VIII. Les Névropîères
[Les insectes de cet ordre sont la plupart carnassiers;
(1) O.C. pi. IX, «g. 114.
(2) Ramdohr. O. C. pi. XXVI, fig. 2,
olusieurs ont une grande voracité: aussi leur tube ali-
ev
mentaire va-t-il généralement sans détour de la bouche à Fanus. Ceux qui sont sujets à une métamorphose complète nous présenteront , pour la première fois , un canal intestinal non développé (la larve du fourmilion), qui ne devient perméable aux fèces que lorsque Finsecte est parvenu à son dernier état. ]
a. Les Subulicornes.
Cette première division des Névroptères comprend d1 abord la famille des Libellules, qui est excessivement carnassière, et qui a, dans ses trois états, des intestins 1res courts et n excédant pas la longueur du corps. [L'œsophage est très long, formant quelquefois (dans Yagrion pue lia) plus de la moitié de la longueur du tube alimentaire; il est dilatable, s^élargissant d'avant en arrière, et montrant par son développement que ranimai doit pouvoir y introduire facilement une proie. Entre lui et l'estomac duodénal, on trouve une très courte portion à parois plus musculeuses que le reste, qui peut passer pour un petit gésier.
Vient ensuite un long estomac duodénal dont la fin est marquée par un étranglement dans lequel se fait L'insertion des canaux biliaires.
L'intestin , qui termine le canal alimentaire , est court , et divisé cependant en deux , par une valvule , mais dans les œshnes seulement.
Ajoutons à présent quelques détails à cette description générale.
J'ai trouvé , dans la libellula depressa , un œsophage long, composé de membranes blanches, minces, transparentes , sans plis intérieurs , mais cependant exten-
296 XXIIIe LEÇON. ORGANES HEP. DES ANIM. ARTICULES.
sibles, de manière que ce canal montre, par intervalle, une ou plusieurs dilatations remarquables. Il forme , au moment de se terminer, un tube extrêmement fin, qui aboutit dans une sorte de gésier sphérique, très distinct de F oesophage par sa subite dilatation , et de l'estomac duodénal qui le suit par des parois plus musculeuses et par un léger étranglement.
De là jusque l'insertion des canaux hépatiques, le canal alimentaire forme un tube droit d'un calibre égal, présentant dans son intérieur des plis transverses.
A l'endroit de cette insertion il éprouve un étranglement qui borne en arrière (1) cet estomac duodénal.
Le canal intestinal qui vient après est extrêmement court et n'a guère que le quart de la longueur totale du tube alimentaire. Sa membrane interne est plissée en long.
Ramdohr (2) a vu, à la fin de l'œsophage de la libellula vulgatissima, quatre proéminences ou cannelures longitudinales , qui semblent aussi indiquer un petit gésier. Les parois en sont d'ailleurs très musculeuses. Sa longueur, qui excède un peu celle du premier intestin, est le tiers de celle de l'estomac duodénal.
Je crois pouvoir conclure de l'organisation de l'œsophage et de sa terminaison dans le cône musculeux que j'ai décrit en détail , et qui est percé d'un trou si fin pour le passage des substances alimentaires, que cellesci sont digérées dans l'œsophage qui fait les fonctions d'estomac , et que le cône musculeux n'est pas précisé-
(1) Ramdohr a trouvé, contre l'ordinaire, cette partie dilatée dans la L. vulgatissima. O. G. p. 145 , et pi. XV, fîg. 3.
(2) O. C. pi, XV, fig. 3 et G, et p. 146.
ment un gésier, mais qu'il tient lieu de la portion que nous avons appelée boyau pylorique dans les rénales et dans les poissons.
L'estomac duodénal, dans lequel la bile pénètre, ne serait dans ce cas, qu'un duodénum. ]
Dans sa larve, l'œsophage est boursoufflé en anneau. L'étranglement du cardia fait une espèce de valvule. A compter de ce point , le canal prend une bellecouleur jaune, jusqu'à l'endroit des vaisseaux hépatiques ; sa dernière portion prend une couleur blanche et un tissu plus épais. C'est elle qui contient ce singulier appareil respiratoire que nous décrirons ailleurs (1).
