestin est court et n'offre rien de particulier.

Dans deux genres voisins (les stenelmis et les elmis), qui semblent avoir le même régime de vie , il n'y a ni gésier, ni cœcums gastriques (1).

Dans aucun de ces genres , le ventricule duodénal n'a de papilles extérieures. ]

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