La grande demoiselle ( aeshna grandis ) montre, après un œsophage grêle, un petit gésier ovale, musculeux, strié sur sa longueur, et un second estomac tout droit, gros, ne s'étrangïant que très en arrière, à l'insertion des vaisseaux hépatiques. L'intervalle de là à l'anus est fort court, et plissé en long.
[Ayant observé avec soin le tube alimentaire de cette même espèce , nous croyons devoir le faire connaître plus en détail.
L'œsophage forme un canal assez long, à parois minces, transparentes, se dilatant à mesure qu'il se porte en arrière, où il parvient très loin, jusque dans l'abdomen. Son canal se termine dans une espèce d'entonnoir, formant un cône saillant dans l'estomac duodénal tronqué à son sommet , bordé ou comme festonné par un ruban d'apparence musculeuse; ce sommet de cône tronqué présente une surface circulaire , ayant à
(0 Dans la leçon sur les organes de la respiration.
298 XXIIIe LEÇON. ORGANES RÉP. DES ANIM. ARTICULES.
son centre une petite ouverture pour le passage des aliments. La cavité de cet entonnoir est marquée d'une apparence de cannelures longitudinales, qui ne sont que des rubans musculeux et ondulés , dirigés vers le sommet tronqué du cône et paraissant à travers sa membrane interne ; on les voit de même à travers celle de l'estomac duodénal.
Celui-ci est un assez long boyau conique, qui perd de son calibre à mesure qu'il se porte en arrière. Il se termine par un étranglement autour duquel s'insèrent les nombreux vaisseaux liépatiques. Ses parois montrent évidemment des rubans musculeux longitudinaux , et de plus nombreux dirigés en travers.
■ Le canal intestinal a deux portions , distinctes par leur structure et par une valvule circulaire qui les sépare. La première, qui répond à l'intestin grêle , a six larges plis longitudinaux permanents, maintenus par des brides transversales qui vont de l'un à l'autre.
La seconde, ou le gros intestin, a six cannelures épaisses séparées par autant de rainures tout unies et sans plis transverses.
Dans les Ephémères, autre groupe naturel des Subulicornes , nous rappellerons que les organes de mastication sont mous et à peine distincts dans l'état parfait; voilà pourquoi M. Cuvier en avait fait la famille des Àgnathes. ] Vépliémère commune n'a, dans Fétat de larve, qu'un canal droit et égal sans circonvolution , qui devient d'une minceur extrême dans Fétat parfait , [ parce que , à cette époque de la vie , il n'a plus d'emploi. L'œsophage, le jabot, et Festomac duodénal ne forment qu'un seul tube , à calibre inégal , se dilatant beaucoup vers la fin, et séparé, comme à l'ordinaire,
de l'intestin par un étranglement dans lequel s'insèrent les canaux hépatiques , celui-ci présente , suivant les espèces, deux parties distinctes ; d'autres fois elles sont confondues (1).
b. La seconde division des Névroptères , celle des Planipennes , se compose d'insectes carnassiers, ou omnivores.
\ . Les Panorpes ont un œsophage filiforme sans jabot; un gésier qui peut changer de forme et se montrer sphérique ou conique, à parois composées de deux couches musculeuses, Tune de fibres longitudinales, l'autre de fibres circulaires. Sa membrane interne , qui est opaque, est composée d'anneaux et parsemée de poils ; elle ne paraît pas se continuer avec les autres membranes du tube alimentaire (2).
L'estomac duodénal est long, cylindrique, et ne se resserre qu'après l'insertion des six canaux biliaires.
L'intestin grêle qui lui succède est également long , filiforme et replié. Il s'insère directement dans une grande vessie ovale, qui répond au colon, laquelle se rétrécit peu à peu pour former le rectum proprement dit.